28 ans après la réunification, «l'unité allemande n'est pas encore accomplie», selon Merkel

28 ans après la réunification, «l'unité allemande n'est pas encore accomplie», selon Merkel
Ouverture de la frontière entre Berlin-Ouest et Berlin-Est le 10 novembre 1989, photo ©Str Old/Reuters

La chancelière allemande a célébré sans joie les 28 ans de la réunification ce 3 octobre. Un an après les élections législatives, le paysage politique allemand est durablement chamboulé, et le pays fracturé, cette fois sur la question migratoire.

L'heure des bilans a-t-elle sonné pour la chancelière allemande Angela Merkel ? La célébration des 28 ans de la réunification allemande, ce 3 octobre, avait en tout cas un goût amer pour la dirigeante allemande, née en Allemagne de l'Est, un an après la percée du parti anti-immigration et souverainiste Alternative für Deutschland (AfD) aux élections législatives fédérales. «L'unité allemande n'est pas encore accomplie, et elle reste un défi», a-t-elle concédé ce même jour, citée par Deutsche Welle. «28 ans après, nous voyons que ce que nous appelons l'unité allemande est un processus qui s'apparente à un long chemin», a-t-elle estimé, d'après le journal Frankfurter Allgemeine. Et de préciser que ce processus mettait au défi les citoyens allemands de continuer à se parler et à s'écouter.

Alors que plus de deux décennies de transferts financiers ont contribué à réduire – sans les effacer – les inégalités économiques entre les anciennes Allemagne de l'Ouest et de l'Est, Angela Merkel faisait-elle allusion à la fracture politique qui parcourt désormais le pays ? Le mois de septembre a ainsi été marqué par des violences et des manifestations d'ampleur à Chemnitz, dans la région de la Saxe, en ex-Allemagne de l'Est.

L'ex-ministre allemand des Finances, également ministre de l'Intérieur du chancelier Helmut Kohl au moment de la réunification, a sans doute précisé la pensé d'Angela Merkel. «Dans notre pays, personne n'a à se ranger sous la bannière des populistes de droite et les extrémistes pour faire entendre ses critiques», a-t-il exhorté ce même jour. 

Un an après son entrée retentissante à la chambre des députés, l'AfD a bouleversé la vie politique jusqu'ici policée du pays. Le parti anti-immigration s'est hissé, dans les derniers sondages, au deuxième rang des intentions de vote (18%) derrière le parti centre droit d'Angela Merkel, l'alliance CDU-CSU.

A.K.

Lire aussi : Aufstehen : la gauche allemande va-t-elle réconcilier lutte sociale et rejet de l'immigration ?

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