Le «clash» des rabbins en Israël sur la façon de célébrer la Pâque juive

- Avec AFP

Le «clash» des rabbins en Israël sur la façon de célébrer la Pâque juive Source: AFP
Des rabbins et des fidèles se rassemblent pour la prière Cohanim durant la Pâque juive devant le mur des lamentations, le 22 avril 2019.

Le monde rabbinique en Israël se divise à l'approche de Pessa'h. Alors que certains prônent la diffusion digitale de la Pâque juive, l'usage de l'électricité est en général proscrit pendant ces fêtes. Un débat auquel a pris part Benyamin Netanyahou.

L'approche de la Pâque juive provoque des divergences entre rabbins orthodoxes et plus libéraux. En pleine pandémie de coronavirus, et alors que le gouvernement appelle au confinement, l'idée de célébrer Pessa'h via le digital commence à se répandre au sein des différents courants qui composent la religion hébraïque.

Et les moyens numériques ne manquent pas, à l'image de l'application américaine Zoom qui permet de communiquer aisément en vidéo une fois installée sur les smartphones, ordinateurs et autres tablettes.

Si l'outil rassemble en ces temps de confinement, son usage crispe les juifs les plus orthodoxes alors que la loi religieuse – halakha – proscrit en règle générale l'usage de l'électricité pendant les fêtes. Or le moment fort de la Pâque juive se déroule au cours du dîner du Seder. Mais dans ces circonstances de pandémie, les autorités autorisent uniquement les rassemblements de personnes d'un même foyer.

«Clashs» et «psaks»

«Une personne qui voulait donner 10 000 ordinateurs à des personnes âgées pour leur permettre d'être réunies avec leur famille nous a demandé si c'était conforme à la halakha», raconte à l'AFP le rabbin Raphaël Delouya. C'est ainsi qu'avec 13 de ses collègues il a rendu un «psak», un avis religieux sur la question. Et pour ces rabbins, une situation «d'urgence» comme la pandémie de nouveau coronavirus rend licite l'utilisation d'un ordinateur pour célébrer la fête avec des «personnes âgées» ou des «malades».

Pour le religieux, «la solitude peut entraîner un mental moins fort et donc une baisse de l'immunité». «On s'est appuyé sur des sages du Maroc, sur la tradition rabbinique séfarade qui permettait il y a plus de 50 ans d'utiliser l'électricité pendant les fêtes», précise-t-il.

L'opposition du grand rabbinat

Mais le grand rabbinat d'Israël ne partage pas cet avis : «La solitude est douloureuse, et il faut y remédier, peut-être en se parlant par ordinateur à la veille d'un jour férié, mais pas en profanant un jour férié.»

Selon Kimmy Caplan, spécialiste des mouvements orthodoxes à l'université Bar-Ilan près de Tel-Aviv, «certains prennent acte d'une situation sociale tandis que d'autres se disent qu'ils ne vont pas plier le système légal à cause d'une nouvelle situation sociale». Ces règles qui régissent les fêtes juives remontent au début des années 1950, lorsqu'Avraham Yeshayaou Karelitz, l'influent rabbin ashkénaze les a fixées après la Seconde Guerre : il a banni l'usage de l'électricité lors du shabbat, jour de repos hebdomadaire. 

La majorité des rabbins ultra-orthodoxes dans le monde suit cette interprétation à propos du shabbat même si certains rabbins séfarades assurent, selon Kimmy Caplan, que «l'électricité peut être autorisée les jours de fêtes, contrairement à shabbat».

Benyamin Netanyahou exhorte les Israéliens à rester chez eux

Ces querelles religieuses ne sont en revanche pas de nature à faire vaciller le Premier ministre israélien. Benyamin Netanyahou exhorte ses concitoyens à rester chez eux pour Pessa'h, un «moment décisif» selon lui dans la lutte contre le coronavirus, et ce alors que les quartiers ultra-orthodoxes ne respectent pas toujours les consignes de confinement.

Benyamin Netanyahou en a profité pour citer l'épisode de la Torah où les plaies lancées par Dieu pour frapper l'Egypte passent au-dessus des maisons des Hébreux, favorisant leur exode et leur liberté. «Comme lors de l'exode d'Egypte, le but aujourd'hui est clair: ne "pas permettre au destructeur d'entrer dans vos maisons pour frapper"», s'est-t-il exclamé.

Pour s'assurer du respect des règles, le service de sécurité intérieure israélien, connu sous le nom de Shin Bet, a été autorisé par le gouvernement à surveiller les déplacements des malades du Covid-19. Selon le bilan du ministère israélien de la Santé datant du 2 avril, 33 personnes sont mortes des suites du coronavirus et 6211 cas ont été recensés.

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