«Ce référendum a été illégal» : Mariano Rajoy reste inflexible face aux indépendantistes catalans

«Ce référendum a été illégal» : Mariano Rajoy reste inflexible face aux indépendantistes catalans
Mariano Rajoy devant le Parlement espagnol le 11 octobre 2017, photo ©JAVIER SORIANO / AFP

Le Premier ministre espagnol, a dénoncé devant le Parlement à Madrid la signature par les dirigeants catalans d'une déclaration d'indépendance unilatérale, dans un contexte flou. Selon lui, le référendum sur l'indépendance catalane est une «farce».

Madrid n'est pas disposé à transiger avec l'Etat de droit et la Constitution espagnole. «Les dirigeants de la Catalogne ont mis à profit leur position pour perpétrer une attaque illégale», a déploré le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy devant le Parlement espagnol réuni en Congrès, dénonçant une atteinte à la Constitution espagnole, laquelle prévoit l'autonomie mais pas l'indépendance de la Catalogne. Pour le Premier ministre espagnol la tenue du référendum sur l'indépendance catalane du 1er octobre 2017 est nulle et non avenue.

«Cette situation a empêché la coexistence paisible des citoyens, il ne faut pas l'autoriser», a-t-il jugé. «Je vous annonce que ce référendum [du 1er octobre en Catalogne] a été illégal», a encore tranché le Premier ministre espagnol.

Mariano Rajoy a en outre rappelé que Madrid avait solennellement demandé au président catalan, Carles Puigdemont, de clarifier sa déclaration d'indépendance, toutefois suspendue, faite la veille, 10 octobre 2017. «Je voudrais que monsieur Puigdemont nous donne sa réponse. Notre démocratie traverse l'une des périodes les plus difficiles de l'histoire contemporaine», a-t-il plaidé. «La farce du 1er octobre, ce n'était pas la démocratie», a-t-il asséné, répétant que l'Etat de droit n'avait pas d'alternative et qualifiant encore le référendum catalan de «tromperie».

Plein soutien de l'Union européenne à Madrid

Tandis que Carles Puigdemont en appelait au «respect» de la décision du Parlement catalan et qualifiait l'indépendance catalane d'«affaire européenne» la veille, ce 10 octobre, la Commission européenne a opposé une fin de non-recevoir, répétant avec force qu'elle attendait un «plein respect» de l'ordre constitutionnel espagnol. «La Commission suit de près la situation en Espagne et réitère son appel antérieur pour un plein respect de l'ordre constitutionnel espagnol», a déclaré le vice-président de l'exécutif européen, Valdis Dombrovskis, au cours d'une conférence de presse à Bruxelles.

«Nous faisons confiance aux institutions espagnoles, [au] Premier ministre Rajoy avec lequel le président [de la Commission européenne] Jean-Claude Juncker est constamment en contact, et à toutes les forces politiques qui œuvrent à une solution» a-t-il ajouté, tout en précisant immédiatement que cette solution devait être trouvée dans le cadre de la Constitution espagnole.

Paraissant isolé sur la scène internationale, en porte-à-faux avec le droit constitutionnel espagnol, le président de la Généralité de Catalogne autonome Carles Puigdemont va devoir jouer serré. Et commencer par répondre clairement à la question de Mariano Rajoy : a-t-il oui ou non déclaré l'indépendance de la Catalogne le 9 octobre ?

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