«Dernière bataille» ? Le chef de Secteur droit appelle ses hommes à ne plus obéir à Kiev

Secteur droit manifeste à proximité de l’administration présidentielle à Kiev© Stringer Source: RIA NOVOSTI
Secteur droit manifeste à proximité de l’administration présidentielle à Kiev

Dmitri Yarosh, le leader du groupe ultra-nationaliste ukrainien «Secteur Droit», a appelé la Garde Nationale, l’armée et les forces de sécurité ukrainiennes à ne plus obéir aux ordres de Kiev alors que la police tente de neutraliser le parti.

«Personne ne peut soulever notre droit à la dernière bataille», a écrit Dmitri Yarosh sur sa page Facebook, qualifiant le gouvernement ukrainien de «traître». «Arrêtons les traîtres qui occupent des postes importants et veulent déstabiliser la situation à l’arrière du front et dissoudre les mouvements volontaires», a-t-il encore écrit, accusant les autorités ukrainiennes d’être des «bandits» qui ne s’intéressent qu’à faire de l’argent.

«Lorsque nous versons notre sang en défendant notre Patrie, elles [les autorités] font fortune et font de leur mieux pour que la guerre dure le plus longtemps possible», s’est encore indigné le leader ultra-nationaliste.

Ces propos passionnés apparaissent au moment où Secteur droit est en difficulté dans la ville ukrainienne de Moukhachevo, située à quelques dizaines de kilomètres seulement des frontières hongroise et slovaque. La Garde nationale et le Service de sécurité ukrainiens y mènent en ce moment une opération armée contre les membres de Secteur droit, qui, il y a une semaine, ont provoqué une fusillade qui a fait plusieurs morts et des dégâts matériels importants.

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Le 17 juillet, Secteur Droit a créé trois propres postes de contrôle dans la région pour essayer d’empêcher les renforts d’atteindre Moukachevo. Deux de ces postes de contrôle se trouvent à la frontière avec la Pologne, tandis que la troisième est à la frontière avec la Biélorussie.

Le 13 juillet, le président ukrainien Petro Porochenko avait donné l’ordre aux forces de sécurité et à l’armée régulière de désarmer de groupes armées illégaux. Un ordre par lequel Secteur ne se sentait absolument pas visé.

«Le déclaration de Petro Porochenko s’adresse aux groupes armés illégaux. Nous ne sommes pas un groupe armé illégal. Les groupes armés illégaux sont des bandits ; et nous somme un corps de volontaires ukrainiens, qui protège l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Alors, cette déclaration ne nous concerne pas», a justifié le porte-parole de Secteur droit, Artem Skoropadski.

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La fusillade déclenchée par Secteur droit le 11 juillet dernier s’apparente, d’après de nombreux observateurs, à une «guerre de territoires» entre Secteur droit et le membre du parlement local, Mikhail Lanyo, qui occupe une place de choix dans le contrôle des activités économiques de la région.

Secteur droit se défend d’avoir provoqué cette fusillade mais accuse la police d’en être à l’origine. Les ultra-nationalistes ont même diffusé une liste plusieurs revendications à satisfaire pour les choses ne dégénèrent pas davantage à Moukachevo : démission du ministre de l’intérieur Arsen Avakov, engager des poursuites judiciaires dans la région des Carpates, assigner Mikhaïl Lanyo et son gang en justice et libérer ceux que les nationalistes appellent «les prisonniers du nouveau régime».

Secteur droit a encore appelé à un nouveau round de manifestations massives sur Maïdan à Kiev afin de se dresser contre le gouvernement actuel. On lui prête enfin un cyber-attaque de Conseil de sécurité et de défense ukrainien.

«Lorsque des truands et des oligarques restent au pouvoir en Ukraine, Maïdan 3.0 est inévitable», annonce un tweet publié par le groupe radical.

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