Quand la BBC veut à tout prix trouver des Gilets jaunes d'«ultra-droite» liés à «Moscou»

Quand la BBC veut à tout prix trouver des Gilets jaunes d'«ultra-droite» liés à «Moscou»© Christophe ARCHAMBAULT Source: AFP
Gilets jaunes dans un nuage de gaz lacrymogène à Paris le 15 décembre.

Dans une conversation ayant fuité, une journaliste de la BBC exhorte un pigiste couvrant la mobilisation des Gilets jaunes à dénicher des liens entre celle-ci... et Moscou. Le ministère russe des Affaires étrangères s'est ému de telles pratiques.

La mobilisation des Gilets jaunes, qui a rassemblé des dizaines de milliers de manifestants dans toute la France depuis cinq semaines, et qui a cristallisé l'attention de la presse française voire internationale, a-t-elle vraiment eu besoin d'un coup de pouce venu de l'étranger ? C'est ce que semble avoir cherché à démontrer coûte que coûte la BBC qui, selon une conversation à laquelle l'agence russe RIA Novosti a eu accès, s'est évertuée à traquer de potentiels liens entre le mouvement citoyen français et la Russie.

Dans une discussion en russe, tirée selon RIA Novosti d'une «messagerie» (en témoigne des captures d'écran), la correspondante russe de la BBC Olga Ivshina échange avec un pigiste (journaliste indépendant), qui couvre les manifestations des Gilets jaunes.

Olga Ivshina demande d'abord au pigiste s'il y a des «membres du Front national dans les rues de Paris». La journaliste de la chaîne publique britannique ajoute : «Et si on trouve ces ultras-droite, parleront-ils de Poutine et de leurs liens avec Moscou ?»

Devant ce qui semble être une réponse négative du pigiste, Olga Ivshina demande si «des Russes» participent aux manifestations. Visiblement confrontée à de nouvelles dénégations, la journaliste de la BBC ne baisse pas les bras et interroge le pigiste sur une possible présence d'«entreprises russes» sur place, qui feraient «leurs choux gras lors des émeutes». «Mais peut-être y a-t-il au moins des ultras-droite ? Et ils peuvent déjà être liés à Poutine…», demande-t-elle encore, déterminée. 

La rédaction demande du sang, quoi

Toujours selon la conversation à laquelle RIA Novosti a eu accès, la journaliste de la BBC explique sa démarche au pigiste : «Oui, je cherche des angles. La rédaction demande du sang, quoi.»

La BBC confirme l'existence de cette conversation  

Ces révélations ont fait réagir le ministère russe des Affaires étrangères, qui s'est engagé à soulever cette question auprès de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). De plus, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères russes Maria Zakharova a appelé le public britannique à juger des pratiques de la BBC. «C'est au Royaume-Uni en particulier que les médias et chaînes russes sont régulièrement accusés de produire de la propagande», a également déploré la porte-parole russe, ajoutant que de telles accusations n'étaient pas étayées par des faits tangibles.

Contactée par RT, la BBC – confirmant la conversation mise en lumière par RIA Novosti – a répondu en ces termes  : «Dans la mesure où le ministre des Affaires étrangères français a publiquement parlé de rapports médiatiques sur une possible influence russe sur les manifestations, il était tout à fait raisonnable pour notre correspondante de soulever le sujet. Cependant, dans leur état final, ses reportages n'ont fait aucune mention d'un possible lien avec la Russie. Nous nous en tenons à un journalisme impartial et indépendant.»

L'implication russe ne s’appuie, à ce jour, sur aucun fait avéré

La BBC faisait ici référence à l'enquête des services de renseignements français, coordonnés par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), qui dépend du Premier ministre, sur des ingérences étrangères supposées sur les réseaux sociaux.

La France s'est penchée sur cette question après que le quotidien britannique The Times a affirmé, le 8 décembre, avoir eu accès à une analyse de la société de cybersécurité New Knowledge démontrant le rôle de «centaines de comptes de médias sociaux liés à la Russie» qui auraient «cherché à amplifier les manifestations de rue». Quelques 200 comptes Twitter de ce type auraient diffusé des photographies et des vidéos de personnes blessées par la police. 

De son côté, Moscou a formellement démenti avoir interféré «dans les affaires intérieures de tout pays, y compris la France, par le biais de Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin.

Quant aux premiers résultats de l'enquête française, ils n'ont pour l'heure établi aucune implication de la Russie dans l'ampleur prise par la crise des Gilets jaunes, selon les informations obtenues par le Journal du Dimanche ce 16 décembre. 

Auteur: RT France

Lire aussi : Gilets jaunes: aucune preuve d'implication russe à ce jour, selon un cadre du renseignement français

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