Le Venezuela annonce avoir arrêté deux Américains soupçonnés de tentative d’«invasion»

Le Venezuela annonce avoir arrêté deux Américains soupçonnés de tentative d’«invasion»© Jhonn Zerpa/Présidence vénézuélienne Source: AFP
Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, le 4 mai 2020 au palais de Miraflores, à Caracas, au Venezuela.

Nicolas Maduro a fait savoir que d'anciens soldats américains membres de Silvercorp, société de sécurité basée en Floride, avaient été arrêtés lors d'une opération ratée le 3 mai. Selon la justice, Juan Guaido aurait passé un contrat avec la firme.

Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, s’est exprimé dans la soirée du 4 mai sur la chaîne publique VTV à propos de l’incursion maritime d’un groupe de «mercenaires» venus, selon les autorités, de Colombie, en longeant la veille les côtes de l’Etat de La Guaira. Faisant état de 13 arrestations et de huit «terroristes» abattus, l’ancien vice-président d’Hugo Chavez a tout d’abord affirmé que le gouvernement des États-Unis avait «décidé d’utiliser la période de pandémie pour instiller la violence au Venezuela et justifier une nouvelle escalade militaire […] afin de détourner l’attention portée aux conséquences de la crise du Covid-19 aux Etats-Unis et en Europe». La justice vénézuélienne a accusé l'opposant controversé Juan Guaido d’avoir fomenté l'opération.

Nicolas Maduro a fait savoir que deux citoyens étasuniens avaient été arrêtés parmi les membres du commando : Luke Denman, 34 ans, et Airan Berry, 41 ans, deux vétérans de guerre texans. Les deux hommes sont présentés par un de leurs complices comme «des membres de l’équipe de sécurité de Donald Trump» dans une vidéo diffusée par la présidence vénézuélienne, qui a par ailleurs rendu publiques des images où on peut apercevoir les prisonniers être débarqués d’hélicoptère par les forces spéciales.

«Ils jouaient à Rambo. Ils faisaient les héros», a souligné Nicolas Maduro dans des propos rapportés par Reuters, ajoutant que les forces de sécurité vénézuéliennes avaient eu vent du projet d’attaque quelques jours avant son déroulement.

Du côté de Washington, le président américain Donald Trump a assuré que son gouvernement n'avait «rien à voir» avec cette tentative d'«invasion».

Leur passeport présenté à la télévision

Le chef d’Etat a également présenté les passeports des deux Américains, ainsi que leurs cartes d’appartenance à la entreprise basée en Floride et spécialisée en sécurité Silvercorp USA.

Interrogé par Reuters le 4 mai, le fondateur de cette firme, Jordan Goudreau, décrit sur le site de Silvercorp USA comme un «vétéran hautement décoré des forces spéciales américaines», a confirmé l’identité des deux anciens soldats. «Ce sont mes gars», a-t-il lâché au téléphone. Dans une vidéo mise en ligne après l’attaque le 3 mai et citée par plusieurs agences de presse dont Reuters, Jordan Goudreau reconnaissait être l’organisateur de l’opération, aux côtés d’un officier dissident de l’armée vénézuélienne, Javier Nieto. Il avait fait savoir que de nombreux combattants continuaient à effectuer des manœuvres à différents endroits du pays.

Un contrat à 212 millions de dollars entre Guaido et Goudreau ?

Ancien béret vert, Jordan Goudreau aurait également signé un contrat d’un montant faramineux avec le très contesté opposant Juan Guaido. La journaliste vénézuélienne basée à Miami, Patricia Poleo, a ainsi mis en ligne le 4 mai un document qui serait signé des mains des deux hommes.

«Ce contrat est public. On peut y voir  la signature [...] du citoyen Juan Guaido [et] de Jordan Goudreau lui-même», a commenté le procureur général de la République du Venezuela, Tarek William Saab, qui s'exprimait le même jour en conférence de presse. Il a par ailleurs expliqué que «le contrat prévoyait un paiement total de 212 millions de dollars pour l’organisation d’une opération militaire visant à renverser le gouvernement constitutionnel du Venezuela».

Tarek William Saab a par ailleurs mis en lumière ce qu’il considère être un «un mécanisme de privatisation de la guerre et de fuite des responsabilités qui a commencé à être mis en œuvre après la défaite des États-Unis au Vietnam», et utilisé par «la CIA afin d’externaliser ses opérations». Selon lui, l’argent nécessaire au règlement des contrats a été «volé à PDVSA [la compagnie pétrolière nationale]». Des informations démenties par Juan Guaido. Nicolas Maduro a de son côté évoqué «un contrat dans lequel un groupe d’apatrides paye des millions pour mettre le pays à feu et à sang», d’après le compte Twitter de la presse présidentielle.

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