33 000 morts en un an : les Etats-Unis minés par la crise des opiacés

33 000 morts en un an : les Etats-Unis minés par la crise des opiacés© Spencer Platt/getty Images North America Source: AFP
Un homme s'injecte de l'héroïne dans un parc du Bronx en juin 2017, à New-York.

En 2015, 33 000 Américains sont morts d’overdose d'analgésiques ou drogues opioïdes. «La crise des opiacés» coûte des milliards de dollars mais la récente déclaration d'urgence nationale par Donald Trump ne semble avoir été qu'un effet d'annonce.

L'Amérique fait face à un fléau dévastateur : sur les 52 404 morts par overdose en 2015, 33 091 décès impliquaient des substances dites opiacés de synthèse en 2015.

Dans un communiqué publié par la Maison Blanche le 15 septembre 2017, Donald Trump évoque un nombre hypothétique de 64 000 morts par overdose en 2016, dont une majorité due à ces drogues de synthèse aux effets similaires à ceux de l'opium. Ces anti-douleurs détournés de leur usage thérapeutique pour leurs effets psychotropes, comme hydrocodone ou fentanyl (responsable de la mort du chanteur Prince), morphine, héroïne et un cortège de nouvelles molécules élaborées par des laboratoires clandestins, font des ravages dans toutes les couches de la société américaine. 

Deux millions d'Américains sont victimes de prescriptions abusives d'analgésiques ou dépendants de drogues de rue. Et 11,8 millions d’Américains de 12 ans et plus se sont vus prescrits des analgésiques à mauvais escient, selon un rapport fédéral.

Donald Trump contre les opioïdes : un combat raté ?  

Dès les débuts de sa campagne présidentielle, Donald Trump avait promis de lutter contre ce qu'il qualifie d'«épidémie». Or, le 8 août 2017, le chef d'Etat a martelé aux journalistes lors d'une session de questions-réponses à son golf de Bedminster (New-Jersey) : «La crise des opioïdes est une urgence et je le dis officiellement maintenant».

Cette dénomination autoriserait le déploiement de fonds supplémentaires dans la bataille anti-drogues mais il semble que la déclaration de Donald Trump n'ait été qu'un effet d'annonce. Le 10 août, en effet, la Maison Blanche a publié un communiqué sur la crise des opiacés... qui ne confirmait pas les propos de Trump.

Pour autant six Etats, l’Alaska, l’Arizona, la Floride, le Maryland, le Massachusetts et la Virginie, ont de leur côté déjà déclaré un état d’urgence à cause de ces drogues. Selon le réseau de professionnels de la santé «Network for Public Health Law», ce statut leur permet de débloquer l’accès au naloxone, une substance pouvant sauver les patients en overdose.

Budgets colossaux et petites villes ruinées par la lutte anti-opiacés

La lutte contre ces substances entaille lourdement les budgets des services sociaux des petites villes. Par exemple, selon l'agence de presse Reuters, dans le comté de Ross County, 2,4 sur les 23 millions de dollars d’aide sociale à l’enfance ont été affectés aux soins prodigués aux parents toxicomanes. Frais d’autopsie, de prison, de thérapies, de justice : les villes doivent puiser dans les caisses. Dans le comté de l’Indiana, les coûts de toxicologie et d'analyse post-mortem sont montés de 89 000 dollars en 2010 à 165 000 en 2016. Et le seul Etat de l'Ohio a dépensé un milliard de dollars pour lutter contre ces stupéfiants cette même année, selon le New York Times.

Un des points clés de la bataille contre les opioïdes concerne les prescriptions abusives d’anti-douleurs qui encouragent dépendance et surdose. Le 8 août, l’Etat du New-Hampshire a lancé un procès contre la compagnie Purdue Pharma, le fabriquant d’oxycontin, l’accusant notamment de minimiser les risques d’addiction au médicament et ses effets.

L’Etat du Missouri avait fait de même deux mois auparavant. Et en mai 2017, l’Ohio avait traduit cinq sociétés en justice pour les mêmes motifs. 

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