«Islamophobie primitive» : un responsable turc furieux contre les propos de Macron sur Ankara

«Islamophobie primitive» : un responsable turc furieux contre les propos de Macron sur Ankara© A gauche : Ludovic Marin / AFP; à droite : REUTERS / Umit Bektas
Emmanuel Macron et Mustafa Sentop.

Le président du Parlement turc a vigoureusement taclé Emmanuel Macron, qui avait estimé la veille à Mulhouse, où il présentait son plan contre le «séparatisme islamiste», qu'on ne pouvait avoir, sur le sol français, «les lois de la Turquie».

Ankara n'a que modérément apprécié l'attaque frontale d'Emmanuel Macron, qui affirmait le 18 février dans le cadre d'une visite à Mulhouse pour dévoiler son projet contre le «séparatisme islamiste» : «On ne peut pas avoir les lois de la Turquie sur le sol de France.»

Ce 19 février, le président du Parlement turc Mustafa Sentop a tenu à partager avec le chef de l'Etat français sa façon de penser, par le biais de deux tweets rédigés pour l'occasion dans la langue de Molière : «Les explications de M. Macron, président de la République française qui perturbe la paix au Sahel et en Libye et engendre le chaos [dans le] monde musulman et procureur d’armes pour [le maréchal] Hafter, annonçant qu’il va lutter contre le séparatisme islamiste [sont le] signe d’une islamophobie primitive.»

Le chef du Parlement a en outre dénoncé l'objet même du plan présenté la veille par Emmanuel Macron, écrivant, toujours en français : «La France devrait faire face à son passé raciste et plein de massacres, au lieu d’inventer un ennemi imaginaire comme "le séparatisme islamiste".» 

Le 18 février, le président de la République avait commencé à dévoiler les contours de son plan pour lutter contre le «séparatisme islamiste» lors d'une conférence de presse, après avoir rencontré des responsables associatifs ou encore des membres des forces de l'ordre locales. Estimant que l'«islam politique» n'avait «pas sa place» en France, il avait alors notamment expliqué vouloir «former des imams en France, maîtrisant la langue et les lois de la République» en parallèle de la fin progressive des «imams détachés» envoyés par d'autre pays, dont la Turquie. 

Le chef de l'Etat avait alors concentré son discours sur Ankara, déclarant : «Je ne cherche à froisser personne mais je ne serai complaisant avec personne [...] La Turquie est un grand pays [...] Je le dis à nos concitoyens qui sont d'origine turque ou sont binationaux [...] ils sont à mes yeux pleinement Français et je souhaite qu'ils soient pleinement Français. Et c'est parce que je veux les traiter comme des citoyens français que je veux qu'ils aient les même droits que tous les Français mais aussi qu'ils soient soumis aux même lois que tous les Français et toutes les Françaises», a-t-il ajouté. Avant de conclure : «On ne peut pas avoir les lois de la Turquie sur le sol de France. Ça, c'est non.»

Emmanuel Macron a en outre annoncé que le dispositif de cours facultatifs en langues étrangères dispensés par des enseignants désignés par les gouvernements d'autres pays, dont la Turquie, serait supprimé à la rentrée scolaire.

Tandis que la tension est déjà vive entre Paris et Ankara sur plusieurs dossiers diplomatiques, dont la question libyenne, le gouvernement français a, à plusieurs reprises, fait part de son inquiétude face à l'action de la Turquie en France.

En mai 2019, le magazine Le Point faisait état d'un projet d'ouverture «d'écoles turques» sur le territoire français. Face à la polémique, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer avait déclaré : «Je pense que nous avons aujourd'hui trop de gestes inamicaux qui nous viennent de la Turquie, nous avons trop d’inquiétudes sur ce que font déjà les autorités turques vis-à-vis des communautés turques en France, pour ne pas être très vigilants sur ce genre de projets [...] Chacun sait que la Turquie est dans une logique particulière. Elle a tourné le dos à la laïcité qui a caractérisé son histoire pendant des décennies et elle est dans une logique de fondamentalisme islamiste et d’extension. On doit être totalement lucide par rapport à cet enjeu et donc je suis évidemment très vigilant sur cette initiative.»

Lire aussi : Lutte contre le «séparatisme islamiste» : la stratégie d'Emmanuel Macron sous le feu des critiques

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