Après sept mois d'incertitude, les Etats-Unis ont enfin un nouveau ministre de la Défense

- Avec AFP

Après sept mois d'incertitude, les Etats-Unis ont enfin un nouveau ministre de la Défense© Leah Millis
Le nouveau ministre américain de la Défense Mark Esper et Donald Trump dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 23 juillet 2019.

Dans un contexte international tendu pour les Etats-Unis, notamment impliqués dans un bras de fer avec l’Iran, le Sénat a finalement nommé le successeur de Jim Mattis : Mark Esper, proche du néoconservateur Mike Pompeo, dirigera le Pentagone.

Sept mois après la démission de l'ancien général des Marines Jim Mattis, les Etats-Unis ont enfin un ministre de la Défense à part entière: Mark Esper, dont la nomination a été approuvée le 23 juillet par le Sénat.

Ancien militaire reconverti dans l'industrie de défense, secrétaire à l'armée de terre depuis 2017, Mark Esper, 55 ans, a prêté serment à la Maison Blanche. «C'est un jour très important pour notre pays», a souligné Donald Trump à l'occasion de la petite cérémonie ayant officiellement installé le nouveau ministre de la Défense dans ses fonctions. «Il n'y a personne de plus qualifié pour diriger le ministère de la Défense», a ajouté le président américain. 

Donald Trump s'était tourné vers Mark Esper pour diriger le Pentagone lorsque son candidat précédent, Patrick Shanahan, avait renoncé en juin à briguer ce poste pour raisons familiales, après avoir assuré un intérim de six mois.

Mark Esper arrive à la tête d'une institution déstabilisée par la succession de ses dirigeants depuis fin décembre 2018, alors que la première puissance militaire mondiale est engagée dans deux guerres, en Syrie et en Afghanistan, et dans un bras de fer avec Téhéran. Sa nomination a été approuvée par 90 voix contre 8, plusieurs candidats démocrates à la présidentielle de 2020 s'y étant opposés, notamment Elizabeth Warren, Amy Klobuchar et Kamala Harris.

De nombreux démocrates ont cependant choisi de mettre fin à sept mois de hiatus à la tête du Pentagone en approuvant le choix de Mark Esper. «Il a la responsabilité particulière de conseiller un président qui n'a pas d'expérience en matière de sécurité nationale. Je pense que Mark Esper sera à la hauteur», a ainsi tweeté le sénateur démocrate Dick Durbin. «Il a la confiance de notre président, la confiance de notre armée et la confiance du Congrès», a souligné l'influent sénateur républicain James Inhofe avant le vote.

Proche du néoconservateur Mike Pompeo... et du complexe militaro-industriel ?

Mark Esper est en outre très proche du prochain chef d'état-major américain, le général Mark Milley, qui doit succéder fin septembre au général Joe Dunford. Il présente aussi une certaine proximité avec le chef de la diplomatie Mike Pompeo, tenant d'une approche intransigeante des relations internationales. Les deux hommes ont étudié à la prestigieuse académie militaire de West Point et en ont été diplômés la même année, en 1986.

Le secrétaire d'Etat a félicité son ancien camarade sur Twitter, ajoutant : «La diplomatie et la défense sont essentielles à la politique étrangère des Etats-Unis et à la protection des intérêts américains.» Sur le plan politique, il maîtrise les rouages du Congrès pour y avoir conseillé plusieurs sénateurs, notamment le républicain Chuck Hagel, devenu ensuite ministre de la Défense.

J'ai fait la guerre pour ce pays

Mais ses liens avec l'industrie de la défense ont fait grincer des dents lors du processus de confirmation. La candidate démocrate à la présidentielle de 2020 Elizabeth Warren lui a notamment reproché ses liens avec le complexe militaro-industriel, en l'espèce le groupe de défense Raytheon, où il était cadre dirigeant depuis sept ans lorsque Donald Trump l'a choisi pour diriger l'armée de terre. «A l'âge de 18 ans, je suis allé à West Point et j'ai prêté le serment de défendre la Constitution, j'ai embrassé des valeurs appelées devoir, honneur et patrie», lui a répliqué Mark Esper. Et de poursuivre : «Et depuis, j'ai toujours vécu ma vie en respectant ces valeurs. J'ai fait la guerre pour ce pays.»

Les premières décisions du nouveau ministre de la Défense seront scrutées de près, notamment sur des sujets sensibles comme le déploiement depuis plusieurs mois de troupes à la frontière mexicaine, que de nombreux responsables du Pentagone considèrent en privé comme un gaspillage de ressources.

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