Cinq ans après les accords de Minsk, la situation reste figée. A qui la faute ?

Les accords de Minsk II ont été signés le 12 février 2015 avec pour objectif de mettre un terme au conflit dans l’Est de l’Ukraine. Cinq ans plus tard ses clauses peinent à être appliquées. Pourquoi la situation dans la région reste-t-elle figée ?

Le 11 février 2015, un sommet réunissant Vladimir Poutine, Petro Porochenko, Angela Merkel et François Hollande est convoqué dans la capitale biélorusse, lors duquel sont signés les Accords Minsk II, qui établissent une feuille de route pour la résolution du conflit dans le Donbass.

Le texte prévoyait alors plusieurs mesures de sécurité, dont un cessez-le-feu immédiat, le retrait des armes lourdes du front ou encore des échanges de prisonniers. Le document contenait aussi tout un volet politique, avec, en accord avec la législation ukrainienne, l’octroi d’un statut d’autonomie provisoire locale aux régions de Donetsk et de Lougansk et l’organisation d’élections locales.

Mais sur le terrain, il faut se rendre à l'évidence : les Accords de Minsk sont difficiles à mettre en œuvre. Selon le ministère russes des affaires étrangères, aucune clause de ces accords n’a été appliquée à ce jour. «Le 12 février marque le cinquième anniversaire de la signature du paquet de mesures pour la mise en œuvre des accords de Minsk, qui constitue une base inaltérable pour le règlement du conflit dans le Donbass. Malheureusement, aucune de ces dispositions n’a encore été pleinement mise en œuvre», est-il indiqué dans le communiqué, publié sur le site du ministère.

Dans ce même communiqué, la diplomatie russe exprime également ses regrets concernant le non-respect des accords de Minsk. Le texte de la diplomatie russe souligne que malgré des cessez-le-feu qui ont été déclarés à plusieurs reprises, un cessez-le-feu complet n'a pas encore été atteint. De plus, le Donbass n'a pas obtenu un statut spécial garanti par la Constitution, aucune amnistie n'a été accordée. Tous ces points des accords de Minsk aurait dû être réalisés avant fin de l’année 2015.

Pour Moscou, il s’agit de la faute de Kiev. «Kiev a commencé à saboter l’ensemble des mesures immédiatement après sa signature», lit-on dans le communiqué.

Faute d’avancées probantes sur le terrain, un nouveau sommet réunit donc les quatre mêmes chefs d’Etat, à Berlin, en octobre 2016, pour tenter de relancer le texte paraphé un an et demi plus tôt. Mais le dialogue ne prend pas, et de l’aveu même de la chancelière allemande, c’est un échec. S’ensuivirent des années de conflit gelé, de déclarations vaines, de sanctions toujours plus nombreuses adoptées contre Moscou et d'un cessez-le-feu bafoué quasi quotidiennement.

La victoire de Volodymyr Zelensky, le 21 avril 2019, aux élections présidentielles en Ukraine relance l’espoir. Ce nouveau venu en politique, issu de la société civile, paraît plus ouvert au dialogue que son prédécesseur. Sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, un nouveau sommet au « format Normandie » voit le jour, le 9 décembre 2019, à Paris. Précédée trois mois plus tôt par un échange de prisonniers historique entre Kiev et Moscou, cette nouvelle réunion s’ouvre sous des auspices plus favorables.

Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky se rencontrent ainsi pour la première fois. Mais, malgré la bonne volonté et les ambitions affichées, peu d’avancées concrètes y ont été observées, notamment en raison du flou qui entoure le degré d’autonomie que Kiev est prête à accorder aux régions séparatistes et les modalités d’organisation d’élections qui devaient s’y tenir. On note, toutefois, un nouvel échange de prisonniers, cette fois entre Kiev et les autorités de l’Est de l’Ukraine, qui a eu lieu le 29 décembre.

Même si chaque acteur affiche désormais une réelle volonté de résoudre le conflit, le chemin semble encore long avant de parvenir à une paix durable dans l’Est de l’Ukraine.

Lire aussi: Deux jours après le sommet au «format Normandie», Kiev espère pouvoir modifier les accords de Minsk

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