Un «signal» au Venezuela : Trump «applaudit» l'armée bolivienne après le départ de Morales

Un «signal» au Venezuela : Trump «applaudit» l'armée bolivienne après le départ de Morales© REUTERS/Carlos Garcia Rawlins
Affrontements entre opposants et partisans d'Evo Morales le 10 novembre à La Paz (image d'illustration).

Les Etats-Unis ont commenté la démission d'Evo Morales, forcée par une spirale de violences et par le retournement de l'armée en Bolivie. Donald Trump voit dans ces événements «un signal fort» aux pays ennemis de Washington dans la région.

«La démission hier [le 10 novembre] du président bolivien Evo Morales est un moment important dans l'Hémisphère ouest [...] Ces événements envoient un signal fort aux régimes illégitimes du Venezuela et du Nicaragua [tous deux dirigés par des gouvernements socialistes] que la démocratie et la volonté du peuple triompheront toujours», a commenté Donald Trump dans un communiqué de presse publié le 11 novembre.

«Les Etats-Unis applaudissent le peuple bolivien pour avoir réclamé la liberté, et l'armée bolivienne pour avoir respecté son serment de protéger, pas simplement une seule personne, mais la constitution de la Bolivie», poursuit le texte de la Maison Blanche. Et Washington de conclure : «Nous sommes désormais un peu plus proches d'un Hémisphère ouest complètement démocratique, prospère, et libre.»

Le président bolivien Evo Morales avait été réélu dès le premier tour de l'élection présidentielle du 20 octobre, mais l'opposition, qui conteste les résultats, a lancé une vague de manifestations, qui a rapidement tourné aux violences. Des incendies de bâtiments publics et de logements appartenant à des responsables du gouvernement ont été enregistrés. Le proche d'un ministre (qui a par la suite démissionné) a même été pris en otage.

Expliquant vouloir pacifier le pays, Evo Morales a tout d'abord proposé de nouvelles élections afin de lever les doutes, en vain. Lâché par l'armée puis par la police, le président socialiste a finalement consenti à renoncer à son quatrième mandat pour faire cesser les violences. Il a dénoncé un «coup d'Etat civil-politique-militaire». La situation ne s'est pas calmée pour autant, puisque des affrontements, des incendies ou encore des pillages sont survenus. Le domicile d'Evo Morales a d'ailleurs été attaqué. L'ancien président a en outre fait savoir qu'il serait sous le coup d'un mandat d'arrêt de la police, alors que l'incertitude demeure à la tête de l'Etat.

Dans la capitale La Paz, le siège de l'ambassade du Venezuela a été occupé par des manifestants. L'ambassadrice du Venezuela Crisbeylee Gonzalez a déclaré à l'agence de presse bolivienne ABI : «Equipés de dynamite, des manifestants cagoulés avec des boucliers ont pris l'ambassade du Venezuela en Bolivie. Nous allons bien et sommes à l'abri, mais ils veulent faire un massacre. Aidez-nous à dénoncer cette barbarie».

Le 11 novembre, le président vénézuélien Nicolas Maduro avait condamné «catégoriquement le coup d'Etat survenu contre le frère président Evo Morales», de même que le chef d'Etat cubain, Miguel Diaz-Canel, qui a évoqué un «coup d'Etat violent et lâche de la droite contre la démocratie en Bolivie».

Dirigés par des gouvernements de gauche se revendiquant de l'anti-impérialisme dans une région où les Etats-Unis ont multiplié les ingérences et les coups d'Etat depuis plusieurs décennies, le Venezuela et le Nicaragua font partie, avec Cuba, de ce que l'ancien conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis John Bolton, qualifiait de «troïka de la tyrannie». Encore récemment, Washington a tenté de saper la légitimité du président vénézuélien Nicolas Maduro en reconnaissant comme «président par intérim» de ce pays l'opposant Juan Guaido, qui s'était autoproclamé comme tel. De nombreux pays, dont la France, avaient suivi la décision américaine.

Dirigeant indigène qui avait fait de la lutte contre la pauvreté et l'analphabétisme ses principaux combats, Evo Morales se revendiquait lui aussi de ce courant, particulièrement critique vis-à-vis de la politique étrangère américaine.

Lire aussi : Bolivie : la gauche latino-américaine et européenne dénonce un «coup d'Etat» contre Evo Morales

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