Selon le représentant russe à l’ONU «personne ne veut de solution militaire pour la Corée du Nord»

Selon le représentant russe à l’ONU «personne ne veut de solution militaire pour la Corée du Nord»© RT
Vassili Nebenzia, représentant permanent de la Fédération de Russie auprès de l'ONU

Casques bleus en Ukraine, situation en Syrie, règlement de la crise coréenne : Vassili Nebenzia, le représentant permanent de la Russie à l'ONU, a abordé l'actualité internationale dans une interview exclusive à RT.

En pleine crise autour de la Corée du Nord, le représentant permanent de la Fédération de Russie à l’ONU, Vassili Nebenzia, a accordé un entretien exclusif à RT, occasion de rappeler une fois de plus la position de Moscou sur le sujet.

Les sanctions ne marchent malheureusement pas

«Personne ne veut de solution militaire. Tout le monde souhaite que la crise soit réglée de façon pacifique», a notamment affirmé le diplomate russe, en rappelant toutefois que plusieurs pays ont déjà évoqué dans le même temps la possibilité d’introduire de nouvelles sanctions contre Pyongyang. «Mais les sanctions ne marchent malheureusement pas», a-t-il déploré.

«Une nouvelle série de sanctions pourrait ne pas constituer un pas vers la table des négociations mais mener plutôt à de nouveaux essais [de missiles]», selon Nebenzia, qui a rappelé que Moscou insistait toujours sur la proposition russo-chinoise avancée en juillet 2017.

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Moscou, un «épouvantail pour les Etats-Unis»

Quant à la détérioration des relations russo-américaines ces derniers mois avec une rixe diplomatique qui oppose Moscou et Washington, Vassili Nebenzia a jugé qu'il s'agissait d'une situation inacceptable.

Je n'admettrai pas que la paix et la sécurité soient otages de nos relations

«Trop de choses dépendent de nos relations bilatérales, et il est malvenu qu'elles soient à un niveau si bas ces jours-ci. Elles doivent être améliorées, pour le bien du monde, pas seulement de nos deux pays», a estimé le diplomate. «Je n'admettrai pas que la paix et la sécurité soient otages de nos relations», a-t-il martelé.

Assurant n'avoir «aucun problème» dans ses échanges personnels avec son homologue américaine Nikki Haley, Vassili Nebenzia a regretté que le Conseil de sécurité de l'ONU soit devenu «une des dernières plateformes de coopération» entre Moscou et Washington. «Malheureusement, nous sommes devenus un épouvantail très pratique, y compris dans les batailles de politique intérieure [américaine]», a-t-il déploré.

Casques bleus en Ukraine : «Jamais rien de concret de la part de Kiev»

Le conflit dans l’est de l’Ukraine est revenu à l’ordre du jour international après une proposition de Moscou soumise à l’ONU, portant sur la création d'une force spéciale de maintien de la paix pour protéger les observateurs de l’OSCE dans cette zone du conflit. Même si Kiev a déjà avancé une proposition semblable, celle-ci voulait que les casques bleus de l’ONU soient présents sur tout le territoire des régions de Donetsk et de Lougansk. Une nuance qui trahit ses vraies intentions, selon Vassili Nebenzia.

Un stratagème pour ne pas mettre en œuvre les accords de Minsk

«Nous avons entendu parler d’idées, de discours très vagues sur une certaine mission de maintien de la paix de la part de Kiev depuis quelque temps, mais nous considérons cela comme un stratagème pour ne pas mettre en œuvre les accords de Minsk», a déclaré à RT le diplomate. «Nous n’avons rien entendu de définitif ou de déterminant concernant cette mission de maintien de la paix, tandis que notre proposition repose avant tout sur la résolution 2202 de 2015 qui encadre l’ensemble des mesures permettant de mettre en œuvre les accords de Minsk», a-t-il souligné.

«La situation en Syrie change pour le mieux»

Alors que l’armée syrienne réalise de nouvelles avancées dans la lutte contre les terroristes de Daesh, «la vie revient à la normale» dans les zones de désescalade négociées sous l’égide de la Russie, déclare Vassili Nebenzia. «La situation sur le terrain en Syrie est en train de changer, et pour le mieux», a-t-il dit, en se réjouissant que l'aide humanitaire puisse finalement parvenir aux civils habitant dans ces zones.

«Chaque jour, les terroristes contrôlent de moins en moins de territoire en Syrie», a noté en même temps le diplomate russe. «On peut envisager une solution politique à la crise syrienne», s’est-il félicité, en ajoutant que «le discours sur la Syrie a changé de tonalité au Conseil de sécurité de l’ONU et aux Nations Unies en général».

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