Theresa May survivra-t-elle au scandale sexuel agitant son Parlement ?

Theresa May survivra-t-elle au scandale sexuel agitant son Parlement ?© Chris J Ratcliffe Source: AFP
Theresa May à Downing street le 25 octobre.

Un document secret interne émanant de collaborateurs des Conservateurs au Parlement britannique dénonce la présence de 34 harceleurs présumés dans leurs rangs. Un nouvel outrage qui pourrait fragiliser la position du Premier ministre britannique.

C’est la dernière bombe en date qui affole le Parlement britannique. «High libido MPs» (Les membres du Parlement à forte libido), un document interne fuité, circulant entre les équipes travaillant aux côtés des Conservateurs, recense tous les membres harceleurs présumés ayant tenu des propos inconvenants ou auteurs de gestes déplacés. Parmi les 36 hommes cités, six sont des membres du Cabinet et de proches alliés politiques de Theresa May, et 21 ont été membres du gouvernement. La position du Premier ministre sera-t-elle ébranlée par ce nouveau scandale? 

Présenté sous la forme d'un tableau présentant des noms et la description des conduites inappropriées, le document «High libido MPs» liste les allégations : l’un se serait fait uriner dessus par trois hommes, l'autre aurait fait des attouchements sur sa collaboratrice, l'aurait incité à avorter. Un autre encore aurait acheté le silence d’une femme pour qu’elle se taise.

© Capture d'écran de "The Sun"
Le fichier "High libido MP's"

Dans un groupe Whatsapp dont l'existence a été révélée le 29 octobre par la presse britannique, des victimes potentielles de ces députés harceleurs s’échangeaient une liste de noms de harceleurs à éviter.

Entre sex-toys et sextos

Parmi les hommes visés, le secrétaire d’Etat au commerce extérieur, Mark Garnier, qui a commenté en public les seins de son assistante Caroline Edmonson et l'a aussi envoyée acheter deux sex-toys, un pour sa femme et un pour une autre collaboratrice. Mark Garnier a réagi, comme on peut le lire dans le Daily Mail du 29 octobre :«Je ne vais pas le nier car je ne vais pas être malhonnête. Je vais devoir affronter tout cela.»

Il récuse pourtant qu'il s'agisse de harcèlement, assurant avoir eu cette idée sous le coup d'une subite euphorie, ce que dément son assistante.

Ce type de conversation sexuelle est inapproprié

L'ancien Secrétaire d'État au Travail et aux Retraites Stephen Crabb est lui aussi une fois de plus sur la sellette. Il avait dû démissionner en juin 2016 à la suite de sextos envoyés à une jeune femme. Il vient d'être accusé de la même inconduite avant cet incident. En 2013, il avait envoyé des messages à caractère érotique à une jeune fille de 19 ans à qui il avait fait passer un entretien. Il l’avait aussi invité à boire un verre. Selon les informations du Daily Mail, Stephen Crabb prétend qu'il ne s'est rien passé entre eux mais reconnait que «ce type de conversation sexuelle est inapproprié» et qu'il est «désolé d’avoir commis cet acte».

Quel impact pour Theresa May ?

Ce fichier explosif a provoqué une vague de panique au sein du parlement où l’on redoute un nouveau scandale après celui qui avait éclaté en 2009 au sujet des dépenses somptuaires des députés et qui avait entraîné la démission ou même l'emprisonnement de certains d'entre eux.

Le porte-parole de Theresa May a déclaré le 27 octobre que les attitudes sexuelles imposées étaient «complètement inacceptables» et que les ministres dont seraient établie la culpabilité devraient affronter de «sérieuses dispositions».

Dans une lettre à John Bercow, président de la Chambre des communes, adressée le 29 octobre, Theresa May écrit que la situation «ne pourrait être tolérée plus longtemps». Elle a déploré que les mesures actuellement en place ne soient pas assez contraignantes pour les députés. Elle propose donc d’établir des procédures auxquelles les membres ne pourront pas se soustraire quel que soit leur parti. Theresa May écrit souhaiter restaurer «la confiance des équipes et du public envers le Parlement».

Mais en décidant d'écarter les Conservateurs incriminés, elle pourrait se retrouver face à un dilemme. Toute éviction de député menacerait en effet son emprise déjà faible sur la Chambre des communes. En effet, à l'issue d'un vote très serré le 29 juin 2017, Theresa May y avait obtenu une courte majorité de 323 voix contre 309 grâce à un jeu d'alliances. La perte de quelques députés menacerait cet équilibre précaire qui avait permis de valider jusqu'ici son programme législatif.

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