Aucun poison n'a été découvert dans le sang d'Alexeï Navalny, selon l'hôpital où il est soigné

Aucun poison n'a été découvert dans le sang d'Alexeï Navalny, selon l'hôpital où il est soigné© Elena Latipova Source: Sputnik
Anatoli Kalinitchenko, vice-directeur de l'hôpital des urgences n°1 d'Omsk, s'adresse à la presse le 20 août.

L'opposant russe a été placé en réanimation dans un hôpital d'Omsk le 20 août. Alors que son entourage évoque la possibilité d'un empoisonnement, le vice-directeur de l'hôpital a déclaré qu'aucune trace de poison n'avait été détectée dans son sang.

«Aucun poison ou trace de poison dans le sang ou dans l'urine [d'Alexeï Navalny] n'a été trouvé», a déclaré à la presse le matin du 21 août Anatoli Kalinitchenko, vice-directeur de l'hôpital des urgences n°1 d'Omsk où l'opposant russe a été admis, la veille, dans un état grave. «Nous prenons en compte les résultats des études chimiques et toxicologiques qui ont été et menées et sont effectuées en ce moment à Omsk et à Moscou. Nous considérons aujourd’hui différents empoisonnements possibles», a-t-il détaillé.

En outre, une source au sein des autorités a déclaré à l'agence russe Tass ce 21 août, qu'aucune enquête criminelle n'avait été ouverte à ce sujet, dans la mesure où il n'y avait à ce jour aucune information indiquant qu'Alexeï Navalny avait été empoisonné.

Le diagnostic privilégié : «Le trouble du métabolisme des glucides»

Dans l'après-midi, Alexandre Mourakhovsky, médecin-chef de l'hôpital, a apporté d'autres informations : «Quant à ce que rapportent les médias sur le composant chimique qui a été prélevé pour examen par des experts, je peux dire que ce n’est pas du matériel biologique qui a été prélevé. Il s’agit des matériaux de la surface de la peau, des vêtements, des ongles, etc. [...] On a déjà tenu une série de consultations et d’études qui ont montré que ce composant chimique est un composant utilisé dans la chimie industrielle ordinaire : on le trouve, par exemple, dans les gobelets en plastique».

Le diagnostic principal pour lequel nous penchons, c’est le trouble du métabolisme des glucides, c’est-à-dire une perturbation métabolique

Et d'ajouter : «Le diagnostic principal pour lequel nous penchons, c’est le trouble du métabolisme des glucides, c’est-à-dire une perturbation métabolique. Ceci peut être causé par une baisse brutale du taux de sucre dans le sang à bord de l’avion, ce qui entraîne, à son tour, une perte de conscience.»  

Vers un transfert en Allemagne ?

En fin d'après-midi du 21 août, Anatoli Kalinitchenko a déclaré que l'équipe médicale de l'hôpital des urgences n°1 d'Omsk ne s'opposerait pas au transport d'Alexeï Navalny «vers un autre hôpital», son état étant «suffisamment stable depuis un certain temps».

Plus tôt ce même jour, les médecins de l'hôpital avaient jugé impossible de transporter Alexeï Navalny à l'étranger, dans la mesure où son état de santé n'était alors pas suffisamment stable.

L'ONG allemande Cinema for Peace a affrété un avion dans l'objectif de transporter Alexeï Navalny en Allemagne, l'entourage de l'opposant ne faisant pas confiance à l'établissement hospitalier où il est actuellement soigné. Le président de l'ONG, Jaka Bizilj, a assuré à l'AFP que l'hôpital berlinois de la Charité était prêt à accueillir Alexeï Navalny. L'appareil, selon le site Flightradar24 cité par l'agence Tass le matin du 21 août, a atterri à Omsk.

L'épouse de l'opposant Ioulia Navalnaïa, qui émet l'hypothèse d'un empoisonnement d'Alexeï Navalny, avait accusé le matin du 21 août les médecins de «refuser» de le laisser quitter l'hôpital : «Nous pensons, bien sûr, que c'est pour que la substance chimique qui se trouve dans l’organisme d’Alexeï disparaisse, donc, bien sûr, on ne nous permet pas de le transporter avant que les restes de cette substance disparaissent.» Ioulia Navalnaïa avait également demandé, dans une lettre adressée au président russe Vladimir Poutine et diffusée sur Twitter, le transfert en Allemagne de son époux.

Retentissement international

L'annonce de l’hospitalisation d'Alexeï Navalny a suscité des réactions auprès de dirigeants étrangers et d'ONG internationales.

Ainsi, le président français Emmanuel Macron s'est exprimé à ce sujet lors de sa conférence de presse avec Angela Merkel au fort de Brégançon en début de soirée du 20 août, se disant «extrêmement préoccupé et attristé» par la situation et déclarant que «toute la clarté devra être faite». «Nous sommes évidemment prêts à apporter toute l'assistance nécessaire à Alexeï Navalny, à ses proches, sur le plan sanitaire, sur le plan de l'asile, de la protection», a-t-il ajouté.

La chancelière allemande a ajouté qu'Alexeï Navalny pourrait recevoir «toute aide médicale en France ou en Allemagne». «Et ce qui est important aussi, c'est que l'on arrive à savoir de façon urgente comment on est arrivé à cette situation», a poursuivi Angela Merkel, en réclamant «la transparence». Elle s'est dite «bouleversée» par le sort de l'opposant.

L'ONG Amnesty International a elle appelé à une «enquête rapide et indépendante».

L'opposant Alexeï Navalny se rendait de Tomsk à Moscou en avion quand il a fait un malaise, le 20 août. L'appareil a dû faire un atterrissage d'urgence à Omsk et Alexeï Navalny a été admis à l'hôpital, plongé dans un coma naturel, placé en réanimation et relié à un respirateur artificiel, selon l'AFP. Les médecins ont dit le 20 août «se battre pour lui sauver la vie».

Le porte-parole de l'opposant russe, Kira Iarmych, a émis l’hypothèse le 20 août qu'il avait été empoisonné : «Nous supposons qu'Alexeï a été empoisonné avec quelque chose de mélangé au thé. C'est la seule chose qu'il a bue le matin. Les médecins disent que la toxine a été absorbée plus rapidement à cause de la chaleur du liquide», avait-elle tweeté dans la matinée. Kira Iarmych s'était faite plus catégorique par la suite, le 20 août toujours : «La réaction fuyante des médecins ne fait que confirmer qu’il s’agit d’un empoisonnement. Il y a deux heures, ils étaient prêts à partager toute information, et cherchent maintenant manifestement à gagner du temps et ne disent pas ce qu’ils savent.»

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