Irak : un nouveau Français condamné à perpétuité pour appartenance à Daesh

- Avec AFP

Irak : un nouveau Français condamné à perpétuité pour appartenance à Daesh © Handout Source: Reuters
Des personnes reconnues coupables de terrorisme avant leur exécution, à Bagdad, en Irak, le 29 juin 2018 (illustration).

Un Français et une Allemande ont été condamnés le 6 août à la réclusion à perpétuité pour appartenance au groupe djihadiste Etat islamique (EI), par la Cour pénale centrale de Bagdad, chargée des affaires de terrorisme.

Lahcen Gueboudj, un Français de 58 ans, et une Allemande dont seul le prénom, Nadia, a été rendu public, ont été condamnés séparément à perpétuité, selon une journaliste de l'AFP présente à l'audience. La peine de perpétuité équivaut à 20 ans de réclusion dans la législation irakienne.

Lahcen Gueboudj, cheveux blancs coupés courts, barbe de quelques jours et uniforme marron des prisonniers, a répondu durant une demi-heure aux questions du juge. Il a d'emblée démenti toutes ses déclarations obtenues lors d'interrogatoires et citées par le juge. «J'ai signé des aveux en arabe sans savoir ce qui était écrit», a affirmé l'homme qui s'exprimait en français, avec un fort accent du sud de la France. «Je n'aurais jamais quitté la France si mon fils aîné Nabil, 25 ans, n'avait pas rejoint la Syrie», a-t-il plaidé. «Je voulais le convaincre de rentrer avec nous en France», a ajouté le français, qui était parti avec sa femme et ses enfants en Turquie puis en Syrie avant d'être arrêté en Irak.

De son côté, Nadia a raconté en allemand émaillé de mots d'arabe avoir rejoint la Turquie avant de passer en Syrie puis en Irak avec sa sœur handicapée, tuée ensuite dans un bombardement, sa mère et sa fille Yamama. Son avocat a plaidé qu'elle était mineure au moment des faits, que son mariage avec un djihadiste relevait du «viol commis par un groupe armé et non d'une décision prise par un adulte en toute conscience». Répudiée par son mari membre de l'Etat (EI) en Syrie, la jeune femme, voile sur la tête et abaya (robe) noire, a affirmé être partie vers l'Irak «pour fuir les gens de l'EI». Sa mère, Lamia K. arrêtée avec Nadia en juillet 2017 à Mossoul dans le nord de l'Irak, avait écopé en janvier 2018 de la peine de mort, sentence ensuite commuée en réclusion à perpétuité.

Le pays de jugement des djihadistes : un dilemme pour les pays occidentaux

Selon des sources judiciaires, plus de 300 personnes (dont une centaine de ressortissants étrangers) ont été condamnées à mort ou à la prison à vie en Irak pour avoir rejoint l'EI. En mai, un Belge, Tarik Jadaoun, avait ainsi été condamné à mort.

La question du pays de jugement des djihadistes constitue un casse-tête pour les Etats occidentaux dont certains djihadistes sont des ressortissants. En janvier dernier, le garde des Sceaux français Nicole Belloubet avait déclaré que Paris tenterait de négocier avec les Etats condamnant à mort les djihadistes français, sans donner plus de précisions. Jusqu'à cette date, néanmoins, le gouvernement français s'était dit favorable à ce que ces personnes soient jugées sur place, à condition de bénéficier d'un procès équitable. 

Début juin, près de six mois après l'annonce par Bagdad de la victoire sur l'EI, la Française Mélina Boughedir, 27 ans, a été condamnée à la perpétuité par la justice irakienne, en plus de sept mois de prison pour séjour illégal en Irak. En avril, une autre Française, Djamila Boutoutaou, 28 ans, avait aussi été condamnée à la prison à vie. Toutes deux avaient plaidé avoir été dupées par leur mari qu'elles avaient suivi en Irak.

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