Félix Tshisekedi est devenu le cinquième président de la République démocratique du Congo

- Avec AFP

Félix Tshisekedi est devenu le cinquième président de la République démocratique du Congo© OLIVIA ACLAND Source: Reuters
Félix Tshisekdi à gauche, Joseph Kabila à droite, lors de la cérémonie d'investiture le 24 janvier à Kinshasa.

Félix Tshisekedi a prêté serment le 24 janvier pour une transition historique et contestée en République démocratique du Congo. Une cérémonie qui s'est déroulée en présence de son prédécesseur Joseph Kabila. L'élection est contestée par l'opposition.

C'est fait : l'opposant Félix Tshisekedi est officiellement devenu le 24 janvier le cinquième président de la République démocratique du Congo (RDC), sous les yeux de son prédécesseur Joseph Kabila, mais en l'absence de l'autre opposant Martin Fayulu qui conteste sa victoire.

Félix Tshisekedi, 55 ans, a reçu les symboles du pouvoir des mains du président sortant Joseph Kabila, 47 ans, lors d'une cérémonie au palais de la Nation, siège de la présidence à Kinshasa. C'est la première transmission pacifique du pouvoir depuis l'indépendance du pays en 1960.

Submergé par la chaleur, le poids de l'émotion et aussi d'un gilet pare-balle quasiment visible à l’œil nu, Félix Tshisekedi a fait un malaise de plus de dix minutes lors de son discours d'investiture. Assumant un moment de faiblesse, il s'en est excusé «auprès du président de la République» Joseph Kabila «et de nos distingués invités».

Un seul autre président de la République, le Kényan Uhuru Kenyatta, avait fait le déplacement. D'autres pays africains avaient dépêché des représentants de rang inférieur : Tanzanie, Gabon, Namibie, Maroc, Burundi, Angola, Congo-Brazzaville, Egypte... Les Etats-Unis et les pays européens étaient représentés par leurs ambassadeurs.

Le protocole a été largement débordé par les partisans de Félix Tshisekedi, les «combattants» de son parti, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), se sont invités dans l'enceinte du palais de la Nation.

«Félix n'oublie pas, papa avait dit : le peuple d'abord», a scandé la foule en référence au père du nouveau président, l'opposant Etienne Tshisekedi décédé à Bruxelles le 1er février.

Lors de son discours, Félix Tshisekedi a promis d’œuvrer en faveur de la libération des prisonniers politiques. «Le ministre de la Justice sera chargé de recenser tous les prisonniers politiques, d'opinion ou assimilés, sur l'ensemble du territoire national en vue de leur prochaine libération», a annoncé Félix Tshisekedi.

Proclamé élu par la Cour constitutionnelle le 19 janvier, le nouveau président devra partager le pouvoir avec le camp du sortant qui a gardé la majorité à l'Assemblée nationale. C'est parmi cette majorité que Félix Tshisekedi devra chercher son Premier ministre à partir du 28 janvier, date prévue de la rentrée parlementaire. Les noms du directeur de cabinet du président Kabila, Néhémie Mwilanya Wilondja, et du grand patron congolais Albert Yuma circulent dans la presse congolaise, entre autres spéculations.

La coalition Cap pour le changement (Cach) du président Félix Tshisekedi et la coalition pro-Kabila Front commun pour le Congo (FCC) ont signé un «accord de coalition politique», d'après un document parvenu à l'AFP.

L'accord prévoit que les ministères régaliens (Affaires étrangères, Défense, Intérieur) doivent «comme cela est de doctrine certaine, revenir à la famille politique du président élu».

Une partie de l'opposition rejette toute coalition gouvernementale

Dans un message d'au revoir le 23 janvier au soir, le président Joseph Kabila avait encouragé les «leaders politiques» à privilégier une «coalition» plutôt que la «cohabitation».

Au moins un officiel congolais a boycotté la prestation de serment : l'autre candidat de l'opposition Martin Fayulu, qui s'estime victime d'un accord entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi, et qui revendique la victoire dans les urnes avec 60% des voix. Son recours a été rejeté par la Cour constitutionnelle.

Des proches de Martin Fayulu ont déjà rejeté toute participation à un gouvernement d'unité nationale. «L'Etat de droit ne signifie pas arrangement, combine et combinaison pour gérer le pouvoir. Ce qui est mal conçu, ce qui est mal préparé va continuer négativement», a déclaré l'une de ses alliées, Eve Bazaiba.

L'Union africaine et l'Union européenne dans un communiqué conjoint avaient «pris note» le 22 janvier de l'élection de Félix Tshisekedi, se déclarant prêtes à travailler avec lui. 

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avait «émis des doutes» tout en souhaitant «éviter des crises et des affrontements».

D'autres pays africains (Kenya, Tanzanie, Afrique du Sud...) ont salué plus chaleureusement l'élection de Félix Tshisekedi.

Façonnées par Joseph Kabila, l'armée et les forces de sécurité vont devoir faire preuve de fidélité républicaine envers le nouveau président.

Le nouveau gouvernement va prendre la direction d'un pays riche en minerais, mais dont les deux tiers des 80 millions d'habitants survivent avec moins de deux dollars par jour. La nouvelle équipe va subir de plein fouet les conséquences de la chute des cours du cobalt, qui ont dégringolé en quelques mois, passant de 100 000 à 35 000 dollars la tonne. Cette baisse brutale devrait être un coup dur pour l'Etat, qui misait beaucoup sur une réforme du code minier relevant la taxation des producteurs de cobalt. La RDC en est le premier exportateur mondial.

Lire aussi : Nouvelle marche contre Joseph Kabila réprimée à Kinshasa, au moins cinq morts selon l'ONU (IMAGES)

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