Référendum en Catalogne : pour Moscou il s'agit d'une affaire interne à l’Espagne

Référendum en Catalogne : pour Moscou il s'agit d'une affaire interne à l’Espagne© Alexeï Vitvitski Source: Sputnik
Les policiers espagnols à Barcelone près d'un bureau de vote, le 1er octobre

Le Kremlin a refusé de donner son avis sur la crise qui oppose Madrid et Barcelone au lendemain du référendum controversé sur l’indépendance de la Catalogne. Le «oui» l'a largement emporté pendant le scrutin interdit et marqué par des violences.

Pour Moscou, le référendum en Catalogne reste une affaire interne à l’Espagne, selon Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin. «En ce qui concerne les événements en Espagne, vous avez raison de noter que la position constante de Moscou est la suivante : c'est une affaire intérieure du Royaume [espagnol]», a-t-il déclaré le 2 octobre aux journalistes qui lui demandaient quelle était la position officielle de la Russie sur la question épineuse de la consultation populaire à Catalogne.

«Nous n’acceptons pas que quelqu'un évalue les méthodes de fonctionnement des forces de l’ordre de la Russie. Nous le disons sans cacher notre point de vue», a expliqué le haut fonctionnaire.

Sans prendre position sur l'indépendance de la Catalogne, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe Maria Zakharova a en revanche dénoncé un deux poids deux mesures, dans une publication sur son compte privé sur Facebook. «Que l'Europe ne vienne pas nous donner des leçons sur la Crimée et les droits de l'homme», a-t-elle écrit. «Après les événements en Espagne et la réaction de Bruxelles, toutes les sanctions contre la Russie vont ressembler à la Parabole des aveugles de [Pieter] Brueghel», a-t-elle ajouté.

Organisé par les autorités régionales malgré son interdiction par le pouvoir central, le référendum sur l’indépendance a été marqué par des violences, le 1er octobre. Au total 893 personnes ont été blessées dans des affrontements entre des électeurs, des manifestants et des policiers nationaux, alors que Madrid a envoyé 10 000 membres des forces de l'ordre en renfort dans la région.

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Selon le gouvernement catalan, plus de 2,26 millions de personnes ont participé au scrutin, et près de 2 millions, 90%, ont voté pour l'indépendance.

Appels au dialogue à l’international

C'est sur ces violences que se sont concentrées les réactions internationales. La Commission européenne, elle, a rejeté la violence comme «instrument en politique» et appelé toutes les parties à «passer de la confrontation au dialogue». Bruxelles n’a pourtant pas manqué de rappeler que le vote en Catalogne restait illégal du point de vue de la constitution espagnole.

Un appel à l’arrêt des violences et au dialogue rejoint par le gouvernement belge, écossais et slovène, ainsi que par les membres du Parlement européen. Certains se sont montrés encore plus déterminés : ainsi, le président vénézuélien Nicolas Maduro a dénoncé une «répression brutale» de la part de Madrid comparant les faits à «l’époque de la dictature» franquiste. Le chef des travaillistes britanniques, Jeremy Corbyn, a quant à lui exigé de Theresa May qu'elle appelle directement le président espagnol Mariano Rajoy pour mettre fin à «la violence de la police contre les citoyens».

«Tout ça est de l'ordre du gouvernement espagnol et c'est sa responsabilité exclusive», a réagi, le 1er octobre sur RTL, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, tout en soulignant souhaiter «évidemment que la paix civile règne en Espagne». Le lendemain, Emmanuel Macron a réaffirmé, dans un entretien au téléphone avec Mariano Rajoy, son «attachement à l’unité constitutionnelle de l’Espagne».

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