Guerre au Kosovo : un timbre pour Bill Clinton, une statue pour Madeleine Albright

Guerre au Kosovo : un timbre pour Bill Clinton, une statue pour Madeleine Albright© Armend Nimani Source: AFP
La statue de Bill Clinton à Pristina, le 17 février 2018, au Kosovo (image d'illustration).

20 ans après la fin du conflit au Kosovo, les autorités de Pristina ont invité des représentants américains de l'époque afin qu'ils soient honorés. L'ancien président Bill Clinton a désormais un timbre à son effigie et Madeleine Albright une statue.

Il y a 20 ans jour pour jour, le 12 juin 1999, après 78 jours de bombardements contre la Yougoslavie, des soldats de l’Otan étaient déployés au Kosovo, signifiant la fin des affrontements entre Belgrade et l’UÇK, l’armée de libération du Kosovo, organisation considérée comme terroriste jusqu’en 1998 par les Etats-Unis.

Affirmant que la Yougoslavie allait commettre un génocide contre les populations d’origine albanaise du Kosovo, l’Otan avait lancé, en mars 1999, des bombardements, présentés comme «préventifs», au cours de 58 547 missions aériennes faisant, selon les estimations les plus basses, celles de l’ONG Human Rights Watch, entre 488 et 527 morts civils parmi la population de la république fédérale.

Pour l'occasion, le gouvernement central de Pristina, dirigé par Hashim Thaçi, un des créateurs du Parti démocratique du Kosovo, branche politique de l’UÇK (également accusé par un rapport de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe d’avoir été à la tête du groupe Drenica, suspecté de trafic d’organes entre 1998 et 2000), a organisé des commémorations auxquelles ont été invités les acteurs de l’époque, afin de recevoir les honneurs de la république (dont l'indépendance n'est pas reconnue par plusieurs Etats, comme  la Russie, la Chine, l'Inde ou encore la Serbie). «Nous avons constaté que le chef de ce Groupe de Drenica ou, pour employer la terminologie propre aux réseaux de la criminalité organisée, son "parrain", n’était autre qu’un acteur réputé de la vie politique locale et peut-être la personnalité de l’UÇK la plus reconnue sur la scène internationale, Hashim Thaçi», pouvait-on lire dans le rapport présenté en janvier 2011.

Statues à la pelle

Le 11 juin, l’ancien président américain, Bill Clinton, qui avait fait le déplacement à Pristina, s’est vu offrir des mains d’Hashim Thaçi une médaille ainsi qu’un timbre commémoratif à son effigie. «Avec notre reconnaissance et notre respect pour la contribution apportée à la libération du Kosovo», pouvait-on lire sur la plaquette qui lui a été remise.

Eliot Engel, élu de New York à la Chambre des représentants, soutien de la première heure de l’indépendance du Kosovo, lui aussi honoré par un timbre, a félicité le 42e président des Etats-Unis sur Twitter. «Bonjour Bill Clinton, merci pour votre soutien indéfectible au Kosovo… et bienvenue au club !» a-t-il déclaré sur le réseau social.

L’ancienne secrétaire d’Etat, Madeleine Albright, était également présente. Le porte-parole de Bill Clinton, Angel Urena, l’a présentée sur Twitter comme une personne «ayant joué un rôle vital dans la résolution des conflits et l’instauration de la paix au Kosovo». L’ancienne ambassadrice américaine aux Nations Unies était, en 1999, le principal fer de lance des interventionnistes. Certains médias outre-Atlantique avait même rebaptisés le conflit en «guerre de Madeleine».

Elle doit être honorée par une statue sur une place de Pristina portant déjà son nom. D'après des médias locaux, la construction aurait coûté 19 788 euros. Elle ne sera pas la première à pouvoir se targuer d’avoir sa propre statue puisque Bill Clinton dispose, depuis 2009, de la sienne le long du boulevard éponyme à Pristina. Non loin de là, son successeur George W. Bush, a lui été honoré, au cours de l’année 2011, dans la ville albanaise de Fushë-Krujë, d’un bronze de plus de trois mètres, tout comme l’ancienne candidate démocrates aux élections présidentielles, Hillary Clinton, qui dispose, depuis juin 2016, de son buste en Albanie, dans la ville de Saranda.

D’autres acteurs de la guerre de 1999 ont par ailleurs exprimé leur fierté à propos de ce qu’ils considèrent être «une réussite», à l’instar du général retraité de l’OTAN Wesley Clark ou de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

Le président serbe Aleksandar Vucic a de son côté regretté que «les 19 pays les plus puissants [aient] attaqué un petit pays attaché à la liberté» causant «d’énormes dégâts», précisant que les Serbes étaient toujours «en train de se remettre» du traumatisme. Les dernières semaines ont vu un regain des tensions entre Belgrade et Pristina à la suite d’une intervention de la police kosovare dans une région de la province à majorité serbe. Les représentants des deux parties doivent se rencontrer au début du mois de juillet en présence d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel.

Auteur: RT France

Lire aussi : Les tensions dans les Balkans annoncent-elles un chantage de l'UE à la Serbie sur le Kosovo ?

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