Le président allemand rencontre Poutine : «Pour nos peuples, nous avons le devoir d'établir un lien»

Le président allemand rencontre Poutine : «Pour nos peuples, nous avons le devoir d'établir un lien»© Youri Kochetkov Source: AFP
Frank-Walter Steinmeier et Vladimir Poutine au Kremlin le 25 octobre

A Moscou, où Vladimir Poutine recevait son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier, ce dernier a tenu à rappeler son attachement au dialogue germano-russe. En dépit de divergences bien réelles, il s'est montré plutôt optimiste pour l'avenir.

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier, reçu par Vladimir Poutine au Kremlin, a tenu le 25 octobre à mettre en avant sa volonté de promouvoir le dialogue avec la Russie. Il a également souligné la nécessité pour les deux pays de panser les «plaies ouvertes» liées à la crise ukrainienne.

C'était la première visite d'un président allemand en Russie depuis sept ans – un symbole remarqué par la presse allemande. Frank-Walter Steinmeier, s'exprimant lors d'une conférence de presse conjointe avec Vladimir Poutine, a estimé qu'il était «impossible de se satisfaire» de l'état actuel des relations franco-allemandes. Après une rencontre de plusieurs heures avec le président russe, il a livré un bilan réaliste de l'état des dissensions entre les deux Etats : «Nous sommes loin d'avoir des relations convenables, il y a des plaies ouvertes, des questions non résolues, concernant avant tout le rattachement de la Crimée et le conflit dans l'est de l'Ukraine».

Néanmoins, Frank-Walter Steinmeier est loin de s'être montré pessimiste. S'il a reconnu qu'une seule rencontre ne suffirait pas à surmonter les différends actuels, il a néanmoins insisté sur le fait qu'un rapprochement entre Moscou et Berlin était indispensable. «Pour nos peuples, nous nous devons d'établir un lien», a-t-il déclaré au sujet de l'avenir des relations entre la Russie et l'Allemagne. De son côté, Vladimir Poutine s'est dit prêt à «travailler pour développer» la relation avec Berlin, malgré «les difficultés géopolitiques».

Un éloignement dû à la crise ukrainienne

Elu président de la République fédérale d'Allemagne en février 2017 par les membres du Parlement, Frank-Walter Steinmeier avait été jusqu'en janvier chef de la diplomatie allemande, et fortement impliqué notamment dans le processus diplomatique visant à régler la crise ukrainienne.

Le conflit en Ukraine, qui a fait plus de 10 000 morts depuis avril 2014, a provoqué la pire crise entre Russes et Occidentaux depuis la fin de la guerre froide et engendré l'introduction de sanctions économiques réciproques. Malgré cela, Moscou et Berlin demeurent de proches partenaires, particulièrement en matière commerciale : l'échange de marchandises entre les deux pays a augmenté de 43% dans les deux premiers mois de l'année par rapport à la même période l'année précédente.

Prenant acte du décalage entre l'importance de la relation entre les deux pays et la qualité du dialogue germano-russe, dès l'ouverture de la rencontre avec Vladimir Poutine, Frank-Walter Steinmeier avait dit vouloir «contrer l'éloignement des deux pays constaté ces dernières années».

Arrivé à Moscou dans la matinée, Frank-Walter Steinmeier s'est également entretenu avec l'ancien dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev, à qui il a demandé un conseil sur la manière d'améliorer les relations russo-allemandes.

«Il m'a dit: "La seule chose qui aide est de continuer de parler, même des sujets difficiles"», a confié Frank-Walter Steinmeier. Il a ensuite assisté à la cérémonie de la remise de la cathédrale Saint-Pierre-et-Paul à Moscou à l'Eglise évangélique luthérienne de Russie, qui avait été saisie par l'Union Soviétique en 1938.

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