Netanyahou convoque-t-il des élections pour échapper à ses tourments judiciaires ?

- Avec AFP

Netanyahou convoque-t-il des élections pour échapper à ses tourments judiciaires ? © AMIR COHEN Source: Reuters
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'exprime lors d'une cérémonie, à Jérusalem le 24 décembre 2018.

Soupçonné de corruption, le Premier ministre israélien a convoqué des élections législatives anticipées qui devraient se tenir en avril. S'il est quasiment sûr de les emporter, la situation politique est incertaine à moyen terme.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, qui a survécu à tous les aléas politiques depuis une décennie, a décidé de s'en remettre aux électeurs afin notamment d’éviter une inculpation dans des affaires de corruption, les sondages démontrant qu’il pourrait réussir à garder son poste.

Les partis de la coalition gouvernementale ont annoncé le 24 décembre que des législatives anticipées auraient lieu le 9 avril, soit sept mois plus tôt que prévu. La coalition ne dispose plus que d'une seule voix de majorité au Parlement (sur 120 députés) après la démission, le mois dernier, d'Avigdor Lieberman, ministre de la Défense et chef du parti ultra-nationaliste Israël Beiteinou. Le Parlement doit encore voter sa dissolution et fixer officiellement la date des législatives le 26 décembre.

Officiellement, l'incapacité du Likoud, le parti de Benjamin Netanyahou, d'obtenir une majorité pour faire passer une loi sur la conscription des juifs ultra-orthodoxes explique la tenue de ces élections anticipées. Mais certains commentateurs estiment que c'est le spectre des affaires entourant le Premier ministre qui justifie cette décision.

La semaine dernière, Shay Nitzan, bras droit du procureur général Avishai Mandelblit, a affirmé avoir transmis au bureau de son chef ses recommandations concernant trois enquêtes pour corruption visant le Premier ministre, sans toutefois en préciser la teneur. La police a en outre recommandé début décembre l'inculpation de Benjamin Netanyahou et de son épouse Sara dans l'une de ces affaires. Selon des médias israéliens, il existe suffisamment de preuves pour inculper le Premier ministre, de «corruption».

«Ce qui l'a décidé à avancer la date des élections, c'est le discours de Shay Nitzan qui a annoncé que ses recommandations étaient prêtes», affirme à l'AFP Emmanuel Navon, professeur de sciences politiques à l'Université de Tel-Aviv.

«Monsieur sécurité»

Selon les premiers sondages publiés ce 25 décembre au matin, le Likoud sortirait vainqueur des élections anticipées, les affaires du Premier ministre ayant apparemment peu d'impact sur les intentions de vote. En cas de réélection, Benjamin Netanyahu, 69 ans, serait en mesure de dépasser le record de longévité du père fondateur de l'Etat d'Israël, David Ben Gourion, resté en poste durant plus de 13 années, entre 1948 et 1963.

Une victoire éclatante permettrait au Premier ministre de consolider sa défense, lui qui affirme que les enquêtes dont il fait l'objet sont le résultat d'un complot ourdi par ses ennemis politiques pour le pousser à abandonner le pouvoir, contre la volonté des électeurs.

En cas d'inculpation décidée par le procureur général, le Premier ministre n'est pas obligé de démissionner mais la décision de Avishai Mandelblit pourrait jouer un rôle important dans le scrutin. Personne ne sait s'il rendra sa décision avant les élections, mais selon Gideon Rahat, professeur à l'Université hébraïque de Jérusalem, il «préférera attendre après les élections pour ne pas être accusé d'avoir influencé le vote».

Alors que l'opposition de gauche est à la peine depuis de nombreuses années, la principale menace électorale de Benjamin Netanyahou, à la tête du gouvernement considéré comme le plus à droite de l'histoire d'Israël, semble venir du centre et de la droite. 

Sa réputation de «Monsieur sécurité» d'Israël explique en grande partie ses succès électoraux, mais le cessez-le-feu controversé à Gaza en novembre l'a mis en difficulté. Ce cessez-le-feu a entraîné la démission du ministre de la Défense, Avigdor Lieberman, et le retrait de la coalition gouvernementale du parti du ministre, Israël Beiteinou.

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