Biélorussie : prison ferme pour deux journalistes accusées d'avoir incité à manifester illégalement

Biélorussie : prison ferme pour deux journalistes accusées d'avoir incité à manifester illégalement© REUTERS/Stringer
Daria Tchoultsova et Katerina Bakhvalova, correspondantes de la chaîne Belsat, durant leur procès à Minsk, Biélorussie, le 18 février 2021.
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Deux journalistes d'un média d'opposition biélorusse basé en Pologne ont été condamnées ce 18 février à deux ans de prison pour avoir porté «gravement atteinte à l'ordre public» à travers leur couverture d'une manifestation.

Daria Tchoultsova et Katerina Bakhvalova, correspondantes de la chaîne d'opposition Belsat basée en Pologne, ont été condamnées le 18 février en Biélorussie à deux ans de prison : le parquet les accusait d'avoir incité la population à manifester illégalement par leur reportage, portant ainsi «gravement atteinte à l'ordre public». 

Les deux reporters avaient plaidé non coupable. Katerina Bakhvalova, dans sa dernière prise de parole avant que la cour ne se retire pour délibérer, avait déclaré le 17 février, selon l'AFP : «J'ai montré ces événements à l'antenne, et on me jette en prison pour ça, en fabriquant des accusations».

Selon l'AFP, les deux journalistes avaient été arrêtées par la police anti-émeute le 15 novembre dans un appartement, d'où elles venaient de filmer la dispersion d'une manifestation d'hommage à un militant d'opposition, Roman Bodarenko, mort au lendemain de son arrestation.

Crise politique en Biélorussie à l'issue de la présidentielle d'août

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a fait face pendant plusieurs mois à une vague de protestation sans précédent. L'annonce de sa réélection avec environ 80% des voix (contre quelque 10% pour sa principale rivale, Svetlana Tikhanovskaïa) en août a déclenché dans toutes les grandes villes de Biélorussie des manifestations de contestation des résultats du scrutin, ainsi qu'un mouvement de grève. La police a réagi en procédant à des milliers d'arrestations, dès les soirs qui ont suivi le scrutin. Des personnes libérées avaient témoigné, notamment à l'AFP, de privation d'eau ou de nourriture durant leur détention, ou encore de passages à tabac. 

Alexandre Loukachenko avait quant à lui rapidement dénoncé les mobilisations antigouvernementales en évoquant, notamment, «des appels à téléguider» les protestataires depuis l'étranger. A plusieurs reprises, il a suggéré que les manifestants contestant sa réélection étaient manipulés par des forces extérieures. Le 11 février, Alexandre Loukachenko a déclaré que son pays avait «subi une attaque des plus cruelles de l'extérieur» mais que ce «Blitzkrieg» avait échoué.

La Commission électorale centrale de la Biélorussie a rejeté toutes les plaintes au sujet d'une non-validité des résultats de l'élection présidentielle. Néanmoins, le chef de l'Etat biélorusse a assuré qu'un projet de nouvelle constitution serait élaboré dans le courant de l'année et que celle-ci serait soumise à un référendum en 2022.

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