Kosovo : l'opposition nationaliste de gauche en tête des élections législatives

Kosovo : l'opposition nationaliste de gauche en tête des élections législatives© FLORION GOGA Source: Reuters
Albin Kurti avec ses partisans après la publication des résultats partiels des élections kosovares, le 7 octobre 2019.

La gauche nationaliste de Vetëvendosje remporte les élections législatives kosovares et doit composer avec le parti de centre-droit arrivé second. L'émergence de cette formation radicale ne devrait pas faciliter les relations avec Belgrade.

Selon un dépouillement partiel réalisé sur 95% des bulletins de vote, le parti de gauche nationaliste Vetëvendosje (VV) a remporté les élections législatives kosovares du 6 octobre.

Le parti totaliserait 26,04% des suffrages, suivi par la formation de centre-droit LDK, qui a réuni 25,21% des voix. Ces partis devanceraient les deux forces politiques principales de la coalition actuellement au pouvoir. Ainsi, le PDK du président de la république Hashim Thaçi et du président du Parlement Kadri Veseli a rassemblé 21,18% des voix, selon ce décompte. L’AAK de l’ancien Premier ministre Ramush Haradinaj, lui aussi au pouvoir, a quant à lui enregistré une lourde de défaite en réunissant seulement 11,67% des voix.

«L’heure est venue ! L’heure est venue !», a lancé le leader du Vetëvendosje, Albin Kurti, dans le centre de la capitale du pays, Pristina, se présentant à ses partisans comme «Premier ministre du Kosovo». Néanmoins, le gagnant des élections n’a pas pu réunir autour de lui les votes nécessaires pour former une majorité absolue. D'où l'obligation pour lui de façonner une future coalition, probablement avec la LDK de Vjosa Osmani.

Les perdants ont d’ores et déjà reconnu et annoncé leur défaite. Le président du Parlement Kadri Veseli a déclaré : «Nous acceptons le verdict du peuple. Le PDK passe dans l'opposition.»

Idéologiquement, de nombreux militants du parti Vetëvendosje se réclament du marxisme-léninisme albanais. Par exemple, Albin Kurti a eu pour mentor Adem Demaçi, qui a jadis mené dans la Yougoslavie socialiste une campagne promouvant un modèle stalinien inspiré du régime d'Enver Hodja en Albanie.

Albin Kurti, un «dur» selon Belgrade

La question de la normalisation des relations avec la Serbie, qui ne reconnaît pas le Kosovo, est apparue comme un serpent de mer dans la vie politique kosovare depuis la proclamation d’indépendance du pays, le 17 février 2008. Et cela ne devrait guère changer avec la victoire du parti Vetëvendosje. En hiver 2015 par exemple, le leader du parti Albin Kurti avait essayé d'asperger des ministres et députés de la coalition au pouvoir avec du gaz au poivre, afin de protester contre un traité conclu quelques mois plus tôt, accordant plus d’autonomie aux régions à majorité serbe à l’intérieur du Kosovo.

Les tensions entre la Serbie et le Kosovo se sont exacerbées en mai dernier : une opération de police dans le nord du pays avait dégénéré en un affrontement armé, entraînant l’ire de la Serbie qui a placé ses forces armées en état d’alerte.

Si Albin Kurti est considéré comme un «dur» par le gouvernement d'Aleksandar Vuvic à Belgrade, la Serbie a fait savoir qu'elle était prête à une reprise du dialogue avec le Kosovo à l'issue des élections. 

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La fin d'une crise politique ?

Le 19 juillet dernier, le Premier ministre Ramush Haradinaj avait démissionné sur fond d’accusation de crimes de guerre. Il avait alors reçu une convocation du Tribunal spécial international pour le Kosovo, dont la fonction est d'enquêter sur les crimes présumés commis par L'Armée de libération du Kosovo (UCK) au Kosovo. Surnommé «Rambo», il a été accusé par la Serbie de «crimes de guerre», ce qui a provoqué d’importantes tensions entre les deux pays.

Le Parlement kosovar, dans l’incapacité à construire une nouvelle majorité à la suite de la démission du Premier ministre, avait voté sa propre dissolution le 22 août.

La démission du Premier ministre a fait vaciller le pouvoir du président Hashim Taçi, surnommé le «commandant serpent». Figure importante de la guérilla contre la Serbie, il fut l’un des fondateurs de l'UCK. En 2008, il se voyait accusé par l’ex-procureure générale du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, Carla del Ponte, d'être lié à l'organisation d'un trafic d’organes prélevés sur des prisonniers serbes. En corollaire, un rapport du Conseil de l'Europe, publié en 2010, affirmait que des responsables de l'UCK s'étaient effectivement livrés à un trafic d'organes prélevés sur des prisonniers serbes. Hashim Thaçi étant soupçonné d'avoir dirigé ce réseau.

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