Yémen : jusqu'à 14 millions de personnes pourraient souffrir de la famine, selon l'ONU

Yémen : jusqu'à 14 millions de personnes pourraient souffrir de la famine, selon l'ONU© KHALED ABDULLAH Source: Reuters
Un garçon sous-alimenté dans un centre de traitement de la malnutrition à l'hôpital al-Sabeen de Sanaa, au Yémen, le 6 octobre 2018 (image d'illustration).

Le chiffre est effarant. 14 millions de personnes seraient menacées de famine au Yémen, pays en proie aux bombardements de la coalition menée par l'Arabie saoudite dans le cadre d'une guerre qui dure depuis trois ans.

Le Yémen fait face à «un danger clair et présent d'une famine géante et imminente», a averti le 23 octobre le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock, qui estime à 14 millions le nombre de personnes qui pourraient en être victimes, soit la moitié de la population du pays.

Devant les membres du Conseil de sécurité de l'ONU, Mark Lowcock a tiré la sonnette d'alarme : «75% de la population, soit 22 millions de personnes, ont besoin d'une aide et de protection, dont 8,4 millions sont en situation d'insécurité alimentaire grave et dépendent d'un apport en nourriture urgent. Dans le pire cas, ce chiffre de 8,4 millions pourrait augmenter de 5,6 millions, mettant le nombre total de personnes au Yémen en conditions de pré-famine à 14 millions».

Le responsable a notamment réclamé «un cessez-le-feu humanitaire» autour des installations participant à la distribution d'aide alimentaire ou des infrastructures, notamment les ports, permettant de l'acheminer, lors d'une réunion du Conseil de sécurité convoquée à l'initiative du Royaume-Uni en raison de la dégradation constatée dans le pays. «Les parties du conflit continuent de violer le droit humanitaire international», a-t-il dénoncé, en évoquant par exemple l'occupation d’entrepôts contenant de la nourriture ou des attaques contre des hôpitaux.

Il a expliqué que, pour éviter la famine, outre un «cessez-le-feu humanitaire», il était nécessaire de protéger l'approvisionnement en nourriture dans le pays, d'aider financièrement l'économie via la Banque centrale, d'accentuer l'aide humanitaire et que les belligérants s'engagent dans une résolution politique du conflit.

«La crise alimentaire au Yémen est directement liée au conflit», ajoute Mark Lowcock dans son document, précisant qu'une «vaste opération humanitaire est en cours» avec plus de 200 partenaires qui apportent «aide et protection» via un plan humanitaire international. «Pour faire face à la crise, la poursuite de dons généreux est capitale tout comme le maintien et même le développement des importations via tous les ports», souligne aussi Mark Lowcock.

Depuis 2015, le Yémen est le théâtre d'une guerre opposant les rebelles Houthis, qui contrôlent le port de Hodeida ainsi que la capitale yéménite Sanaa, à une coalition arabe sous commandement saoudien qui défend le gouvernement réfugié à Aden, dans le sud du pays et qui bombarde régulièrement le pays, causant des milliers victimes civiles dont beaucoup d'enfants. Au mois d'août, au moins 66 enfants ont été tués dans des frappes de la coalition saoudienne.

En plus de trois ans, le conflit a fait près de 10 000 morts, selon l'ONU, et constitue la pire crise humanitaire au monde

Lire aussi : «Nous n'avons pas réussi» : échec des pourparlers sur le Yémen à l'ONU

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