Des Japonais manifestent en canoë contre la relocalisation d’une base américaine à Okinawa

Des Japonais manifestent en canoë contre la relocalisation d’une base américaine à Okinawa© Jiji Press Source: AFP
Matériaux de construction arrivant dans une barge pour édifier la nouvelle base militaire américaine d'Henoko sur une côte proche d'Okinawa.

Des habitants du village d'Henoko sur l'île d'Okinawa, ont pris la mer en canoë le 25 juin pour manifester contre la relocalisation d’une base militaire américaine dans la préfecture insulaire du sud du Japon.

Ils sont venus défier les navires de patrouille des garde-côtes japonais, au large de leur village côtier d'Henoko, dans l'île d'Okinawa, le 25 juin. Des militants embarqués à bord de 70 canoës et de quelques bateaux ont brandi des pancartes pour protester contre la construction d'une base militaire, la Marine Corps Air Station Futenma. Elle doit remplacer prochainement la base située actuellement sur la municipalité de Ginowan. 

Les bateaux sont entrés dans la zone de travaux où étaient treuillés des blocs de béton. Leurs occupants ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : «Ne construisez pas de base» ou «Ne remblayez pas». Les protestataires ont été arrêtés dans la foulée.

Le transfert de la base Futenma a pour vocation de «soulager» la ville de Ginowan, soumise à d’incessantes nuisances liées au bruit du décollage des avions. 

La population avait déjà voté contre le projet de transfert au cours d'un référendum en 1997, sans que le gouvernement n'en tienne compte. Les nombreux opposants au projet ont trouvé un appui dans leur bataille : le gouverneur d'Okinawa Takeshi Onaga a affirmé qu'il se retirait de l'accord d'extension sur mer signé par son prédécesseur, qui avait validé la relocalisation de la base sur son territoire, annonçant un nouveau bras de fer.

L'édification des digues a commencé en avril 2017, malgré l'hositilité suscitée par ce projet. Les travaux définitifs d'extension en mer sont prévus pour le 17 août. Ils auraient dû commencer en juillet mais la décision de protéger une espèce de corail a décalé les travaux. Parmi les revendications de type environnemental, les manifestants demandent la conservation d'une espèce de mammifère marin, le dugong, protégé par les lois japonaises et américaines.

Mais l'origine de la colère des habitants s'explique surtout par la forte présence de l'armée des Etats-Unis sur leur territoire : la préfecture d'Okinawa accueille environ 75% des installations américaines au Japon, dont 18% sur l'île éponyme. De nombreuses personnalités, telles que les réalisateurs Hayao Miyazaki ou Oliver Stone, ont manifesté contre la relocalisation de la base à Henoko. 22 intellectuels ont en outre publié une tribune en 2015 dans laquelle ils présentaient la relocalisation dans le village comme «une insulte à la population d’Okinawa et [...] une atteinte à la démocratie et aux principes de l’autonomie locale». Des manifestations continuelles, rassemblant parfois des dizaines de milliers de personnes, s'organisent à Okinawa mais aussi à Tokyo, comme on peut le voir dans ce tweet de mai 2018. 

Les Américains convoitent ces positions pour leurs bases afin de maintenir leurs liens avec leurs alliés australiens et asiatiques, intervenir rapidement au Moyen-Orient, tout en espérant tenir la Chine en respect.

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