Macron et Poutine ont évoqué le cas d'Oleg Sentsov au téléphone

Macron et Poutine ont évoqué le cas d'Oleg Sentsov au téléphone© Sergey Pivovarov Source: Reuters
Oleg Sentsov dans l'attente de son verdict le 25 août 2017

Lors d'un appel téléphonique, les présidents français et russe ont abordé la question du cinéaste Oleg Sentsov, condamné à 20 ans de prison en Russie pour terrorisme et trafic d'armes et qui a entamé une grève de la faim il y a trois mois.

Emmanuel Macron, qui s'est entretenu par téléphone le 10 août avec Vladimir Poutine, lui a fait «plusieurs propositions» afin de «trouver de façon urgente une solution humanitaire» pour le cinéaste Oleg Sentsov, auxquelles le président russe «s'est engagé à répondre», ainsi que l'a annoncé l'Élysée dans un communiqué.

Le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, détenu en Russie pour ses activités aux côtés de combattants ukrainiens, est en grève de la faim depuis près de trois mois. Le président français a de nouveau exprimé son «inquiétude» sur son état de santé qui «semble se dégrader dangereusement». Vladimir Poutine s'est également engagé auprès du président français à «diffuser rapidement des éléments sur son état de santé»

Le Kremlin s'est contenté d'annoncer aux agences de presse russes que le sort d'Oleg Sentsov avait été évoqué durant l'entretien.

Le président français a déjà plaidé plusieurs fois en faveur d'Oleg Sentsov auprès de son homologue russe. Il lui en avait parlé en mai lors de leur rencontre à Saint-Pétersbourg, mentionnant le sujet devant lui, puis lui avait adressé un courrier pour «lui faire part de sa vive préoccupation sur l'état de santé du cinéaste et lui demander de réagir rapidement». Il lui en avait reparlé le 15 juillet au Kremlin, avant la finale du Mondial 2018. Le porte-parole du gouvernement français, Benjamin Griveaux, avait estimé le 10 juillet que «les droits élémentaires» de la défense d'Oleg Sentsov n'avaient «manifestement pas été respectés».

Une condamnation pour terrorisme et trafic d'armes

Oleg Sentsov est accusé d'avoir apporté un soutien logistique à des militaires ukrainiens stationnés sur la péninsule durant la crise de Crimée de 2014 qui a abouti au rattachement de ce territoire à la Russie. Il est en outre accusé d'avoir coordonné l’action d’un groupe d’activistes liés au mouvement paramilitaire néonazi ukrainien Secteur Droit (Pravy Sektor), interdit en Russie. La mission de ce groupe consistait à frapper des organisations politiques et des infrastructures en Crimée, dans le but de faire revenir la péninsule dans le giron de l'Ukraine.

Ce groupuscule serait responsable d'avoir mis le feu aux bureaux de la Communauté russe de Crimée, une association, et au bureau local du parti Russie unie, le parti au pouvoir en Russie, à Simféropol, au printemps 2014, ainsi que d'avoir essayé de faire exploser une statue de Lénine, le 9 mai 2014.

Le 25 août 2015, la cour pénale de la ville de Rostov-sur-le-Don, dans le Sud de la Russie, l'a condamné à 20 ans d'emprisonnement en raison de ces faits et l'a reconnu coupable de «terrorisme» et de «trafic d'armes». Cette décision a été à l'époque condamnée par l'ONG Amnesty International et dénoncée par Kiev, l'Union européenne et les Etats-Unis.

Oleg Sentsov est depuis détenu au sein d'une colonie pénitentiaire russe située dans la région de Iamalie, au-delà du cercle polaire arctique russe. En Occcident comme en Russie, des intellectuels proches des milieux du cinéma ont appelé à plusieurs reprises à sa libération.

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