#ThisIsNotConsent : un homme accusé de viol acquitté en Irlande, des strings envahissent Twitter

L'avocate d'un Irlandais accusé de viol a obtenu son acquittement, arguant que la plaignante, 17 ans, portait un string. Depuis, le pays s'indigne et des femmes du monde entier publient des photos de leur lingerie pour protester contre cette défense.
Depuis quelques jours, Twitter est submergé par des photos de strings et autres petites culottes, accompagnées du hashtag #ThisIsNotConsent [Ceci n'est pas un consentement]. Les internautes du monde entier s'indignent de l'argument d'une avocate, le 6 novembre dans le sud-ouest de l'Eire, pour défendre un Irlandais accusé de viol : elle a lié le consentement de la plaignante au fait qu'elle portait un string au moment des faits.
A Dublin, la capitale, et dans la ville de Cork elle-même, des centaines de manifestants brandissant des culottes ont défilé le 14 novembre pour protester contre cet argument culpabilisant, appelant à cesser de blâmer les victimes lors des procès.
At the spire #ThisIsNotConsentpic.twitter.com/UQJjznO9pQ
— Norma - opinions mine only - Burke (@normaburke) 14 novembre 2018
A Cork, de la lingerie a même été déposée devant le palais de justice à cette occasion.
In Cork earlier today 😍 #ThisisNotConsentpic.twitter.com/q8WhhG9vxG
— I Believe Her - Ireland (@ibelieveher_ire) 14 novembre 2018
Un procès où le choix de la lingerie a été mis en cause
Lors du procès, l'avocate de l’accusé avait affirmé que la plaignante de 17 ans était consentante. Elle n'avait pas hésité à prétendre que le choix de sa lingerie le suggérait : «Est-ce que les preuves éclipsent la possibilité qu'elle était attirée par l'accusé et qu'elle était ouverte à une rencontre et à passer un moment avec cette personne. Vous devez considérer la lingerie qu'elle portait. Elle avait mis un string en dentelle.»
Cet argument de l'avocate a été jugé scandaleux et hors de propos tant par plusieurs personnalités que de simples citoyens irlandais. Ruth Coppinger, députée socialiste, a brandi un string au Parlement irlandais, le Dail. Elle a blâmé le fait que «devant les tribunaux, les victimes peuvent voir leurs sous-vêtements utilisés comme preuve».
► VIDEO: TD Ruth Coppinger shows thong during Dáil sitting https://t.co/f9g0G53fsHpic.twitter.com/YKKRl062Ec
— Irish Times Video (@irishtimesvideo) 14 novembre 2018
La députée a par la suite tweeté une photo de sa lingerie.
I hear cameras cut away from me when I displayed this underwear in #Dáil. In courts victims can have their underwear passed around as evidence and it's within the rules, hence need to display in Dáil. Join protests tomorrow. In Dublin it's at Spire, 1pm.#dubw#ThisIsNotConsentpic.twitter.com/DvtaJL61qR
— Ruth Coppinger TD (@RuthCoppingerTD) 13 novembre 2018
Une présentatrice irlandaise a rejoint le mouvement.
@ciarakellydoc@LunchtimeLiveNT is heading to #ThisIsNotConsent protest to support ending victim blaming in the courts at the Spire in Dublin from 1pm @NewstalkFMpic.twitter.com/NsrARIW5IM
— Lunchtime Live (@LunchtimeLiveNT) 14 novembre 2018
Noeline Blackwell, la directrice du centre d'aide contre le viol de Dublin a reconnu dans le quotidienThe Independant que cette pratique consistant à blâmer la victime était malheureusement coutumière. «Nous accompagnons des personnes au tribunal et sans arrêt, nous constatons que des stéréotypes sur le viol sont utilisés pour discréditer les plaignants et renforcer les arguments de la défense», a-t-elle expliqué.
Un défilé de petites culottes
Depuis, les internautes du monde entier publient des photos de leur lingerie, expliquant qu'elle n'a rien à voir avec le consentement à un acte de nature sexuelle. Telle cette internaute de Cork, qui a joint au hashtag #Thisisnotconsent le mot clé Ibelieveher [Je la crois].
#thisisnotconsent#ibelieveherpic.twitter.com/GErIOSp5Lc
— it’s winter bitchhhh (@leebee97) 11 novembre 2018
«Ce n'est pas parce que ma lingerie est mignonne que je suis d'accord», explique cette internaute californienne.
#ThisIsNotConsent
— Em (@lilthumper408) 13 novembre 2018
Just beacuse my panties are cute doesn't mean i'm saying yes #ThisIsNotConsentpic.twitter.com/rakf2HXQNv
«Un string n'est pas une invitation», un décolleté ou une mini-jupe non plus, estime cette Française qui ajoute : «Honte à ces juges.»
#ThisIsNotConsent
— Jobinette (@JoelleBittoun) 15 novembre 2018
Un string n'est pas une invitation, ni un décolleté, ni une mini robe...
Honte à ces juges 😔 pic.twitter.com/Zo7DmQ5JRH
«La majorité de ma lingerie est en dentelle, cela ne signifie pas que je veux être violée. Quoi que je porte, non, c'est non», publie cette internaute catalane.
Most of my underwear has lace on it. This doesn’t mean I want to be raped. No matter what I wear, no means no!! #ThisIsNotConsentpic.twitter.com/dUBaA702oS
— Clàudia 🎗️ (@catalanaalcor) 14 novembre 2018
De nombreux hommes ont également soutenu le mouvement de protestation contre la culture du viol.
«Si je me trouvais dans une salle d'audience en tant que victime d'abus sexuel, je ne peux pas imaginer qu'on ose me demander si je portais un caleçon ou un slip», observe cet internaute dublinois.
If I was in a court room as a victim of sexual abuse, I can’t imagine I’d ever be asked if I was wearing boxers or briefs. #ThisIsNotConsentpic.twitter.com/niS9xdR3CU
— Peter Tanham (@PeterTanham) 14 novembre 2018
Ce Français appelle à la solidarité avec les femmes victimes.
Soyons tous et toutes solidaires avec ces femmes victimes. #IBelieveHer
— Pierre Jothy (@Pi_erreJTY) 14 novembre 2018
Pour qu'on en finisse enfin avec le victim blaming #ThisIsNotConsentpic.twitter.com/upf9jHA22n
Le procès d'un viol
L'affaire concernait une accusation de viol portée par une jeune fille de 17 ans expliquant qu'un homme inconnu l'avait conduite sur un chemin à l'écart pour se jeter sur elle et la violer, malgré ses protestations.
L'accusé a argué du contraire. Il a prétendu qu'elle l'avait suivi, embrassé, ce qu'elle a nié et qu'aucun témoin n'a rapporté. Il a affirmé que la relation sexuelle était consentie, ce qu'elle a contredit. Après les faits, la victime aurait déclaré : «Tu viens de me violer», tandis que l'accusé aurait répondu : «Non, nous venons juste de coucher ensemble.»
Insensibles aux arguments de la jeune fille, le jury composé de huit hommes et de quatre femmes a délivré son verdict : acquittement, à l'unanimité.
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