Autriche : la droite s'allie aux Verts, Sebastian Kurz de retour au pouvoir

- Avec AFP

Autriche : la droite s'allie aux Verts, Sebastian Kurz de retour au pouvoir© ALEX HALADA / AFP Source: AFP
Sebastian Kurz et le leader des écologistes Werner Kogler, le 1er janvier 2019.

Les Verts et les conservateurs autrichiens ont signé le 1er janvier un accord de coalition. Le leader du parti ÖVP fait ainsi son retour à la chancellerie et les écologistes obtiennent plusieurs ministères, dont l'Environnement et la Justice.

Après avoir gouverné jusqu'en mai avec les nationalistes du FPÖ, Sebastian Kurz a signé ce 1er janvier un accord de coalition avec les Verts et est donc de retour à la chancellerie autrichienne. 

«Le parti ÖVP et les Verts se sont entendus sur un programme de gouvernement», a déclaré à l'AFP un responsable de la formation écologiste qui va pour la première fois participer à une coalition gouvernementale. Un responsable du parti conservateur a confirmé cet accord alors qu'une annonce officielle était attendue à l'issue d'une réunion à Vienne.

Trois mois après les législatives du 29 septembre remportées par l'ancien chancelier Kurz, l'Autriche va expérimenter une alliance inédite entre l'ÖVP, poids lourd de la politique nationale, et le parti Die Grünen, qui a enregistré une percée aux dernières élections.

L'Autriche, avec ses 8,9 millions d'habitants, figurera avec la Suède, la Finlande, la Lituanie et le Luxembourg parmi les Etats membres de l'UE où des écologistes participent au gouvernement.

Un équilibre fragile

L'alliance n'a rien d'évident entre le libéral-conservateur Sebastian Kurz, partisan d'une ligne dure sur l'immigration, et des Verts qui ont été parmi ses opposants les plus virulents lorsqu'il s'était allié avec le FPÖ en décembre 2017 pour son premier mandat.

Le gouvernement de Sebastian Kurz avec le FPÖ a volé en éclat au bout de 18 mois, lorsque le vice-chancelier et leader du parti nationaliste Heinz-Christian Strache a été mis en cause dans une affaire de corruption.

Le retentissant scandale de l'Ibizagate est né de la diffusion, en mai dernier, d'une vidéo tournée en caméra cachée dans une villa d'Ibiza, en Espagne, montrant notamment Heinz-Christian Strache prêt à négocier des marchés publics avec une femme se faisant passer pour la nièce d'un oligarque russe.

Contraint de saborder sa coalition, Sebastian Kurz avait convoqué des élections anticipées que son parti a largement remportées (37,5%). Face à des sociaux-démocrates en perte de vitesse et un FPÖ devenu peu fréquentable, couplé à un recul de 10 points dans les urnes, le chef de la droite libérale-conservatrice a choisi de se tourner vers les écologistes (quatrièmes avec 13,9% des suffrages).

Les Verts obtiennent le ministère de l'Environnement

Le détail des compromis trouvés par les deux partis sera connu lors de la présentation de leur programme commun, prévue le 2 janvier. Le soir du 1er janvier, Sebastian Kurz a tenté de rassurer son électorat, affirmant qu'il était «possible de protéger le climat et les frontières». Il a également promis de «poursuivre les baisses d'impôts» et la «lutte contre l'islam politique».

La droite dominera largement la nouvelle équipe ministérielle au sein de laquelle les Verts devraient décrocher quatre portefeuilles, dont un «super ministère» de l'Environnement incluant également Transports, Energie et Technologie.

La députée écologiste Leonore Gewessler, ancienne dirigeante de l'une des principales organisations autrichiennes de défense de l'environnement, a d'ores et déjà été annoncée à ce poste.

Le chef de file du parti, Werner Kogler, âgé de 58 ans, sera vice-chancelier.

Parmi les autres attributions des Verts devraient figurer la Justice, les Affaires sociales et la Culture, selon la presse. Le parti de Sebastian Kurz gardera la main sur les ministères de l'Intérieur, des Finances et des Affaires étrangères.

Les Verts devront encore donner leur accord au pacte de gouvernement lors d'un congrès extraordinaire convoqué le 4 janvier. L'investiture de la nouvelle équipe pourrait avoir lieu dès le 6 janvier.

Lire aussi : Autriche : le chef du parti anti-immigration FPÖ évoque des «changements de population»

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