Italie : mutineries dans les prisons contre des restrictions dues au coronavirus, plusieurs morts

Italie : mutineries dans les prisons contre des restrictions dues au coronavirus, plusieurs morts© Piero CRUCIATTI Source: AFP
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Le 9 mars 2020, le personnel d'urgence et les gardiens de prison se tiennent dans une cour de la prison de Sant'Anna à Modène, en Emilie-Romagne, dans l'une des zones rouges de quarantaine d'Italie.
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Des soulèvements dans au moins dix pénitenciers italiens ont fait plusieurs morts, après la suspension des visites familiales pour les détenus. Cette mesure vise à enrayer la propagation du coronavirus qui a déjà fait plus de 300 morts en Italie.

A la suite de la décision prise par le gouvernement italien de suspendre temporairement les visites familiales aux détenus mais aussi les permissions de sortie, afin de lutter contre la propagation de l'épidémie du coronavirus qui a fait plus de 350 morts dans le pays, de violentes mutineries ont éclaté, le 9 mars, dans au moins dix prisons en Italie. Plusieurs détenus ont perdu la vie au cours de ces affrontements, selon l'AFP.

Des flammes ont été aperçues dans certains établissements, notamment à Bologne.

Auteur: RT France

«A la suite des modifications introduites par le gouvernement sur les visites en prison entre les détenus et leur familles, à cause du coronavirus, des protestations de détenus sont en cours dans les établissement pénitentiaires de Poggioreale à Naples (sud), Modène (nord), Frosinone (centre) et Alexandrie (nord-ouest)», a annoncé l'organisation syndicale autonome de la police pénitentiaire (Osapp). D'autres établissements sont concernés par des mutineries, comme par exemple la prison de San Vittore à Milan, où des détenus sont parvenus à s'installer sur le toit d'une des ailes, d'où ils ont crié : «Nous voulons la liberté !», sous le regard de dizaines de policiers et de gardiens.

Auteur: RT France

Plusieurs morts à Modène

Des heurts particulièrement violents ont éclaté dans la prison Sant'Anna de Modène (Emilie-Romagne). D’après l'association italienne Antigone qui œuvre à la défense des droits des prisonniers, au moins un trois détenus sont décédés pendant ou après les affrontements dans cet établissement. Les chiffres précis demeurent toutefois flous à ce stade, puisque le quotidien La Repubblica a fait état de son côté de six décès, citant des sources policières. Selon l'agence de presse italienne Ansa, deux détenus sont morts après avoir été transférés de la prison de Modène vers d'autres établissements pénitentiaires.

«Nous avons déjà averti de l'augmentation des tensions dans les prisons, et sur le fait que cela pourrait se terminer en tragédie», a souligné Antigone dans un communiqué faisant état de ces soulèvements de détenus.

Selon l’agence de presse Ansa, dans ce même centre pénitentiaire de Modène, au moins deux agents de sécurité ont été blessés et une vingtaine de membres du personnel ont dû quitter la prison.

Des vidéos des incidents montrent les autorités pénitentiaires tenter de reprendre le contrôle de l'établissement.

Dans la prison de Frosinone (sud de Rome), une centaine de détenus se sont barricadés dans une section de l'établissement. La police est alors intervenue pour les déloger et rétablir l'ordre. De leur côté, les prisonniers ont dressé une liste de revendications dont la possibilité de visites de leurs proches. Ils ont aussi tenté de négocier avec la direction, a rapporté l'agence de presse italienne Agi.

A la prison Torre del Gallo à Pavie (Lombardie au nord du pays), les détenus sont parvenus à prendre deux agents de la police pénitentiaire en otage, et à libérer des dizaines d'autres détenus, selon des médias italiens.

Lors de la mutinerie dans la prison de Pavie, des détenus ont accédé aux toits du centre pénitentiaire, avant que les agents de sécurité ne reprennent le contrôle de la situation.

Aux alentours de la prison de Poggioreale, en banlieue de Naples, les familles sont également venues soutenir dans la rue la fronde des détenus.

«Situation très grave, il faut contenir l'escalade en donnant des pouvoirs d'urgence aux commandants de département, le ministre de la Justice en prend un coup !», a estimé l'ancien ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, sur Twitter

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