«Il ne restera personne sur terre» : une ONG dénonce le déploiement d'armes nucléaires en Europe

«Il ne restera personne sur terre» : une ONG dénonce le déploiement d'armes nucléaires en Europe
Illustration ©Sputnik
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Dans un contexte international tendu, et alors que l'OTAN procède à une remilitarisation du continent européen, le PIR-Center s'inquiète du déploiement par les Etats-Unis d'armes tactiques nucléaires légères en Europe.

L'ONG russe PIR-Center, basée à Moscou, tire la sonnette d'alarme : au déploiement sans précédent de l'OTAN en Europe de l'Est et du Nord, s'ajoute la menace d'une utilisation par les alliés européens des Etats-Unis d'armes tactique nucléaires légères («mini-nukes» en anglais), destinées aux champs de bataille, par opposition aux ogives nucléaires dissuasives classiques.

En entraînant leurs alliés européens à utiliser de telles armes au cours d'un conflit conventionnel, les Etats-Unis font un pas de plus vers la guerre nucléaire, d'après le haut-gradé russe Evguéni Boujinski, président de l'ONG PIR-Center, basée à Moscou. «Personne ne peut dire jusqu'à quel point la menace est sérieuse», estime-t-il, interrogé par RT, ajoutant : «Les militaires s'y préparent.»

«L'armée russe s'y prépare et l'armée américaine fait de même. C'est aux politiques de mettre en garde le public que de tels préparatifs sont en cours», a-t-il martelé, ajoutant que les Etats-Unis jouaient littéralement avec les armes nucléaires en Europe. «Il ne restera personne sur terre», s'est-il encore inquiété, alors que l'OTAN, brandissant une supposée «menace russe», a accéléré ces dernières années la militarisation du continent européen.

Evguéni Boujinski a en outre rappelé que la mécanique implacable, redoutée pendant la guerre froide, de l'utilisation de l'arme atomique par l'une ou l'autre partie d'un conflit, est toujours d'actualité. «[Si la Russie] était l'objet de frappes nucléaires, [elle] procéderait à une réplique», a-t-il souligné poursuivant : «[Si] les forces stratégiques russes et américaines entraient [à leur tour] en action, cela se traduirait par des frappes se chiffrant en centaines de mégatonnes sur les territoires américains et russes.»

Le constat du PIR-Center fait écho aux propos du ministre russe de la Défense, Sergueï Lavrov le 28 février dernier lors de la conférence sur le désarmement de Genève. «La Russie ne dispose par d'armes nucléaires tactique déployées, et ne met pas plus en œuvre des exercices militaires dans le but de les employer», avait-il affirmé, ajoutant : «Dans ce contexte, la présence d'armes tactiques américaines prêtes à l'emploi ne relève pas d'un principe de la guerre froide, mais d'une posture ouvertement agressive».

Fin de l'équilibre de la terreur ?

Les Etats-Unis accusent depuis plusieurs mois la Russie d'avoir développé un nouveau missile nucléaire de portée intermédiaire qui violerait le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF), signé par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev et entré en vigueur en 1988. Si Moscou dément et assure respecter le traité, Washington utilise cette accusation pour justifier le développement de nouvelles armes nucléaires.

Début février, le secrétaire d'Etat américain James Mattis, usant d'une curieuse rhétorique, a ainsi annoncé au Congrès que les Etats-Unis développeraient un nouveau missile de croisière violant le traité INF... dans le but de décourager la Russie de – supposément – violer ce même traité de non-prolifération.

Lire aussi : Trump dévoile la nouvelle stratégie sécuritaire américaine, la Russie et la Chine parmi les menaces

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