«Menace pour le monde» : le Conseil de sécurité de Russie dénonce l'hégémonisme des Etats-Unis

«Menace pour le monde» : le Conseil de sécurité de Russie dénonce l'hégémonisme des Etats-Unis
Soldats et équipements militaires américains en Roumanie, photo ©Reuters

La mise à jour des options de politique étrangère étasunienne, présentée par Donald Trump le 18 décembre, suscite la désapprobation des grandes puissances partisanes d'un monde multipolaire. Washington se refuse toujours à partager son leadership.

La nouvelle stratégie géopolitique des Etats-Unis – dite «nationale» – dévoilée par Donald Trump le 18 décembre 2017 a le mérite de la clarté. Et pour le chef du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie Nikolaï Patrouchev, elle a de quoi inquiéter. «La réalisation des objectifs décrits dans le document, notamment la consolidation des positions internationales des Etats-Unis par le moyen de la puissance, peut présenter une menace pour la sécurité régionale et internationale», a-t-il jugé devant des journalistes à Moscou.

«America first, la fondation du leadership américain dans le monde»

De fait, le document, publié par la Maison-Blanche et paraphé par Donald Trump, ne fait aucun mystère des objectifs de la politique étrangère américaine. Si le président des Etats-Unis le présente comme une «vision stratégique» destinée à protéger le peuple américain, ainsi que l'«American way of life», les grandes lignes concernent plutôt le reste du monde. La Russie et la Chine y sont particulièrement visées, et qualifiées de «puissances révisionnistes [remettant en cause le système international actuel]».

«"America first" est le devoir de notre gouvernement et la fondation du leadership américain dans le monde», déclare ainsi Donald Trump en introduction du texte, appelant en outre à préserver la «paix par la force» .

Cette défense de la pax americana a suscité la réprobation des pays visés, tels la Russie et la Chine. «Nous exhortons les Etats-Unis à ne pas déformer intentionnellement les intentions stratégiques de la Chine et à abandonner les notions obsolètes telles que la mentalité de guerre froide et le jeu à somme nulle [où le gain de l'un constitue obligatoirement une perte pour l'autre]», a ainsi déploré la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a pour sa part regretté le 19 décembre le caractère «impérialiste» du document, dernier en date produit par la Maison-Blanche depuis février 2015, sous l'administration de Barack Obama, président... et prix Nobel de la paix.

Lire aussi : Toujours au nom de l'«agression russe», Washington va encore renforcer ses bases en Europe

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