Le Venezuela est-il sur le point de céder PDVSA au russe Rosneft comme le prétendent des médias ?

Le Venezuela est-il sur le point de céder PDVSA au russe Rosneft comme le prétendent des médias ?© Ricardo Moraes Source: Reuters
Une station-service PDVSA à Caracas, au Venezuela, le 10 octobre 2017. (image d'illustration)

Un média d'opposition vénézuélien assure que le contrôle de la société nationale pétrolière du Venezuela va passer aux mains du géant russe. Si les liens entre les deux sociétés sont vitaux pour Caracas, la cession a été démentie par les autorités.

Le Venezuela est-il prêt à céder le contrôle de sa compagnie pétrolière nationale PDVSA à son équivalente russe Rosneft ? Cette allégation explosive circule actuellement dans certains médias dont la source est El Nacional, journal d'opposition vénézuélien, qui cite en date du 16 octobre des sources anonymes «liées à ce secteur». Les informations de celles-ci ont été démenties par Caracas.

Selon l'article, l’initiative de prise de contrôle par la société russe du géant pétrolier vénézuélien viserait à garantir l’annulation de la dette du Venezuela vis-à-vis de la Russie. El Nacional avance même que la démarche aurait reçu un «retour largement positif à Moscou» et que plusieurs commissions auraient déjà été envoyées au Venezuela pour «évaluer la situation actuelle de PDVSA et la viabilité de l'initiative».

Selon la Constitution vénézuélienne, PDVSA est une entreprise publique, on ne peut pas la vendre, y compris à des alliés

Toujours d'après le média d'opposition, des experts russes seraient ainsi parvenus à la conclusion que la société devrait être sérieusement remise en selle pour rétablir sa compétitivité et qu'une importante réduction d'effectifs serait à prévoir.

De quoi semer la confusion au Venezuela où l'économie repose en grande partie sur les ressources pétrolières et où la gestion de l'or noir est l'un des fondamentaux de la souveraineté nationale tant défendue par le chavisme.

L'information a été reprise sur des sites d'information russes mais les autorités n'ont rien confirmé pour l'heure. 

Le numéro deux du Venezuela dément

Le président de l'Assemblée nationale constituante du Venezuela, Diosdado Cabello, considéré comme le numéro deux du gouvernement, a démenti ces informations. Interrogé par Sputnik en espagnol, il a rappelé que la Constitution du Venezuela était très claire à ce sujet.

Ce que l'opposition dit à propos de Rosneft, c'est ce qu'ils feraient avec les Etats-Unis [s'ils avaient le pouvoir]

«Selon la Constitution vénézuélienne, PDVSA est une entreprise publique, on ne peut pas la vendre, y compris à des alliés», explique pour sa part Romain Migus, spécialiste du Venezuela, à RT France. Pour lui, c'est «la souveraineté du pays qui en dépend». 

«Ce que l'opposition dit à propos de Rosneft, c'est ce qu'ils feraient avec les Etats-Unis [s'ils avaient le pouvoir]. Ils remettraient PDVSA aux États-Unis, comme cela avait déjà été fait avant l'arrivée du commandant [Hugo] Chavez», a souligné Diosdado Cabello.

Le parlementaire a toutefois précisé que le Venezuela ne niait pas son «activité commerciale extraordinaire avec la Russie» dans le contexte du blocus américain, comme en atteste le transfert, en septembre, d'un bureau de PDVSA de Lisbonne à Moscou.

Rosneft achète 65% du pétrole vénézuélien et le revend dans toute l'Asie, empêchant ces pays et leurs entreprises de tomber sous le coup des sanctions américaines

La société russe Rosneft a en effet octroyé depuis 2017 une avance de 6,5 milliards de dollars à PDVSA en prévision de ses livraisons de produits pétroliers, ce afin d'aider le Venezuela à affronter la crise économique qu'il subit à cause des sanctions américaines. Au deuxième trimestre de 2019, PDVSA avait déjà réduit sa dette envers la société russe Rosneft, celle-ci s'élevant désormais à 1,1 milliard de dollars.

Dans le contexte d'embargo économique total décrété par Donald Trump contre Caracas, la société russe Rosneft est un partenaire vital pour PDVSA. «Rosneft achète 65% du pétrole vénézuélien et le revend dans toute l'Asie, empêchant ces pays et leurs entreprises de tomber sous le coup des sanctions américaines», explique Romain Migus. 

Meriem Laribi

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