#ThisIsNotConsent : un homme accusé de viol acquitté en Irlande, des strings envahissent Twitter

#ThisIsNotConsent : un homme accusé de viol acquitté en Irlande, des strings envahissent Twitter© Frazer Harrison / Getty Images North America / AFP Source: AFP
Image d'illustration.

L'avocate d'un Irlandais accusé de viol a obtenu son acquittement, arguant que la plaignante, 17 ans, portait un string. Depuis, le pays s'indigne et des femmes du monde entier publient des photos de leur lingerie pour protester contre cette défense.

Depuis quelques jours, Twitter est submergé par des photos de strings et autres petites culottes, accompagnées du hashtag #ThisIsNotConsent [Ceci n'est pas un consentement]. Les internautes du monde entier s'indignent de l'argument d'une avocate, le 6 novembre dans le sud-ouest de l'Eire, pour défendre un Irlandais accusé de viol : elle a lié le consentement de la plaignante au fait qu'elle portait un string au moment des faits.

A Dublin, la capitale, et dans la ville de Cork elle-même, des centaines de manifestants brandissant des culottes ont défilé le 14 novembre pour protester contre cet argument culpabilisant, appelant à cesser de blâmer les victimes lors des procès.

A Cork, de la lingerie a même été déposée devant le palais de justice à cette occasion.

Un procès où le choix de la lingerie a été mis en cause

Lors du procès, l'avocate de l’accusé avait affirmé que la plaignante de 17 ans était consentante. Elle n'avait pas hésité à prétendre que le choix de sa lingerie le suggérait : «Est-ce que les preuves éclipsent la possibilité qu'elle était attirée par l'accusé et qu'elle était ouverte à une rencontre et à passer un moment avec cette personne. Vous devez considérer la lingerie qu'elle portait. Elle avait mis un string en dentelle.»

Cet argument de l'avocate a été jugé scandaleux et hors de propos tant par plusieurs personnalités que de simples citoyens irlandais. Ruth Coppinger, députée socialiste, a brandi un string au Parlement irlandais, le Dail. Elle a blâmé le fait que «devant les tribunaux, les victimes peuvent voir leurs sous-vêtements utilisés comme preuve».

La députée a par la suite tweeté une photo de sa lingerie.

Une présentatrice irlandaise a rejoint le mouvement.

Noeline Blackwell, la directrice du centre d'aide contre le viol de Dublin a reconnu dans le quotidienThe Independant que cette pratique consistant à blâmer la victime était malheureusement coutumière. «Nous accompagnons des personnes au tribunal et sans arrêt, nous constatons que des stéréotypes sur le viol sont utilisés pour discréditer les plaignants et renforcer les arguments de la défense», a-t-elle expliqué.

Un défilé de petites culottes

Depuis, les internautes du monde entier publient des photos de leur lingerie, expliquant qu'elle n'a rien à voir avec le consentement à un acte de nature sexuelle. Telle cette internaute de Cork, qui a joint au hashtag #Thisisnotconsent le mot clé Ibelieveher [Je la crois].

«Ce n'est pas parce que ma lingerie est mignonne que je suis d'accord», explique cette internaute californienne.

«Un string n'est pas une invitation», un décolleté ou une mini-jupe non plus, estime cette Française qui ajoute : «Honte à ces juges.»

«La majorité de ma lingerie est en dentelle, cela ne signifie pas que je veux être violée. Quoi que je porte, non, c'est non», publie cette internaute catalane.

De nombreux hommes ont également soutenu le mouvement de protestation contre la culture du viol.

«Si je me trouvais dans une salle d'audience en tant que victime d'abus sexuel, je ne peux pas imaginer qu'on ose me demander si je portais un caleçon ou un slip», observe cet internaute dublinois. 

Ce Français appelle à la solidarité avec les femmes victimes.

Le procès d'un viol

L'affaire concernait une accusation de viol portée par une jeune fille de 17 ans expliquant qu'un homme inconnu l'avait conduite sur un chemin à l'écart pour se jeter sur elle et la violer, malgré ses protestations.

L'accusé a argué du contraire. Il a prétendu qu'elle l'avait suivi, embrassé, ce qu'elle a nié et qu'aucun témoin n'a rapporté. Il a affirmé que la relation sexuelle était consentie, ce qu'elle a contredit. Après les faits, la victime aurait déclaré : «Tu viens de me violer», tandis que l'accusé aurait répondu : «Non, nous venons juste de coucher ensemble.»

Insensibles aux arguments de la jeune fille, le jury composé de huit hommes et de quatre femmes a délivré son verdict : acquittement, à l'unanimité.

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