Travail du 1er mai : l'offensive du centre contre un symbole social

Travail du 1er mai : l'offensive du centre contre un symbole social© Compte X @BrunoRetailleau
Bruno Retailleau échange avec des commerçants des Halles de Cholet le 1er mai.
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Entre propositions de réforme et gestes symboliques, plusieurs figures du centre et de la droite relancent le débat sur le 1er mai chômé. De Gabriel Attal à Sébastien Lecornu, en passant par Retailleau ou Wauquiez, le «droit au travail» s’impose comme un marqueur politique.

Au moment où les syndicats défilent, dans un climat qui inquiète les force de police, pour défendre la tradition du 1er mai chômé, une partie de la classe politique choisit d’en contester le cadre. Derrière les prises de parole et les déplacements, c’est une remise en cause plus large du modèle social français qui se dessine.

Une stratégie concomitante autour du « droit au travail »

Le signal le plus explicite est venu de Gabriel Attal. Dans un entretien donné au Figaro, l’ancien Premier ministre affirme que « le droit du travail empêche trop souvent le droit au travail », plaidant pour davantage de liberté pour ceux qui souhaitent travailler, y compris le 1er mai. Une ligne qu’il défend en dénonçant les « mensonges » de certains syndicats et en appelant à « laisser tranquilles les Français qui veulent travailler ». Sur le plateau des Grandes Gueules de RMC il a précisé : « Il n'a jamais été question de toucher aux droits sociaux. Mais si des commerçants souhaitent ouvrir le 1er  mai […] pourquoi les en empêcher ? ».

Dans le même temps, Sébastien Lecornu a choisi un geste très concret. En déplacement en Haute-Loire aux côtés du LR Laurent Wauquiez, le chef du gouvernement a acheté du pain dans une boulangerie ouverte ce jour férié, interrogeant l’artisan sur ses conditions de travail.

Tancé par sa gauche sur la remise en cause de ce jour chômé, Sébastien Lecornu a confié devant les caméras : « On n’a pas une Assemblée nationale toujours bien facile », en référence aux blocages parlementaires sur le sujet. Il s’est également rendu chez un fleuriste également ouvert.

Enfin, Bruno Retailleau a choisi un registre plus doctrinal. « Le travail devrait être mis à l’honneur chaque jour », a-t-il déclaré, estimant qu’il doit être « mieux valorisé et mieux payé » et appelé à en faire une « priorité nationale » égratignant au passage l’exécutif et ses détracteurs : « certains ont voulu travailler davantage pour mieux vivre ; la technocratie sociale étatiste, fossoyeuse de la valeur travail, s’est dressée contre ce projet, et le gouvernement a de nouveau reculé ».

Derrière ces initiatives, une cohérence apparaît : promouvoir une certaine homogénétité transparait du centre gauche (Attal) au centre droit (Retailleau) où le travail devient central, y compris au prix d’un assouplissement des symboles sociaux. Le 1er mai, longtemps sanctuarisé, devient ainsi un terrain politique à part entière, révélateur d’une recomposition idéologique à moins d’un an de l’élection présidentielle.

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