La question de l’engagement de la France au Sahel au cœur du sommet de Pau

La question de l’engagement de la France au Sahel au cœur du sommet de Pau© MICHELE CATTANI Source: AFP
Un soldat français recherche la présence d'engins explosifs improvisés dans le cadre de l'opération Barkhane dans le nord du Burkina Faso, le 12 novembre 2019 (image d'illustration).

Emmanuel Macron accueille, ce 13 janvier, les cinq présidents des pays du G5 Sahel à l’occasion d’un sommet à Pau. Au menu, figure l’épineuse question de l’avenir de la présence militaire française dans la région dont la légitimité est contestée.

«Nous devons à très court terme reclarifier le cadre et les conditions politiques de notre intervention au Sahel avec les cinq Etats africains membres du G5 Sahel [Mali, Burkina, Niger, Tchad, Mauritanie]. J’attends d’eux qu’ils clarifient et formalisent leurs demandes à l’égard de la France et de la communauté internationale. Souhaitent-ils notre présence ? Ont-ils besoin de nous ? Je veux des réponses claires et assumées sur ces questions» : le 4 décembre dernier, à l’issue du 27e sommet de l’OTAN organisé à Londres, Emmanuel Macron définissait l’objectif du sommet G5 Sahel organisé ce 13 janvier à Pau (Pyrénées-Atlantiques). Un appel à une réévaluation de la coopération sécuritaire qui reflète la difficulté à laquelle la France est confrontée dans cette région.

La France et les pays du G5 Sahel peinent à venir à bout de la menace terroriste

Le sommet, auquel prennent part également les cinq chefs d’Etat de la force conjointe, s’inscrit, en effet, dans un climat sécuritaire délétère. Il y a encore peu, le 9 janvier, le Niger était frappé par une attaque terroriste à Chinégodar, près de la frontière malienne. Selon un dernier bilan annoncé le 12 janvier par les autorités nigériennes, 89 soldats ont été tués. Il s’agit du pire attentant pour le Niger encore meurtri par l’attaque d’Inates commise le 10 décembre dernier et qui avait coûte la vie à 71 soldats. L’attaque, revendiquée par l’organisation terroriste Daesh, avait d’ailleurs contraint la France à repousser l’organisation du sommet de Pau, initialement prévu le 16 décembre.

Le Niger ne fait malheureusement pas office d’exception : le Burkina Faso, le Tchad et la Mali sont également la cible régulière d’attaques terroristes. Dans ce dernier pays, 52 soldats maliens et un civil ont perdu la vie lors d’une attaque revendiquée par l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) visant le camp d'Indelimane, dans le nord-est du pays. C’est d’ailleurs au Mali que l’armée française, déployée au Sahel dans le cadre de l’opération Barkhane (4 500 soldats), a connu ses plus grandes pertes. 

13 militaires français ont trouvé la mort, le 25 novembre, dans la collision accidentelle de deux hélicoptères au Mali. Quelques semaines tôt, le 2 novembre, le brigadier Ronan Pointeau avait été mortellement touché par «le déclenchement d'un engin explosif improvisé au passage de son véhicule blindé» dans le Liptako, alors que ledit véhicule assurait la protection d'un convoi entre les villes maliennes de Gao et Ménaka.

La légitimé de la présence militaire française contestée

La persistance de la menace terroriste et certaines violences intercommunautaires exaspèrent une partie de l’opinion publique des pays sahéliens, qui estime que l’action de Paris dans la région n’a guère contribué à un renforcement de la sécurité. 

Ainsi, le Mali et le Niger ont récemment été le théâtre, à plusieurs reprises, de manifestations contre la présence de la force Barkhane. Une remise en cause de la légitimité de la présence française qui n’est pas passée inaperçue par Paris. Emmanuel Macron en avait clairement fait allusion à la fin du sommet de l’OTAN, en appelant les dirigeants sahéliens à «assumer» publiquement le fait que l'armée française intervienne dans la région à leur demande et non en raison de «visées néocoloniales».

La réponse de ces derniers avait été immédiate. Lors d’un sommet, tenu le 15 décembre à Niamey, soit une dizaine de jours après la déclaration du président français, le chef d'Etat nigérien Mahamadou Issoufou avait jugé que «pour combattre le terrorisme, [les pays sahéliens avaient] besoin non pas de moins d'alliés mais de plus d'alliés». «La lutte contre le terrorisme est une lutte internationale», avait renchéri, de son côté, le président du Burkina, Roch Marc Christian Kaboré. Le président nigérien avait aussi salué le projet de l'opération Tacouba, réunissant des forces spéciales de plusieurs pays européens afin d'apporter des renforts à l'armée malienne, qui est en train d'être mis sur pied à l'initiative de la France.

Lire aussi : Mali : une attaque à la roquette contre un camp militaire fait 20 blessés, dont 18 casques bleus

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