Le revirement de Trump sur les Taliban, signe de l'absence de stratégie diplomatique de Washington ?

Le revirement de Trump sur les Taliban, signe de l'absence de stratégie diplomatique de Washington ?© POOL New Source: Reuters
Donald Trump lors de son discours sur l'état de l'Union, le 30 janvier

D'abord ouvert au dialogue avec les Taliban, Donald Trump a retiré cette option de la table dans son discours sur l'état de l'Union. Un revirement qui s'inscrit dans la stratégie de violence suivie par Washington depuis 16 ans, selon Robert Naiman.

Plutôt ouvert au début de son mandat à l'idée de dialoguer avec les Taliban en Afghanistan pour arriver à une sortie de crise par la diplomatie, le président américain Donald Trump a radicalement changé de discours au cours des dernières semaines. 

Après avoir annoncé un renforcement de la présence militaire américaine dans le pays, Donald Trump a déclaré dans son discours sur l'état de l'Union, le 30 janvier, que les Etats-Unis devaient se focaliser sur «ce qu'il fallait faire de plus pour vaincre les Taliban». La récente vague d'attentat dans le pays – dont certains ont été revendiqués par le groupe armé, d'autres par Daesh – aura donc achevé d'entériner ce revirement. Dans son discours, Donald Trump a assuré «ne pas vouloir parler [aux Taliban]» tant qu'ils poursuivraient «les atrocités contre leur peuple», s'inscrivant ainsi dans la continuité de la stratégie suivie par Washington depuis 16 ans.

Une stratégie qui a tout du cercle vicieux, selon Robert Naiman, spécialiste de politique internationale, interrogé par RT France. «Plus il y aura de bombardements, plus il y aura de victimes. L'administration Trump n'a aucune stratégie diplomatique pour mettre fin à cette guerre, ce n'est plus que de la violence», a-t-il estimé. Et d'évoquer un lien possible entre les attentats commis par les Taliban et l'augmentation des bombardements : «Les Etats-Unis ont réussi à reprendre des territoires aux Taliban, les Taliban ripostent en montrant qu'ils ont la capacité de mener des attaques de masse à Kaboul.»

Auteur: RT France

Qui plus est, en focalisant son discours sur les Taliban, le président américain a prêté le flanc aux critiques formulées à son endroit par Moscou, pour qui Washington sous-estimerait l'ampleur de la menace représentée par Daesh sur place. D'après Zamir Kaboulov, en charge du département Moyen-Orient au sein du ministère russe des Affaires étrangères, Washington concentre en effet ses efforts dans la lutte contre les Taliban et néglige ses relations avec les autres nations de la région dans la lutte contre le terrorisme.

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