Blocage du compte de Trump: le président mexicain dénonce la «toute-puissance» du patron de Facebook

Blocage du compte de Trump: le président mexicain dénonce la «toute-puissance» du patron de Facebook© Montage - Carlos Jasso/Reuters ; Andreas Gebert /Reuters ; Andrew CABALLERO-REYNOLDS/AFP
Le président mexicain Lopez Obrador, le patron de Facebook Mark Zuckerberg et les président sortant des Etats-Unis, Donald Trump.
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Le chef d'Etat mexicain, Lopez Obrador, a exprimé son inquiétude quant aux respect des libertés fondamentales, après la décision du patron de Facebook de bloquer pour une durée indéterminée le compte de Donald Trump, après les événements du Capitole.

Le 7 janvier, au lendemain de l'intrusion de manifestants pro-Trump dans le Capitole américain qui a provoqué plusieurs décès, le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, avait annoncé que les comptes Facebook et Instagram de Donald Trump étaient bloqués pour une durée indéterminée. Et ce, pendant «au moins les deux prochaines semaines» jusqu'à la passation de pouvoir avec Joe Biden. Les comptes du 45e président des Etats-Unis restent visibles pour les internautes mais il ne pourra plus rien publier jusqu'à nouvel ordre.

J'ai lu la lettre du propriétaire de Facebook et je l'ai senti plein d'arrogance en évoquant ses règles

L'annonce a provoqué des réactions jusqu'au-delà des frontières étasuniennes, le président du Mexique, Andres Manuel Lopez Obrador, exprimant son inquiétude à ce sujet. «J'ai lu la lettre du propriétaire de Facebook et je l'ai senti plein d'arrogance en évoquant ses règles [...] Qu'en est-il de la liberté et du droit à l'information ? Et du rôle des autorités légalement et légitimement constituées», s'est-il interrogé, lors d'une conférence de presse citée le 8 janvier par l'AFP. Partant, le chef d'Etat du Mouvement de régénération nationale (Morena, classé à gauche), a dénoncé la «toute-puissance et l'arrogance» de Mark Zuckerberg.

Selon la même source, Lopez Obrador avait déjà déclaré, le 7 janvier, être en désaccord avec la «censure» exercée par Facebook et Twitter, les deux réseaux sociaux qui avaient déjà bloqué temporairement les comptes de Donald Trump. Ces blocages étaient survenus après l'intrusion de partisans du président américain à l'intérieur du Congrès et la diffusion, par celui-là, d'une vidéo dans laquelle il avait de nouveau évoqué une élection «volée».

Pour le patron de Facebook, la période impose des mesures drastiques

Sur son propre compte Facebook le 6 janvier, Mark Zuckerberg a justifié le suspension du compte de Donald Trump en ces termes : «Nous pensons que permettre au président de continuer à utiliser nos services pendant cette période pose des risques trop grands. Par conséquent, nous prolongeons le blocage de ses comptes Facebook et Instagram pour une durée indéterminée et pendant au moins les deux prochaines semaines jusqu'à ce que la transition pacifique du pouvoir soit terminée», a-t-il précisé. 

Le patron de Facebook s'est expliqué sur le changement de politique du réseau social : «Au cours des dernières années, nous avons permis au président Trump d'utiliser notre plateforme conformément à nos propres règles, supprimant parfois du contenu ou étiquetant ses publications lorsqu'elles enfreignent nos politiques.» Avant d'ajouter : «Nous l'avons fait parce que nous croyons que le public a le droit d'accéder le plus largement possible au discours politique, même controversé. Mais le contexte actuel est maintenant fondamentalement différent, impliquant l'utilisation de notre plateforme pour inciter à une insurrection violente contre un gouvernement démocratiquement élu.»

Ce blocage n'est qu'un nouvel épisode dans le long bras de fer que se livrent Donald Trump et les grandes plateformes américaines de partage de contenus sur Internet. Les réseaux sociaux ont en effet, ces derniers mois, fermé des comptes de partisans de Donald Trump ou pris des mesures restrictives contre certaines publications du président américain, au titre de la lutte contre la désinformation, les appels à la haine ou encore la remise en cause du processus électoral démocratique.

Cinq morts à Washington liés aux événements du 6 janvier

Le Congrès des Etats-Unis a suspendu en urgence le 6 janvier la session de certification de la victoire de Joe Biden à la présidentielle, après l'irruption de contestataires pro-Trump dans le Capitole. Des manifestants ont pu pénétrer dans les deux Chambres, ainsi que dans la rotonde du Capitole, où du gaz lacrymogène a été diffusé. Après une coupure de plusieurs heures, le Congrès a finalement repris son travail.

En amont de la réunion du Congrès, Donald Trump s'était adressé à ses partisans à Washington, déclarant, en référence aux allégations de fraudes ou irrégularités lors du scrutin présidentiel : «Nous n’abandonnerons jamais, nous ne concéderons jamais.» Après l'intrusion des manifestants à l'intérieur du Capitole, le chef d'Etat avait appelé ses partisans à «rentrer chez eux».

Cinq décès sont déplorer en lien avec les événements du Capitole. 

Une partisane de Donald Trump, participant  à l'intrusion dans le siège du Congrès américain, a été abattue par la police. Un policier qui avait été «blessé lors de contacts physiques avec les manifestants» s'étant introduit de force au Congrès a succombé à ses blessures, a rapporté la police du Capitole. Trois autres personnes sont mortes aux alentours du Capitole «d'urgences médicales distinctes», selon la police de Washington, citée par l'AFP. Les circonstances précises de ces décès n'ont pas encore été éclaircies. 

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