«Nous n'avons pas réussi» : échec des pourparlers sur le Yémen à l'ONU

«Nous n'avons pas réussi» : échec des pourparlers sur le Yémen à l'ONU© Naif Rahma Source: Reuters
Survivants d'un raid saoudien sur Saada en septembre 2018.

Ce devaient être les premiers pourparlers depuis l'échec, en 2016, d'un processus de paix entre les Houthis et le gouvernement yéménite. Finalement, la délégation envoyée par ce dernier à l'ONU a décidé de quitter Genève.

La délégation du gouvernement yéménite va quitter Genève ce 8 septembre, où des pourparlers sur la guerre au Yémen sous l'égide des Nations unies n'ont pas pu se tenir en l'absence de représentants des rebelles houthis. Constatant l'échec de la tentative onusienne de médiation, l'envoyé spécial de l'ONU Martin Griffiths a déclaré dans la foulée : «Nous n'avons tout simplement pas réussi.»

Parlant sous le couvert de l'anonymat, un responsable a fait savoir à l'AFP que la délégation gouvernementale avait pris la décision de quitter la Suisse en raison du report répété de ces consultations qui devaient débuter la semaine prochaine. De son côté, le ministre yéménite des Affaires étrangères Khaled al-Yamani accuse les Houthis de vouloir «saboter» le processus de paix.

Les Houthis, qui contrôlent de vastes portions du territoire yéménite dont Sanaa, sont restés dans la capitale yéménite en déplorant ne pas avoir bénéficié de garanties nécessaires pour pouvoir se rendre à Genève. Ils demandaient notamment de pouvoir revenir à Sanaa après les pourparlers, la coalition militaire intervenant contre eux imposant un blocus aérien au Yémen. 

Les pourparlers de Genève organisés par Martin Griffiths devaient être les premiers depuis l'échec en 2016 d'un long processus de paix pour tenter de mettre fin au conflit qui a plongé le Yémen dans la pire crise humanitaire au monde.

Le pays est en proie depuis 2014 à une guerre civile qui oppose les chiites houthis initialement proches de l'ancien président Ali Abdallah Saleh (qu'ils ont fini par tuer le 4 décembre 2017 après un retournement d'alliance de celui-ci), aux partisans d'Abd Rabbo Mansour Hadi, le président actuel du pays, qui vit depuis 2015 en exil en Arabie saoudite, dont il est l'allié. Depuis l’intervention de la coalition arabe sous commandement saoudien en mars 2015, le Yémen est plongé dans une crise humanitaire sans précédent. L'ONU estime qu'il y a eu 6 660 morts civiles entre mars 2015 et août 2018, même si elle reconnaît que le chiffre réel pourrait être plus élevé.

Lire aussi : Morts, viols, tortures, enfants soldats, blocus : un rapport de l'ONU dénonce la situation au Yémen

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