Ancien espion empoisonné : accuser la Russie est «du grand n'importe quoi», martèle Vladimir Poutine

- Avec AFP

Ancien espion empoisonné : accuser la Russie est «du grand n'importe quoi», martèle Vladimir Poutine© POOL New Source: Reuters
Vladimir Poutine

Vladimir Poutine, tout juste réélu à la tête de la Russie, a fustigé les accusations britanniques d'empoisonnement de l'ancien espion russe Sergueï Skripal sur le sol du Royaume-Uni, à la veille d'une mission d'experts internationaux à Londres.

«Que quelqu'un puisse penser qu'en Russie quelqu'un se permettrait de faire de telles choses [l'empoisonnement de l'ancien agent double russe Sergueï Skripal] juste avant l'élection et la Coupe du monde de football, c'est absurde, du grand n'importe quoi», a déclaré Vladimir Poutine, le 18 mars, devant la presse après sa victoire à la présidentielle. «C'est tout simplement inimaginable», a-t-il renchéri.

Répondant aux questions des journalistes après avoir prononcé quelques mots devant ses partisans, le président russe fraîchement réélu a déclaré, concernant l'affaire Skripal qui envenime les relations russo-britanniques : «La première chose qui me vient à l'esprit, c'est que s'il s'était agi d'un poison militaire, ces gens seraient morts sur le coup. C'est évident». Selon la police britannique, Sergueï Skripal et sa fille ont été victimes d'un empoisonnement au «Novitchok», substance conçue par des scientifiques soviétiques dans les années 1970. Et le maître du Kremlin d'ajouter : «La deuxième chose, c'est que la Russie ne dispose pas de ce type de moyens. Nous avons détruit toutes nos armes chimiques sous la supervision d'observateurs internationaux», a-t-il dit.

Enfin, Vladimir Poutine a assuré que la Russie était prête à «participer aux enquêtes nécessaires» sur ce dossier, à condition que les Britanniques «soient aussi intéressés». «Pour l'instant, nous ne le voyons pas», a-t-il regretté.

C'était la première fois que le président russe s'exprimait sur ce dossier depuis que Londres a mis en cause la Russie dans l'empoisonnement le 4 mars de Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia par un agent innervant à Salisbury, une ville du sud de l'Angleterre.

Une affaire qui attise les tensions entre Moscou et l'Occident

L'affaire a pris une ampleur considérable sur le plan diplomatique ces derniers jours, Moscou démentant fermement les accusations de Londres et chacun prenant des sanctions contre l'autre.

Le Royaume-Uni a décidé de l'expulsion de 23 diplomates russes et du gel des contacts bilatéraux. Ce à quoi la Russie a répondu en expulsant 23 diplomates britanniques et en ordonnant la cessation des activités en Russie du British Council, un organisme faisant la promotion des relations culturelles et de la langue anglaise. Moscou a aussi dit retirer son agrément à l'ouverture et au fonctionnement d'un consulat britannique à Saint-Pétersbourg.

Ce 16 mars, le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson avait de nouveau mis en cause Moscou et était allé jusqu'à juger «probable» que Vladimir Poutine lui-même ait «ordonné» d'empoisonner Sergueï Skripal. Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov avait qualifié ces propos de «choquants» et d'«impardonnables».

Le 19 mars, le chef de la diplomatie britannique a fait savoir que des experts de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques devaient se rendre au Royaume-Uni. Ces spécialistes doivent mener des tests sur la substance utilisée lors de l'empoisonnement de Sergueï Skripal. «Nous leur remettrons des échantillons [de la substance], et ils seront testés dans les laboratoires internationaux les plus réputés», a expliqué Boris Johnson. Les résultats de ces tests devraient être connus au mieux «après deux semaines».

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