Compétitions annulées, suspendues, reportées, à huis-clos : le coronavirus menace la planète sport

Compétitions annulées, suspendues, reportées, à huis-clos : le coronavirus menace la planète sport© Getty/UEFA Source: AFP
Le match entre le Paris Saint-Germain et le Borussia Dortmund, à huis clos, le 11 mars 2020, au Parc des Princes, à Paris (image d'illustration).

Alors que la pandémie de coronavirus poursuit sa progression, le monde du sport prend des mesures pour répondre à l'urgence sanitaire. De nombreuses compétitions ont été décalées ou suspendues. La question de maintenir ou pas les JO se pose.

Les fans de sport devront désormais s’y habituer. En raison de la pandémie mondiale de coronavirus, de nombreuses compétitions sont annulées, suspendues, décalées ou se déroulent à huis clos dans des ambiances assez singulières. Si le monde du sport semble désormais, et non sans mal, avoir pris conscience du risque sanitaire, de nombreuses questions restent en suspens.

Le première d’entre elles étant bien sûr la tenue, ou non, du plus grand événement sportif de la planète, les Jeux olympiques (JO), qui doivent être organisés à Tokyo, au Japon, du 24 juillet au 9 août. Sur ce point, les autorités nippones ont réaffirmé ces derniers jours leur volonté que les JO se déroulent aux dates prévues et selon le format préalablement établi.

Menace sur les Jeux ?

Interrogée lors d’un point presse le 13 mars, Seiko Hashimoto, ministre japonaise des Jeux olympiques, a rappelé que «ni le CIO [Comité international olympique] ni le comité d’organisation n’envisageaient de reporter ou d’annuler les Jeux». Quant à la possibilité d’une tenue à huis-clos ? «Nous n’y pensons absolument pas», a-t-elle vivement rétorqué.

Mais si les japonais semblent déterminés à vouloir maintenir les JO, s’y préparant depuis une dizaine d’années, la flamme olympique a déjà vu son parcours amputé à cause du coronavirus. Alors qu'elle devait traverser 31 villes et 15 sites archéologiques au cœur de la Grèce, où une personne est morte du coronavirus, la flamme s'est finalement arrêtée à Sparte après une décision du Comité olympique hellénique (HOC).

«Malheureusement, les derniers développements concernant la propagation du virus COVID-19 ont conduit le HOC, en association avec le ministère grec de la Santé, à conclure qu'il s'agissait de la meilleure décision possible afin de contribuer à la maîtrise du virus», a expliqué le comité dans un communiqué de presse mis en ligne le 13 mars sur son site, assurant néanmoins que «la flamme olympique sera remise comme prévu au comité d'organisation de Tokyo 2020 le jeudi 19 mars au stade panathénaïque [Athènes], mais aucun public ne sera présent».

Car si l’on peut présumer que la flamme arrivera bien au Japon, rien ne permet de savoir s'il en sera de même pour certains athlètes, à l'instar des handballeurs. Les six tournois de qualification olympique (TQO) qui devaient avoir lieu du 20 au 22 mars pour les dames et du 17 au 19 avril pour les hommes, ont en effet été reportés au mois de juin, sans aucune garantie d’amélioration de la situation sanitaire d’ici là.

Le sport à l’arrêt

Pendant ce temps, le sport mondial se retrouve lui totalement paralysé. Une grande partie des championnats de football européens sont suspendus comme en France, en Angleterre, en Italie, en Allemagne, au Portugal, aux Pays-Bas ou encore en Espagne. A noter que l’instance du football européen, l’UEFA, se réunira le 17 mars prochain pour décider de la poursuite des coupes d’Europe des clubs ainsi que de l’organisation du championnat d’Europe des nations (EURO), qui doit se tenir du 12 juin au 12 juillet dans 12 villes du Vieux Continent parmi lesquelles Saint-Pétersbourg.

Les derniers matchs du Tournoi des Six nations de rugby ont d’ores et déjà été reportés et devraient être disputés fin octobre. En France, le Top 14 et la pro D2 sont suspendus jusqu’à nouvel ordre comme le Super rugby dans l’hémisphère sud, qui réunit des équipes d’Afrique du Sud, d’Australie, de Nouvelle-Zélande et du Japon.

Aux Etats-Unis, le championnat national de basket-ball (NBA) a été suspendu pour «au moins» un mois après un contrôle positif au coronavirus du français Rudy Gobert, joueur de la franchise des Utah Jazz. Le championnat de football (MLS) est lui aussi arrêté pour 30 jours. Le Masters d’Augusta de golf, un des tournois les plus prestigieux, a été reporté à une date ultérieure, alors que la ligue de hockey sur glace (NHL) a suspendu son calendrier jusqu’à la fin de la saison régulière.

Les marathons de Boston, Paris et Barcelone ont été reportés à septembre et octobre alors que les championnats du monde d’athlétisme en salle, devant se tenir du 13 au 15 mars à Nankin (Chine) ont été repoussés à 2021. Le Grand Prix d’Australie prévu le 15 mars a été annulé et les trois suivants (Vietnam, Bahreïn et Chine) reportés.

Le Tour cycliste d’Italie (Giro) a également été repoussé, posant des questions sur l'organisation, moins d'un mois plus tard, du Tour de France.

Les acteurs en première ligne

Des conséquences sportives sont évidemment à prévoir, mais c’est plus largement l’écosystème du sport moderne qui pourraient souffrir durement de la pandémie mondiale. Si les preneurs de paris ou les annonceurs ayant signé des contrats avec les clubs devraient être touchés, les diffuseurs pourraient se retrouver en position très délicate. Etant donné les montants faramineux dégagés par les droits de diffusions du sport, répercutés sur l’offre proposée aux consommateurs, ceux-ci pourraient vouloir récupérer leur argent. En Allemagne, la chaîne Sky, qui détient les droits du football outre-Rhin, a déjà annoncé qu’il était encore trop tôt pour parler de dédommagement. Les diffuseurs français n’ont pour le moment fait aucun commentaire.

Enfin, les sportifs ont eux aussi leur mot à dire, à l’image du joueur de football espagnol Thiago Alcántara. S’alarmant de l’hésitation des autorités allemandes à suspendre les compétitions, le milieu de terrain du Bayern Munich a mis en ligne, le 13 mars, un message équivoque sur Twitter : «C’est fou. Arrêtez de vous amuser et revenez à la réalité. Soyons honnêtes, il y a des priorités beaucoup plus importantes que n’importe quel sport.»

Les joueurs du club de football de River Plate, en Argentine, ont eux tout simplement annoncé qu’ils refusaient de participer à un match prévu ce 14 mars «pour des raisons de force majeure». Et si, pour une fois, les sportifs montraient la voie ?

Alexis Le Meur

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