«Un jour sans fin», la femme qui revivait à l'infini le même jour

Nikki Pegram, depuis sa chute, vit dans un jour sans fin (capture)
Nikki Pegram, depuis sa chute, vit dans un jour sans fin (capture)

Non, ce n'est pas un remake du film où Bill Murray était coincé dans une même journée figée mais bien la réalité de Nikki Pegram. Cette jeune femme est depuis un an persuadée de se lever chaque jour à la date du 15 octobre 2014.

Nikki Pegram est un mystère médical ou existentiel: cette jeune anglaise, âgée de 28 ans, a subi un accident à la date du 28 octobre 2014 et est depuis figée mentalement, chronologiquement à cette date fatidique.

Bénéficiant d'une pension d'invalidité en raison de cet handicap pour le moins original, Nikki Pegram s'est pourtant vue déclarée «apte» au travail par le Département du Travail et des Retraites, qui du même coup a largement réduit sa pension d'invalidité.

Pourtant, depuis son accident, une chute grave, avait provoqué une amnésie antérograde, trouble neurologique de la mémoire qui se caractérise par l'incapacité à se rappeler d'événements qui suivent le début de l'amnésie. De fait, le cerveau de Nikki Pegram ne peut tout simplement pas créer de nouveaux souvenirs. 

Cette situation médicale, dans sa forme extrême, conduit à une incapacité presque totale de se rappeler du passé récent. Pour se souvenir, Nikki Pegram a donc recours à un véritable journal de bord dans lequel elle inscrit chaque jour son activité, les évènements quotidiens et qu'elle relit chaque matin.

Extrait du journal de bord que tient Nikki (capture)
Extrait du journal de bord que tient Nikki (capture)

Son état a pourtant été réévalué par les autorités chargées des pensions d'invalidité pour personnes handicapées. Une situation que dénonce ses proches qui soulignent que du fait qu'elle pouvait marcher et parler sans aide, on lui avait refusé ce statut d'handicapée. 

La pertinence du système d'invalidité en question

Ce n'est pas la première fois au Royaume-Uni que les tests pour mesurer l'incapacité au travail de personnes handicapées sont pointés du doigt, sur fond d'économie publique drastique. 

Les chiffres publiés par le gouvernement en août sont pourtant alarmants: ils montrent que des milliers de personnes sont décédées quelques semaines après être retournées au travail du fait que leur handicap avait cessé d'être reconnu, et donc indemnisé. 

En 2012, une commission pour l'évaluation de la capacité au travail avait estimé que les tests qui servent à déterminer de l'aptitude au travail ont été à l'origine de nombreuses souffrances en obligeant des personnes malades à retourner travailler de façon indue.

Si ces tests ont été depuis réévalués, ils demeurent sous le feu de la critique des spécialistes notamment qui pointent leur impossibilité à évaluer de façon précise l'aptitude des gens à travailler.

Quoi qu'il en soit, Nikki Pegram peut toujours faire appel de la décision qui la prive de sa pension. Il faut simplement qu'elle se souvienne d'en avoir été privée pour faire jouer ses droits.

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