«C'est aux Vénézuéliens de décider»: la réponse de Lavrov à Pompeo qui demande de reconnaître Guaido

«C'est aux Vénézuéliens de décider»: la réponse de Lavrov à Pompeo qui demande de reconnaître Guaido© Jonathan Ernst Source: Reuters
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le secrétaire d'État américain Mike Pompeo tiennent une conférence de presse conjointe au Département d'État à Washington, États-Unis, le 10 décembre 2019.

Lors d'une rencontre à Washington, le secrétaire d'état américain Mike Pompeo a demandé au ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov de soutenir l'opposant vénézuélien Juan Guaido. La réponse du diplomate russe fut sans surprise.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a rencontré le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo le 10 décembre à Washington. L'occasion d'échanger sur diverses thématiques géopolitiques parmi lesquelles figurait la situation au Venezuela.

Dans ce cadre, Mike Pompeo a demandé à Sergueï Lavrov de soutenir le «président par intérim» Juan Guaido, comme le fait Washington depuis l’auto-proclamation de celui-ci fin janvier et malgré les controverses qui entourent le personnage. En effet, des photos de Juan Guaido posant au côté de narcotrafiquants colombiens ont été révélées en septembre et des proches de l'opposant sont actuellement lourdement soupçonnés de corruption.

Sans surprise, le chef de la diplomatie russe a répondu que Moscou défendait le principe de la souveraineté du peuple vénézuélien sur sa destinée. «C'est aux Vénézuéliens de se prononcer sur l'avenir de leur pays. Un dialogue avait été lancé dans le cadre du processus dit d'Oslo, il est maintenant suspendu. Il y avait un contact entre le gouvernement et l'opposition modérée et je pense que c'est un moyen de régler la situation», a déclaré Sergueï Lavrov, comme on peut le voir dans cette vidéo à la 14e minute.

Juan Guaido qui bénéficie du soutien international de la plupart des alliés de Washington, peine cependant à mobiliser dans son pays. Les dernières manifestations de l'opposition au Venezuela ont été un véritable flop. A peine une centaine de personnes ont manifesté le 18 novembre à Caracas contre le président socialiste Nicolas Maduro à l'appel du chef de l'opposition. Deux jours avant, le 16 novembre, ils étaient 5 000 dans tout le pays, soit bien moins que les dizaines de milliers de personnes que Juan Guaido réunissait juste après s'être proclamé président par intérim le 23 janvier.

Le chef de file de l'opposition vénézuélienne tente de jouer sur le départ du président bolivien Evo Morales, qui a démissionné le 10 novembre après des manifestations parfois très violentes de l'opposition qui l'accusait de «fraude» lors de la présidentielle du 20 octobre. Sa remplaçante, Jeanine Añez, qui s'est autoproclamée le 12 novembre à la tête de la Bolivie a immédiatement reconnu Juan Guaïdo comme son homologue. 

Dans un entretien accordé à RT France fin novembre, Yvan Gil, vice-ministre vénézuélien pour l'Europe, expliquait que malgré l'hostilité américaine à l'égard du gouvernement vénézuélien, la situation économique du pays s'améliorait grâce à «l’appui total du peuple vénézuélien», de l’armée, mais aussi de tous les amis du Venezuela à l'international. «Il y a un monde au-delà des Etats-Unis et de l’Europe. Un monde très grand. Et nous bénéficions de l’appui de la Russie, de la Chine, de l’Afrique du Sud, de l’Inde. Nous avons rencontré dans ces pays des marchés et des articulations positives», avait poursuivi le vice-ministre vénézuélien. Avant d'ajouter : «Le bon côté des sanctions est qu’elles nous ont permis de découvrir qu’un autre monde existe et d’établir des relations avec ce monde qui respecte le droit international et la diplomatie.»

Lire aussi : Venezuela : «Les sanctions nous ont permis de découvrir qu’un autre monde existe» (ENTRETIEN)

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