La Pologne rappelle son attachement à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne

La Pologne rappelle son attachement à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne© Kacper Pempel Source: Reuters
Le président polonais a accueilli le président turc à Varsovie.

Lors d'une visite à Varsovie de Recep Tayyip Erdogan, le président polonais a souhaité rappeler que son pays était attaché à l'idée d'une entrée de la Turquie dans l'UE. Une déclaration inattendue, eu égard aux tensions entre Bruxelles et Ankara.

En amont du prochain sommet de l'Union européenne, le président de la République de Pologne recevait le président turc Recep Tayyip Erdogan, le 17 octobre, à Varsovie. L'occasion pour Andrzej Duda de rappeler l'attachement de la Pologne à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne (UE).

Selon l'agence Reuters, lors d'une conférence presse commune, le chef de l'Etat polonais a en effet déclaré : «La Pologne a toujours soutenu l'adhésion de la Turquie de l'UE et elle continue de le faire.»

Ankara et Bruxelles : «Je t'aime», «moi non plus»

La Turquie menace régulièrement d'abandonner le processus d'adhésion, après en avoir formulé la demande en 1987 – demande reconnue par l'UE en 1999. L'essor économique des années 2000, alors qualifié de «miracle turc», avait apporté une crédibilité nouvelle à l'élargissement de l'Union et les discussions officielles avaient été entamées en 2005. Mais l'affadissement de ces bons signaux économiques, les accrocs diplomatiques relatifs à la guerre en Syrie et à la crise migratoire, ainsi que la «purge» menée par Ankara après la tentative ratée de putsch en juillet 2016 (conduisant selon l'UE à des abus en matière de respect des droits de l'Homme), ont fini de détériorer les relations entre Bruxelles et Ankara.

Les nombreuses passes d'armes verbales entre Recep Tayyip Erdogan et la chancelière allemande au cours de l'année 2017 ont abouti à une déclaration d'Angela Merkel, alors en pleine campagne politique. «Il est clair que la Turquie ne doit pas devenir un membre de l'Union européenne», avait estimé la chancelière en septembre.

Pourtant, quelques semaines plus tôt, le 26 juillet, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères Federica Mogherini et le commissaire européen à l'Elargissement Johannes Hahn, recevaient Mevlut Cavusoglu et Omer Celik, respectivement ministres turcs des Affaires étrangères et des Affaires européennes. Les représentants de l'UE redisaient alors combien ils comptaient sur l'adhésion de la Turquie à l'Europe : «Clairement la Turquie est, et reste, un pays candidat [à l'adhésion à l'UE].» La déclaration avait particulièrement détonné dans ce contexte tendu et alors que plus aucune réunion officielle ne s'était tenue en ce sens depuis près de sept ans.

En mars, Recep Tayyip Erdogan semblait évoquer l'organisation d'un référendum son pays sur la question de l'adhésion : «Ils nous font attendre à la porte de l'Union européenne depuis 54 ans, n'est-ce pas ? [...] Nous pourrons aller au-devant de notre peuple et nous obéirons à sa décision», mais il avait ensuite ajouté : «L'Union européenne menace de geler les négociations. A vrai dire, ce n'est pas très important pour nous. Qu'ils nous communiquent leur décision !»

Avec ce nouveau sommet européen et la venue du président turc en Pologne, le jeu de répulsion/séduction ne semble pas terminé...

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