Pendant trois ans, il berne la presse mondiale en se faisant passer pour un photographe de guerre

Pendant trois ans, il berne la presse mondiale en se faisant passer pour un photographe de guerre© Capture d'écran Instagram Eduardo Martins
Une capture d'écran du compte Instagram d'Eduardo Martins, avant sa suppression

Un faux photographe de guerre brésilien a réussi à vendre pendant trois ans des images de conflits internationaux à de grands médias à travers le monde, en retouchant les photos de photographes professionnels. L'homme est aujourd'hui introuvable.

Il se faisait appeler Eduardo Martins et a réussi à tromper de manière tout à fait surréaliste les plus grands médias de la planète. Pendant trois ans, il s'est fait passer pour un grand photographe de guerre.

L'affaire, rendue publique par BBC Brazil à travers une enquête détaillée publiée le 1er septembre, a fait grand bruit dans le milieu du journalisme et sur les réseaux sociaux.  

Originaire de Sao Paulo, l'individu se décrivait comme un photographe affilié aux Nations unies. Il prétendait avoir couvert les plus grands conflits internationaux, notamment ceux de Syrie et d'Irak, et avoir été présent lors de la bataille de Mossoul contre l'Etat islamique.

Le Brésilien, très actif sur les réseaux sociaux, était suivi par des milliers de personnes, ainsi que par de grands photographes professionnels, notamment sur son compte Instagram, edu_martinsp, aujourd'hui supprimé.

Capture écran du compte Instagram (aujourd'hui supprimé) du faux photographe de guerre, Eduardo Martins.

Est-ce une des raisons qui lui a permis de piéger subtilement des médias comme Vice, Le Point, le Wall Street journal, Le Monde, Al Jazeerra ou encore de grandes agences comme l'AFP ou Getty Images ? Le faux reporter Eduardo Martins a en effet réussi à vendre ses images à de grands médias à travers le monde pendant trois ans, sans se faire attraper. 

Il modifiait les images de vrais photographes

D'après l'enquête de BBC Brazil, menée par Natasha Ribeiro, une collaboratrice du média au Moyen-Orient, le Brésilien avait recours à une tactique particulière pour prendre (et vendre) ses photos : il utilisait en réalité le travail d'autres photographes en en modifiant l'axe horizontal avant de retoucher via le logiciel Photoshop.

Plusieurs clichés sélectionnés par le Brésilien appartenaient en réalité à un jeune photographe américain, du nom de Daniel C Britt, qui vit en Turquie. 

Certains médias français, dont Le Point, ont été eux aussi victimes de l'arnaque

L'arnaque a fonctionné jusqu'à que le photographe de guerre brésilien Fernando Costa Netto, qui avait noué une amitié en ligne avec le faux journaliste-photographe ne découvre la supercherie et rédige sur le sujet un article intitulé «Eduardo Martins est mort», publié le 31 août sur le site brésilien Waves.

Usurpateur d'identité

Selon BBC Brazil, l'homme qui se faisait appeler Eduardo Martins utilisait sur ses photos de profil Instagram, le visage d'un autre homme : celui de Max Hepworth-Povey, un professeur de surf britannique, collaborateur pour le magazine en ligne Wavelenght Surf Mag. L'usurpateur prenait soin de coller à l'identité du moniteur en se faisant passer lui-même pour un grand sportif, fanatique de surf.

Aujourd'hui, le faux photographe de guerre s'est volatilisé. Réalisant que la supercherie avait été découverte par les médias, il a supprimé son compte Instagram. D'après BBC Brazil, il aurait fui pour l'Australie.

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