Ce qu'il faut savoir du retrait américain du traité sur la réduction des armes nucléaires (DOSSIER)

Ce qu'il faut savoir du retrait américain du traité sur la réduction des armes nucléaires (DOSSIER)© U.S. Navy/Mass Communication Specialist 1st Class Ronald Gutridge Source: Reuters
Un missile Trident II D5 (image d'illustration).

Après la décision américaine de quitter le traité sur les armes nucléaires de moyenne portée (INF), la Russie a mis en garde contre les conséquences de cette décision. Retrouvez le dossier de RT France sur le sujet.

Donald Trump a annoncé le 20 octobre que les Etats-Unis sortiraient du traité INF sur la réduction des armes nucléaires de moyenne portée, conclu avec Moscou durant la guerre froide, accusant la Russie de n'avoir pas respecté ses clauses. Partant, le président américain a annoncé que Washington allait développer de telles armes.

Le traité INF, signé en 1987 par les présidents américain et soviétique de l'époque, Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev, a aboli l'usage de toute une série de missiles d'une portée variant de 500 à 5 500 km.

Moscou a réagi par la voix du vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, en jugeant le retrait américain dangereux et en soulignant son importance pour la sécurité internationale. «Cela serait un pas très dangereux qui, j'en suis sûr, ne sera pas compris par la communauté internationale et va même attirer de sérieuses condamnations», a-t-il déclaré.

Le sénateur Konstantin Kossatchev, président du comité des Affaires étrangères du Conseil de la fédération de Russie, la chambre haute du Parlement russe, a pour sa part jugé que la décision pouvait être considérée comme s'inscrivant dans une méthode de «chantage continu» de la part de Washington, s'inquiétant qu'une telle attitude ne mène l'humanité au «chaos complet». Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, a pour sa part annoncé le lendemain qu'en cas de guerre nucléaire, la Russie ne serait jamais le pays qui attaquerait en premier. «La Russie ne se considère pas comme ayant le droit de frapper en premier et ne se réserve pas le droit à une frappe préventive», précisait-il.

Expert des questions de défense, Philippe Migault a analysé pour RT France les différents aspects de cette crise

Pourquoi ce nouveau coup de poker de Donald Trump, qui a déclaré vouloir retirer son pays du traité INF ? Est-il celui de trop ?

Ce traité, aussi appelé Traité de Washington, n’est pas un simple texte de droit international. C’est un symbole. Celui de la fin de la première guerre froide, entre les Etats-Unis et l’Union soviétique. Celui de la dénucléarisation de l’Europe entre Atlantique et Oural. L’espoir, plus fou encore, de la constitution d’un grand espace de paix et de prospérité unissant l’Europe, de Brest à Vladivostok, et la civilisation nord-américaine, de part et d’autre du détroit de Béring.

• Que représente pour Moscou la décision des Etats-Unis de se retirer du traité INF ?

Alors que les SS-20 soviétiques étaient incapables d’atteindre le territoire des Etats-Unis, les Pershing-2 et BGM-109G américains basés en Europe occidentale pouvaient frapper le territoire russe avec un préavis d’alerte très court, conférant une importance stratégique à ces armes nucléaires «tactiques». Le retrait de ces vecteurs, contre celui des SS-20, représentait donc la disparition d’une menace majeure pour Moscou. Le Kremlin ne serait guère enthousiaste face au redéploiement de tels engins, non plus sur le sol de l’Allemagne de l’ouest, mais éventuellement sur celui de la Pologne ou des pays Baltes, à quelques centaines de kilomètres de Saint-Pétersbourg et Moscou.

• Quelles sont les capacités de défense de la Russie face à un éventuel comportement belliqueux de l'OTAN ?

Les dizaines de milliards d’euros investis dans les forces armées russes depuis 18 ans par les autorités ont porté leurs fruits. Disposant de forces armées moins nombreuses mais plus professionnelles qu’il y a dix ans, mieux entraînées, dotées de matériels qualitativement et quantitativement satisfaisants – même si beaucoup reste à faire – la Russie peut faire échec à une attaque classique de l’OTAN sans recourir à un «ultime avertissement» nucléaire, comme envisageaient de le faire la France et l’Alliance atlantique pendant la première guerre froide. 

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