Biélorussie : le président Loukachenko voit derrière les manifestations des influences étrangères

Biélorussie : le président Loukachenko voit derrière les manifestations des influences étrangères© Viktor Tolochko Source: Sputnik
Le président biélorusse Alexandre Loukachenko, en novembre 2019 (image d'illustration).

En Biélorussie, des manifestants contestent la réélection du président Alexandre Loukachenko. Le chef d'Etat, ce 15 août, a appelé ses compatriotes à cesser d'«aller dans les rues», suggérant qu'ils pouvaient être manipulés par des acteurs étrangers.

Près d'une semaine après la réélection du président biélorusse Alexandre Loukachenko, les rassemblements de manifestants contestant le résultat de ce scrutin se poursuivent dans le pays. Dans ce contexte, le chef d'Etat a encouragé ses compatriotes à cesser de battre le pavé, suggérant qu'ils pouvaient faire le jeu de forces étrangères.

Comprenez que vous et nos enfants, vous êtes utilisés comme chair à canon !

«Je veux simplement m'adresser aux gens et leur demander : n'allez pas dans les rues maintenant ! Comprenez que vous et nos enfants, vous êtes utilisés comme chair à canon !», a déclaré Alexandre Loukachenko, ce 15 août, au cours d'une réunion gouvernementale, avant d'ajouter : «Aujourd'hui, certains sont déjà venus ici de Pologne, de Hollande, d'Ukraine, de cette «Russie ouverte» [organisation de l'ancien oligarque Mikhaïl Khodorkovsky], de [l'opposant russe] Navalny, etc. L'agression contre le pays a déjà commencé. Dites-moi, comment un militaire agit-il ? Que dois-je faire dans cette situation ? Voulez-vous que je m'assoie et que j'attende que Minsk soit renversée ? De cette façon, nous ne stabiliserons pas la situation plus tard.» Le chef d'Etat en a conclu qu'il fallait «s'arrêter, se ressaisir et se calmer» et «permettre [aux autorités] de tout mettre en ordre, [de] s'occuper des gens qui sont venus ici».   

La plupart de ceux qui descendent dans les rues ne comprennent pas ce qu’ils font. Ceux qui coordonnent et guident le comprennent

Le président biélorusse a insisté sur le rôle exercé, selon lui, par des acteurs étrangers concernant les manifestations dans son pays : «Nous n'avons pas besoin de nous laisser bercer par des actions et des manifestations pacifiques. Nous voyons ce qui se passe au fond. On le voit très bien. Et puis, on lit les manuels des révolutions de couleur» – une référence aux mouvements insurrectionnels soutenus par l'Occident ou accusés de l'être dans les années 2000, notamment en Europe de l'Est.

Pour Alexandre Loukachenko, «la plupart de ceux qui descendent dans les rues ne comprennent pas ce qu’ils font», tandis que «ceux qui coordonnent et guident [ces manifestations] le comprennent».

Des milliers de manifestants à Minsk ce 15 août

Ce 15 août, plusieurs milliers d'opposants au président biélorusse se sont réunis à proximité de la station de métro Pouchkine de Minsk, près de laquelle un protestataire a trouvé la mort, le 10 août. La police a rapporté qu'il avait été tué par l'explosion d'un projectile qu'il s'apprêtait à lancer, mais des médias d'opposition soutiennent qu'il aurait pu être atteint par un tir des forces de l'ordre.

La veille, l'ex-candidate de l'opposition à la présidentielle en Biélorussie Svetlana Tikhanovskaïa avait appelé à la poursuite de manifestations «pacifiques de masse» tout au long du week-end du 15-16 août, depuis la Lituanie qu'elle a rejoint en début de semaine après avoir subi, selon son entourage, des pressions.

L'annonce de la réélection d'Alexandre Loukachenko a déclenché dès dimanche 9 août des manifestations dans toutes les grandes villes du pays ; la police a réagi en procédant à des milliers d'arrestations. La répression des quatre premières soirées de manifestations, selon l'AFP, a fait «au moins deux morts et 150 blessés hospitalisés vendredi [14 août]». 

Selon le ministère de l'Intérieur de la République biélorusse, plus de 2 000 personnes interpellées lors de manifestations avaient été libérées au 14 août. Des personnes libérées ont témoigné à l'AFP de conditions de détention atroces – privation d'eau, de nourriture et de sommeil, passages à tabac ou encore incarcération par dizaines dans des cellules prévues pour quatre ou six personnes.

La Commission électorale centrale de la Biélorussie a rejeté toutes les plaintes au sujet d'une non-validité des résultats de l'élection présidentielle.

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