Un cadre de l'AfD parle de se «débarrasser en Anatolie» d'une ministre d’origine turque de Merkel

Un cadre de l'AfD parle de se «débarrasser en Anatolie» d'une ministre d’origine turque de Merkel © Hannibal Hanschke Source: Reuters
Alexander Gauland en 2016.
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Le gouvernement Merkel a vivement critiqué la sortie d'un leader du parti anti-immigration AfD, qui a évoqué le retour «en Anatolie» d'une secrétaire d'Etat d'origine turque ayant révoqué l'idée d'une «culture de référence» allemande.

Les propos d'Alexander Gauland, l'un des deux chefs de file du parti de droite populiste anti-immigration Alternative pour l'Allemagne (AfD), à propos d'une secrétaire d'Etat d'origine turque, ne passent pas auprès du gouvernement allemand.

Excédé par les propos de la secrétaire d'Etat à l'intégration d'origine turque Aydan Özoguz, qui avait réfuté l'existence d'une «culture de référence» devant être intégrée par les immigrés vivant en Allemagne, le leader politique avait évoqué son retour «en Anatolie» au cours d'une réunion publique à Eichsfeld, en Thuringe, dans le cadre de la campagne pour les législatives allemandes qui auront lieu le 24 septembre. 

Un cadre de l'AfD parle de se «débarrasser en Anatolie» d'une ministre d’origine turque de Merkel © Axel Schmidt Source: Reuters
Aydan Özoguz, la secrétaire d'Etat allemande à l'intégration

«C'est une Germano-Turque qui dit cela. Vous n'avez qu'à l'inviter à Eichsfeld et lui dire ce que la culture allemande a de particulier [...] ensuite elle ne reviendra plus ici et, Dieu merci, nous allons pouvoir ensuite nous en débarrasser en Anatolie», avait ainsi lancé le leader politique devant les partisans de l'AfD. 

Sigmar Gabriel évoque le souvenir du IIIe Reich 

Les propos du responsable politique, dont le parti pourrait profiter électoralement de la politique d'immigration controversée d'Angela Merkel, a provoqué la colère de l'exécutif allemand. Par le biais d'un de ses porte-paroles, le ministre des Affaires étrangères Sigmar Gabriel, lui-même membre du Parti social-démocrate allemand (SPD) dont Aydan Özoguz est vice-présidente, a condamné ces propos, qui rappellent selon lui «partout dans le monde les pires souvenirs [laissés par l'Allemagne]».

«Il s'agit de dérapages verbaux très graves, qui ne passent pas inaperçus au plan international et sont, pour nous autres démocrates, inacceptables», a ajouté Sigmar Gabriel, cité par un de ses porte-paroles, Rainer Breul.

Le porte-parole d'Angela Merkel, Steffen Seibert, a quant à lui défendu la secrétaire d'Etat en rappelant que cette dernière était née à Hambourg (de parents immigrés turcs) et connaissait donc parfaitement la culture allemande. «De ce fait, ces propos [de l'AfD] se disqualifient d'eux-mêmes», a-t-il ainsi déclaré. 

Fille d'immigrés, Aydan Özoguz, 50 ans, est la première personnalité d'origine turque à avoir intégré un gouvernement allemand. Elle a notamment été une personnalité de premier plan dans le débat pour l'élargissement de la «double nationalité» en 2014. Depuis l'an 2000, les enfants nés de parents étrangers en Allemagne ne pouvaient bénéficier de la double-nationalité que jusqu'à 23 ans. Ils devaient ensuite choisir entre la nationalité de leur pays d'origine ou la nationalité allemande. Il est désormais possible d'avoir la double-nationalité au delà de cet âge à condition d’avoir grandi en Allemagne. Une mesure récente qui fait encore débat en Allemagne en raison de la «politique d’accueil» d’Angela Merkel, de la recrudescence des attaques terroristes et de la relation souvent houleuse entre les autorités allemandes et le président turc Recep Tayyip Erdogan

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