Selon une ancienne esclave sexuelle yézidie, l'un des chefs de Daesh serait un citoyen américain

Des femmes yézidies dans un refuge © Stringer Source: Reuters
Des femmes yézidies dans un refuge

Cette jeune yézidie a affirmé que le djihadiste qui l'a maintenue en esclavage était un américain. Détail troublant, elle affirme également qu'il semblait être un chef de premier rang de l'organisation terroriste.

Elle répond au nom de Nada et a été capturée dans la ville de Tal-Afar, située au nord de l'Irak en août 2014. Le groupe terroriste avait à l'époque enlevé plus de 500 femmes et jeunes filles Yézidies. Puis l'adolescente fut emmenée à Manbij, une ville au nord de la Syrie et qui a été surnommée le «Petit Londres» en raison du nombre élevé de djihadistes britanniques qui y vivent.

Nada fût alors achetée par un dirigeant local de Daesh lors d'une vente d'esclaves dans ce qui est devenu la capitale informelle de l'État islamique, la ville syrienne de Raqqa en Syrie. Elle fut ensuite menée dans une maison lourdement protégée située à Alep. Elle y vivait avec une autre jeune femme yézidie et le fils de cette dernière. Elle serait devenue l'esclave sexuelle d'un djihadiste.

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Selon le MailOnline, Nada, 19 ans rapporte que ce citoyen américain portait le nom de Abu Abdullah al-Amriki (Ndlr: l'Américain en arabe) et qu'il était âgé de 23 ans. Cet homme gardait constamment une fiole de poison sur lui, pour l'utiliser en cas de capture.

Elle décrit sa vie d'esclave auprès de cet homme qui aurait été, selon elle, une figure importante de l'organisation Etat islamique. Des personnes armées et vêtues de cagoules venaient, selon elle, régulièrement lui rendre visite: des cartes étaient alors dessinées, des conseils sur les combat donnés par cet homme qui portait toujours sur lui un AK47 et un pistolet. 

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Cet homme aurait également mené certaines attaques du groupe terroriste. Un groupe de quatre hommes toujours masqués auraient également régulièrement eu des contacts avec Abu Abdullah afin de lui remettre des lettres d'Abou Bakr al-Baghdadi, le leader de Daesh.

Abu Abdullah, qui s'était converti à l'islam quatre ans auparavant, aurait eu de nombreuses identités différentes. Il prétendait également, selon Nada, se rendre régulièrement aux États-Unis pour voir sa famille.  Pendant les 20 jours de captivité de Nada, le djihadiste américain lui aurait montré des photos de filles américaines qui, selon lui, devaient rejoindre les rangs syriens de Daesh. 

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Alors que Abu Abdullah et ses gardes étaient engagés dans une bataille dans le nord de l'Irak, Nada avait volé son téléphone et s'était réfugiée dans une autre maison de Manbij. Elle fût ensuite secourue par la Assayish, la police du gouvernement régional kurde (KRG). 

Réfugiée désormais aux Etats-Unis, Nada, qui se fait  appeler Bazi, souhaite témoigner contre son bourreau américain et espère que le FBI enquêtera sur lui.

Son témoignage a été recueilli par les fonctionnaires du gouvernement américain qui lui ont montré aussi les photos d'un autre djihadiste américain dont le nom de guerre est Abou Zeid. Nada l'a reconnu comme faisant partie des hommes qui visitait la maison où elle était enfermée.

Daesh considère la religion des Yézidis, qui mêle des éléments du christianisme et de l'islam, comme un culte diabolique. Les extrémistes font des femmes leurs esclaves sexuelles personnelles et exécutent les hommes qui ne se convertissent pas à leur vision dévoyée de l'Islam.



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