Une politique migratoire «qui rappelle Vichy» : un humanitaire compte rendre sa légion d’honneur

Une politique migratoire «qui rappelle Vichy» : un humanitaire compte rendre sa légion d’honneur© Capture d'écran vidéo, Arte
Raphaël Pitti

Le médecin humanitaire et adjoint au maire de Metz, Raphaël Pitti, a décidé de rendre les insignes d'officier de la légion d'honneur. Par ce geste, il entend dénoncer ce qu'il considère être un désengagement de l’Etat au sujet des migrants.

Invité dans l’émission Bourdin Direct le 28 décembre sur BFM TV, Raphaël Pitti a réitéré sa volonté de rendre ses insignes d'officier de la légion d’honneur, une décision qu'il avait annoncé début décembre. Le médecin humanitaire et adjoint au maire socialiste de Metz a justifié cette décision par sa colère face à l'incapacité de l’Etat, selon lui, à répondre de manière humanitaire à la crise migratoire.

Sur le plateau de Jean-Jacques Bourdin, Raphaël Pitti, qui avait été décoré par Emmanuel en juillet dernier, n'a pas eu de mots assez durs contre les conditions d’accueil des migrants dans l’Hexagone, les jugeant notamment «indignes des valeurs de la République française».

Ces propos font notamment référence au démantèlement, le 15 novembre dernier, du camp de Blida à Metz (Moselle), où près de 800 migrants étaient entassés. Si tous ont été relogés, temporairement, dans des centres d'accueil pour demandeurs d'asile situés dans une quarantaine de villes, les bénévoles présents sur place ont déclaré à France Bleu que d'autres migrants viendraient réoccuper le site, pensant qu'avec «la trêve hivernale», ils seraient logés.

On est dans des choses qui rappellent une certaine histoire et Vichy en particulier

«A partir du mois de décembre, les circulaires du ministère de l'Intérieur ont été essentiellement répressives à l'encontre [des] populations [de migrants]. [...] Le ministre reçoit les associations et leur demande de dénoncer les personnes en situation illégale dans les centres d'hébergement», a déploré Raphaël Pitti. S’il a convenu que les recensements prévus dans les centres d’hébergements, comme le stipule le futur projet de loi, ne posaient pas de problème majeur, l'adjoint à l'édile de Metz s’est opposé au recours aux associations pour effectuer cette mission. «On est dans des choses qui rappellent une certaine histoire et Vichy en particulier», a-t-il estimé sans ambages.

La nouvelle politique migratoire du gouvernement décriée à gauche

Dévoilée par le Canard Enchainé le 12 décembre, la nouvelle circulaire fixant les règles relatives à l’hébergement d’urgence des étrangers en France n’est pas passée inaperçue. Plusieurs associations humanitaires et personnalités politiques de gauche ont vertement critiqué cette nouvelle mesure, annonçant les prémices d’un durcissement de la politique migratoire qui fera l'objet d'un projet de loi en janvier 2018.

 «Ce que fait Macron, Sarkozy n'a même pas osé le faire !», avait par exemple déclaré l’ancien candidat du parti socialiste (PS) à la présidentielle et fondateur du mouvement Générations, Benoît Hamon. Trois anciens ministres et secrétaire d’Etat (Marie-Arlette Carlotti, Xavier Emmanuelli et Louis Besson) sont également montés au créneau, interpellant directement le président de la République dans une lettre.

A l'inverse, certaines personnalités de droite ont salué la politique migratoire du gouvernement, tandis que le Front national s’est félicité, dans un communiqué publié le 18 décembre, «que le problème majeur de l’immigration soit posé».

Lire aussi : Projet de loi sur l'immigration et l'asile : vers davantage d'expulsions ?

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