Les avocats d'Assange voudraient contraindre Washington à révéler l'existence d'une inculpation

Les avocats d'Assange voudraient contraindre Washington à révéler l'existence d'une inculpation© Justin TALLIS Source: AFP
Le lanceur d'alerte Julian Assange depuis le balcon de l'ambassade de l'Equateur à Londres, le 19 mai 2017.

Le département de la Justice américain a-t-il inculpé en secret Julian Assange ? Ses avocats ont décidé de saisir la CIDH pour contraindre le gouvernement à répondre à cette question, objet d'intenses spéculations, selon le Guardian.

Les avocats du lanceur d'alerte Julian Assange ont déposé un recours auprès de la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) qui vise à contraindre les procureurs américains, à révéler toute inculpation secrète qui aurait été retenue contre leur client, selon le Guardian. Le gouvernement des Etats-Unis «est tenu de fournir des informations sur les accusations pénales portées contre Julian Assange» est-il précisé dans ce recours, qui se présente sous la forme d'un dossier de 1 172 pages.

En novembre dernier, des procureurs américains avaient révélé par inadvertance, dans le cadre d'une autre affaire, l'existence de cette inculpation censée être secrète, selon WikiLeaks. La nature exacte des chefs d'accusation retenus contre Julian Assange n'avait toutefois pas été dévoilée.

La démarche des avocats de l'Australien vise à empêcher son extradition vers les Etats-Unis, alors que depuis plusieurs semaines le nouveau gouvernement équatorien fait monter la pression par divers moyens pour le faire quitter l'ambassade à Londres où il est réfugié, depuis juin 2012.

Initialement, le fondateur de Wikileaks, âgé de 47 ans, s'y était réfugié pour échapper à une extradition vers la Suède, où il était recherché pour des accusations de viol et d’agression sexuelle qu’il a toujours niées. Si les poursuites suédoises ont été abandonnées en mai 2017, un mandat d’arrêt court toujours contre lui en Grande-Bretagne. Les autorités britanniques estiment depuis 2012 qu’il n’a pas respecté les conditions de sa liberté sous caution.

L’Australien redoute qu'il ne s'agisse que d'un prétexte pour l'arrêter et l'extrader aux Etats-Unis, où il pourrait être jugé pour la publication par WikiLeaks en 2010 de nombreux secrets militaires et documents diplomatiques américains.

Lire aussi : Pour Stéphanie Gibaud, les lanceurs d'alerte ont «éveillé les consciences» (ENTRETIEN)

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