Querelle indo-chinoise dans l’Himalaya : New Delhi répond aux avertissements de Pékin

Querelle indo-chinoise dans l’Himalaya : New Delhi répond aux avertissements de Pékin© Capture d'écran du site : www.dnaindia.com
Subrahmanyam Jaishankar, ministre des Affaires étrangères indien, souhaite régler ce différent territorial avec la Chine par la voie diplomatique

Un haut responsable indien des affaires étrangères a exprimé la volonté de New Delhi de résoudre par la voie diplomatique le différend frontalier avec Pékin, générateur de tensions entre l'Inde, la Chine et le Bhoutan.

Situé sur le flanc ouest du Bhoutan et à l'est de l'Etat indien du Sikkim, le plateau himalayen du Doklam, appelé Donglang en Chine, assure la jonction entre les territoires indien, chinois et bhoutanais. Le statut de cette zone située au croisement des trois pays a mené la Chine, l’Inde et son allié bhoutanais dans une impasse diplomatique qui dure depuis des décennies.

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La zone tant disputée

Histoire de route

Les trois nations sont depuis mi-juin dans une confrontation autour d'un chantier de route entrepris par l'armée chinoise.

La Chine soutient en effet que la construction se déroule sur son territoire, ce que contestent l'Inde et le Bhoutan. Pour ces deux dernières nations, les travaux entrepris par la Chine prennent place sur le territoire du Bhoutan.

Lors d'un briefing à huis-clos avec des parlementaires indiens le 18 juillet, le secrétaire aux affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar a dénoncé le ton menaçant de la Chine dans cette affaire, selon des propos rapportés par la presse indienne.

«Jaishankar nous a dit que l'agression et la rhétorique chinoises dans la récente confrontation étaient inhabituelles», a rapporté à l'agence Press Trust of India une personne ayant assisté à la réunion, ajoutant que New Delhi continuerait à répondre par les canaux diplomatiques.

L'Inde, qui agit comme le parrain du Bhoutan sur la scène internationale, a envoyé mi-juin des soldats en contrebas du col de Doka La former un barrage humain au chantier. Depuis, militaires indiens et chinois s'y font face, à quelques mètres d'écart à peine, selon la presse indienne.

La Chine mène des exercices militaires

Mais pour la Chine, les soldats indiens déployés se trouvent sur son sol et elle demande leur départ. Le 17 juillet, Lu Kang, porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois a, une nouvelle fois, demandé à l’Inde d’ordonner à ses soldats de quitter la zone : «Nous avons déclaré à plusieurs reprises espérer que la partie indienne arrive à une parfaite compréhension de la situation et retire immédiatement ses troupes, qui ont illégalement traversé la frontière.»

Lu Kang s'exprimait ainsi quelques jours après des exercices militaires chinois dans cette proche région du Tibet. Ces manœuvres ont fait intervenir des divisions équipées de lance-roquettes, de mitrailleuses lourdes et de mortiers, selon la chaîne chinoise CCTV. Celle-ci affirme en outre que les exercices incluaient le traçage et le ciblage d’«avions ennemis».

Toute cette dispute tient dans un mouchoir de poche. L'Inde et le Bhoutan considèrent que la trijonction avec la Chine se situe au niveau de l'épaule de Batang La. Or, Pékin la place environ cinq kilomètres plus au sud, au niveau du mont Gymochen. 

Une militarisation du plateau de Doklam par la Chine poserait un problème stratégique à l'Inde. En effet, la hauteur n'est située qu'à quelques dizaines de kilomètres du corridor de Siliguri, une étroite bande de terre surnommée «cou de poulet» qui est la seule jonction territoriale pour New Delhi entre les plaines du nord et ses Etats du nord-est, constituant donc un point vulnérable sur le plan militaire.

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