Attentat de Londres : quelle réponse de la part du gouvernement britannique ?

Attentat de Londres : quelle réponse de la part du gouvernement britannique ?© Simon Dawson Source: Reuters
Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, sur les lieux de l'attentat qui aura coûté la vie à deux personnes, le 30 novembre 2019, à Londres, au Royaume-Uni (image d'illustration).

Apprenant que le terroriste de Londres avait déjà été condamné pour terrorisme, tous les regards se sont tournés vers Boris Johnson. Le Premier ministre a assuré vouloir revoir les conditions d'attribution des aménagements de peine.

Après l’attentat revendiqué par l’organisation Etat islamique qui s’est déroulé à Londres le 29 novembre et a fait deux morts et cinq blessés, tous les regards sont désormais tournés vers le Premier ministre britannique Boris Johnson.

Dans un communiqué diffusé dans la nuit du 29 au 30 novembre par le chef de la police antiterroriste du royaume Neil Basu, celui-ci a confirmé l’identité de l’assaillant : Usman Khan. Ce citoyen britannique avait déjà été condamné en 2012 pour terrorisme, alors que son groupe préparait un attentat contre la Bourse de Londres (London Stock Exchange), d’après l’acte de condamnation de la Cour de la Couronne de Woolwich, daté du 9 février 2012.

Remis en liberté conditionnelle en décembre 2018, Usman Khan a donc réussi à échapper à la surveillance britannique malgré les mesures de contrôle mises en place, suscitant l’interrogation de bon nombre de responsables politiques, dont le locataire du 10 Downing Street lui-même.

Un «des djihadistes les plus sérieux» : qui est Usman Khan ?

Agé de 28 ans, Usman Khan est né au Royaume-Uni, selon la décision de justice de 2012. Il quitte l’école sans diplôme après avoir passé une partie de son adolescence au Pakistan, son pays d’origine, dans lequel il rejoint sa mère malade, apprend-on dans le Telegraph. A son retour au Royaume-Uni, il commence à prêcher un islam radical sur Internet et agrège autour de lui de nombreux adeptes. C’est alors qu’il attire l’attention des services de renseignements.

Arrêté en 2012, à seulement 19 ans, il est le membre d’une cellule terroriste originaire de Stoke, Cardiff et Londres, et est alors condamné à 16 ans de prison pour appartenance au groupe ainsi que pour avoir voulu mettre en place un «centre d’entraînement militaire terroriste sous couvert d’une madrassa sur les terres de [sa] famille [au Cachemire]», selon le verdict du juge Sir Alan Fraser Wilkie. Mr.Justice Wilkie, comme il est surnommé Outre-Manche, note alors qu’Usman Khan est «un des plus sérieux djihadistes» de la cellule.

Remis en liberté conditionnelle six ans plus tard, Usman Khan se «conformait» à «la liste étendue de conditions» posées par la justice britannique, d’après Neil Basu. Selon des informations du New York Times, le terroriste était porteur d’un bracelet électronique et assistait à une conférence sur la réhabilitation des prisonniers organisée par l’institut de la criminalité de l’université de Cambridge, qui se tenait à Fishmongers’s Hall, quand il a lancé son assaut meurtrier.

Boris Johnson désire revoir les mesures de libération anticipée

Le Premier ministre britannique a de son côté promis qu’il allait se pencher sur le système de libération anticipée. «Quand des gens sont condamnés à un certain nombre d'années en prison, ils devraient purger chaque année de cette condamnation», a fait valoir Boris Johnson ce 30 novembre, après s’être rendu sur les lieux de l’attentat.

[Usman Khan] semble avoir été automatiquement libéré sous conditions.

«Il ne fait aucun sens pour notre société de libérer de manière anticipée des personnes qui ont été condamnées pour des infractions terroristes, des crimes violents», a-t-il encore argué. Il a par ailleurs souligné qu’«un gros travail est abattu en ce moment pour s’assurer que le public est protégé», plaidant pour des peines plus lourdes en cas d’infractions violentes. Il a enfin fait savoir que tous les condamnés pour terrorisme libérés de manière anticipée étaient actuellement passés en revue.

Brandon Lewis, secrétaire d'Etat chargé de la Sécurité, a de son côté assuré à la BBC qu’il y aurait, de la part du pouvoir en place, une «évaluation complète et une tentative de tirer les leçons» du drame. La commission chargée d’attribuer les libertés conditionnelles a d’ores et déjà fait remarquer qu’elle n’était pas «impliquée» dans la libération du suspect qui «semble avoir été automatiquement libéré sous conditions».

Jeremy Corbyn se dit «profondément choqué»

A moins de deux semaines des élections législatives, qui se tiendront le 12 décembre, Boris Johnson avait décidé de suspendre sa campagne, tout comme les travaillistes emmenés par Jeremy Corbyn. Toujours sur les antennes de la BBC, celui qui est élu à la Chambre des communes depuis 1983 s’est dit «profondément choqué» par l’attentat du London Bridge. «C’est une attaque contre chacun d’entre nous», a-t-il lancé remarquant que «ceux qui veulent nous réduire au silence ne réussiront pas». Mais il s’est aussi montré très dur évoquant un «désastre total» et exigeant une «enquête approfondie» sur le fonctionnement du système pénal britannique.

Le maire de Londres, Sadiq Khan, a lui loué l’«héroïsme» des civils et des policiers ayant participé à l’arrestation du terroriste. «Ce qui est remarquable dans les images [de l’arrestation] est l’héroïsme à couper le souffle des civils qui ont littéralement couru au-devant du danger, ne sachant pas à quoi ils étaient confrontés […] C’est un autre exemple de bravoure et d’héroïsme de Londoniens ordinaires, risquant leur vie pour essayer de sauver les autres», a-t-il déclaré, le 29 novembre, auprès de nos confrères du Guardian.

Les prochaines prises de décision de Boris Johnson vont donc être scrutées à la loupe et pourraient bien avoir une influence sur le résultat du scrutin à venir. Selon le dernier sondage publié par YouGov le 27 novembre, les conservateurs l'emporteraient avec 359 sièges (43% des suffrages), loin devant les travaillistes (211 sièges, 32% des voix).

Alexis Le Meur

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